TROISIÈME SÉANCE DU CONGRÈS
Nomination du Comité Central de l’Alliance Coopérative Internationale
Dès EouverLure de la séance, 9 heures du matin, M. W. Wollï, président de TAlliance, qui occupe le lauteuil de la présidence, fait procéder aux élections pour le renouvellement partiel du Comité Central de l’Alliance.
Au cours de cette opération, se sont produits divers incidents qui ont mis à jour la trame de quelques singulières combinaisons (pour ne pas dire plus) contre lesquelles nous ne saurions trop protester, car elles ont soulevé l’indignation de tous ceux qui ont été mis au courant des procédés mis en œuvre.
Disons tout de suite qu’un délégué d’un groupement socialiste français et membre du Comité Central de l’Alliance, a essayé de faire mettre en échec M. Ladousse, membre sortant, qui représente au Comité Central les Associations coopératives ouvrières de production de France, et cela pour faire élire un deuxième membre du même groupement socialiste.
Si la combinaison, contre laquelle notre ami Buffet a protesté avec la plus grande énergie, avait réussi, nous aurions vu cette chose étrange : un groupement français de üO sociétés de consommation, représenté au Comité Central de l’Alliance par deux de ses administrateurs, alors que la Chambre consultative des associations ouvrières de production, qui groupe 170 associations et représente*une autre
branche très importante de la Coopération française, n’aurait plus eu de représentant dans ce comité.
Mais, voilà, l’affaire n’a pas réussi malgré les efforts des intéressés et l’intervention, plusieurs fois répétée, du Président de la séance, M. Henry W. Wolff.
A ce sujet, je demande la permission au Président de l’Alliance Coopérative Internationale, de lui exposer très respectueusement la mauvaise, la très mauvaise impression que nous a laissée la deuxieme séance du Congrès :
« Chaque fois que, du côté des bourgeois, — comme on nous appelle, probablement parce que nous n’avons pour tout revenu que notre salaire journalier, — un délégué français demandait la parole pour déposer une proposition ou prendre part à la discussion, vous lui répondiez sèchement ; « Ce n’est pas parlementaire. Ce n’est pas ainsi que nous procédons en Angleterre, les usages parlementaires veulent, etc., etc. » et la proposition ne pouvait être déposée et notre collègue ne pouvait parler,
« Permeltez-moi, M. le Président, de vous dire que nous jouissons en France du régime parlementaire et que nous connaissons un peu les usages parlementaires.
I Ce que nous savons surtout, c’est que le Président d’une Chambre doit faire preuve de la plus stricte impartialité, se garder de prendre part à la discussion et éviter d’exprimer une opinion sur des candidats soumis au vote de la Chambre.
a Or, puisque vous aviez jugé utile, dans Vintérêt de vos candidats dans cette élection, de prendre la parole en leur faveur^ vous auriez du nous laisser parler en faveur des nôtres ; c’est ce que vous n’avez pas fait et ce que nous ne pouvons que regretter. »
Je n’insiste pas davantage.
Le vote a eu lieu au milieu d’un bruit épouvantable et d’un désordre que nous n’avions jamais connu jusqu’ici et dont M. Henry W. Wolff, président de l’Alliance, est entièrement responsable.
lia eu lieu dans des conditions telles, qu’en ce qui concerne les candidats français, deux délégués anglais, MM. Mac Innés et Gray, à la loyauté et à la bonne foi, comme à l’énergie desquels je suis heureux de rendre hommage, ont dù demander l’annulation du scrutin. Ces messieurs ont déclaré nettement que la mise aux voix des noms des candidats avait été faite de telle façon que, par inadvertance, ils avaient voté pour le nouveau candidat proposé alors qu’ils voulaient voter pour le membre sortant. Le Président, M. Henry W. Wolff, s’est incliné devant le désir de ses compatriotes et a fait recommencer le vole, ce que nous, Français, demandions depuis un quart d’heure sans pouvoir l’obtenir.
M. de Rocquigny, soumis à la rééleclion, a monlré dans celle cicconslance un espril de décision, une énergie el une dignilé auxquels nous sommes heureux de rendre égalemenl un public hommage. Par son allilude franche el loyale, il a conlribué largement à l’avorlement des projets auxquels se prêtait, avec tant de bonne grâce, le président de l'Alliance.
A la suite de ces élections (I) le Comité Central de l’Alliance se trouve composé comme suit :
' Allemagne Le docteur Alberti, le docteur Grueger, le docteur Haveiistein ;
H. Kauffmann, H. Lorenz.
Autriche Carl Wrabetz, L. Ex.ner.
lielgtque Léon d’Audrimont, A. MictiA, V. Serwy.
Danemarck M.-P. Blem, S. Hogsbro,
Espagne J. Salas Anton.
Etats-Unis N.-O. Nelson, J. Rhodes.
DE Bowe, comte de Rocquigny, Ch. Gide, Ladousse, R. Barré,