AU VATICAN
LTJS j'ai revu la Baailique Vaticane, ■t plus mon enthousiasme et nion amour grandi. II y aurait tout un volume ii ,re sur ce sujet : voyage autour de Saint-
la vaste Piazza, I'obelisq.ue, I'immenae colonade elliptique, la fagade avec son portique monumeotal surmontfi de statues gigantesques, sea onze coupoles, tout cet ejt^rieur harmonieux et imposant exigerait plusieura chapitres.
A I'intMeur, il faudrait d^crire les autels, qui sont au nombre de quaraiite-cinq, les nombreux tableaux en raosaique, et tout ce peuple de statues qui respire «ous les voflt^s colossales.
Les tombeaux foumiraient ie sujet d'une longue ^tude, en conimen9ant par la comtesse Mathilde et la reine Christine de Sufede, en continuant par les Papes, dont les mausol^s ferment un grand po6rae eccl^siastique, et en finissant par !e monument des Stuarts.
Sous le portique, aux extr^mit^s du vestibule il .&udrait oel^brer les deux grands empereurs dont leg' statues ^questres y brillent en pleine lumi^ie,
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Charlemagne et Constantin ; et dans les nefs, nous devrions esquisser tous les grands fondateurs d'ordres religieux, qui s'y trouvent ranges.
Mais je renonce k d^crire et ^ raconter. J'aime mieux admirer en silence. Je me sens d'ailleurs impuissant devant tant de grandeur, et chaque fois que je m'aproche de la Confession o\i reposent les corps des deux ap6tres, c'est pour tomber a genoux et prier.
Paul fut plus grand que Pierre par le genie, par r^loquence, par les travaux, mais Pierre est le chef, il a les clefs, et Paul reconnatt' cette primaute. II est venu dormir aux c6tes de Pierre, comme un frSre cadet dans le tombeau de son ain6, chef de la famille ; et la Chaire qui enseigne et qui enseignera pendant les siScles, ne s'appellera pas la Chaire de saint Paul, mais la Chaire de saint Pierre.
A c5te de la Basilique s'el^ve le somptueux palais du Vatican, le plus grand du monde. Quelles jouissancesj'ai godtees en visitant ses musees d'antiquit^s qui surpassent le Louvre, les Uffizi, et tout ce que Ton voit ailleurs, sa galerie. de tableaux, peu considerable mais uniquement composee de chefs-d'oeuvre, sa Chapelle Sixtine avec ses fresques 6tonnantes, ses Loges, sa biblioth^que et son jardin.
Des relations particuliSres me rendaient ceg visites faciles et fort agr&ibles. Son Excellence le general Kanzler, pro-ministre des armes de Pie IX, rare module de fid^lite, d'honneur et de d^votiment, et sa digne compagne, dont tout le monde admire la no-
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blesse, la distinction et 1 'esprit aim able, avaient le bonheur de vivre sous le m^me toit que le Saint Pfere, et ils m'honoraient de leur amiti6.
Ces rapports amicaux, dont je ne perdrai jamais le souvenir, m'attiraient sou vent au Vatican, et j'y ui pass6 des heures delicieuses.
C'est pour en perp^tuer la m^moire que je veux reproduire, a la fin de ce volume, une pofeie que j'adressai alors k madame Kanzler sur I'ob^lisque gigantesque 61ev6 devant Saint-Pierre :