‹ A travers l'Europe [microforme]Chapitre 45 sur 49 · CR. ME · texte numérisé non relu

CR. ME

Tel est le dénoûment plein de grandeur de ce bean drame, et je félicite l'auteur de n'avoir pas permis le mariage entre le fils de l'assassin et la fllle de la victime; c’est digne d'un grand poète et d'un chrétien. On oublie trop de nos jours cette grande loi morale de la solidarité qui existe entre les enfants et leurs

res.

Le Fille de Roland n'est pas absolument sans tache ; mais il me semble que, tout considéré, c’est l'œuvre dramatique la plus parfaite que la poésie française ait produite dans ce siècle, Ce n’est pas une statue antique, taillée dans un bloc de marbre antique, comme les grandes tragédies de Corneille et de Racine. C'est une statue moderne, taillée dans un de ces blocs de marbre du moyen âge qui ont servi d'assises à l'Europe chrétienne, et drapée dans le plus beau style des grands poètes romantiques, Le fond est essentiellement français et chrétien, et la forme en est brillante, imagée, harmanieuse.

Ce qui en fait surtout la beauté, c'est qu'un souffle patriotique et catholique—ce qui est tout un en France—anime et vivifle ses pages, et les Français, en l'entendant, doivent se sentir plus flers et meilleurs. Tous les principaux personnages sont de grands et nobles caractères dont la fréquentation fait du bien, et Ganelon lui-même, converti et repentant, y devient, sous la main du prêtre, un véritable héros.

On aura beau dire, c'est dans la vérité catholique que se trouve la source de la véritable poésie, qui n'est vraiment grande que lorsqu'elle y va puiser ses inspirations.

Il y a dans la Mignon de Goethe une allégorie touchante qui n’était pas sans doute dans l'intention du poète, mais qui n’en est pas moins saisissante.

Cette suave Mignon, exilée, voyageuse, en compagnie d’êtrés méprisables, sur une terre étrangère, chantant au milieu de ses larmes, cherchant un objet digne de son amour, et se souvenant toujours.du pays où fleurit l’oranger, n'est-ce pas en effet l'âme humaine ?

N'est-ce pas nous qui nous en allons, errant de rivage en rivage, laissant çà et là queiques lambeaux de nos cœurs, cherchant à étancher notre soif de bonheur à mille sources empoisonnées, mais sentant toujours au fond de notre être un vide immense, un vide profond que rien ne peut remplir, et nous souvenant malgré nous de cette patrie céleste d’où notre âme est venue et vers laquelle elle veut remonter ?

Mais ne pouvons-nous pas aussi bien appliquer cette allégorie

ee —

ce bean drame, et ariage entre le fils digne d'un grand jours cette grande les enfants et leurs

ns tache; mais il dramatique la plus dans ce siècle, Ce n bloc de marbre neille et de Racine.

e ces blocs de marjurope chrétienne, Joètes romantiques, ien, et la forme en

1 souffle patriotique anime et vivifle ivent se sentir plus rsonnages sont de tation fait du bien, y devient, sous la

catholique que se qui n’est vraiment ations,

zorie touchante qui ète, mais qui n’en

compagnie d’êtrés nt au milieu de ses nour, et se souven'est-ce pas en effet

rrant de rivage en de nos cœurs, cherlle sources empoinotre être un vide ut remplir, et nous este d’où notre âme r?

quer cette allégorie

de mg à la poésie, sortie de sa sphère, courant après le er à « pére" : ne se ressouvenant qu'à de rares inter a vérité chrétienne, qui fut iel d'Itali :

aller y son ciel d'Italie, et d dy ee = pa qui fut son palais Cypriani, ou son Mur es , 7 cr contemporaine est atteinte de la nostalgie ca +7 a he PARUS comme Mignon, courant sou- ‘ire pour regarder le ciel; comme Mi i flévreusement le coffre ient : te ro qui contient ses souvenirs d’enfs Apt Me de sa mémoire tout ce passé dant Fan vaat sa noble origine que lorsqu'elle tomb |; La 8e à grno dtbn ses pr ières d'enfant, comme Mignon, la Poésie hole retrouvera sa véritable grandeur en se prosternant devant le

Christ, et en élevant wæarde au cl Vérité 1 ant les regards au ciel, ce paÿs où fleurit la

‘4 ; de

Page 1