‹ A travers l'Europe [microforme]Chapitre 44 sur 49 · LA FILLE DE ROLAND · texte numérisé non relu

LA FILLE DE ROLAND

D H quoi donc, me disaisje, en entendant quelques- | unes de ces pièces, est-ce bien, ainsi que se diverti maintenant la fille aînée de l'Eglise ?

Ces réflexions m'afligeaient.

Un soir, cependant, la grande scène de la Comédie Française changea d'aspect, et j'y vis apparaître la France des grands siècles, la France catholiques triomphante et glorieuse !

Au lieu d’un boudoir de coquette et de courtisane, j'avais sous les yeux la Cour très noble d’un très noble empereur, des murs sévères couronnés de créneaux, un palais superbe au large perron d'acier, un donjon où planait le grand aigle d’or, une chapelle gothique décorée avéc art; c'était Aix-la-Chapelle.

Sous le dais royal, un majestueux vieillard, souverain d'un vaste empire conquis par ses armes, arbitre des destinées du monde alors civilisé, entouré de chevaliers et de barons, caressait de la main la garde de sa vaillante épée qui porte dans l'histoire le nom fameux de Joyeuse ; c'était le grand empereur Charlemagne.

. La poésie dramatique avait donc ce soir-là remonté les âges jusqu’à l’époque la plus glorieuse de l’histoire de France ; elle avait remué les cendres des anciens preux qui ont façonné cette illustre nation, et elle s'était arrêtée au héros fameux dont le nom a traversé les siècles, dont la légende a fait un-demi. dieu, et que les poètes allemands, français, espagnols, provençaux, italiens, ont tour à tour chanté.

La France possède dans sa poésie du moyen-âge des richesses artistiques inappréciables, qui pendant des siècles ont dormi

dans l’oubli et qui reparaissent maintenant au jour, comme on voit surgir du sol italien les superbes monuments de Pompéi.

C'est de ce trésor poétique que M. le vicomte Henri de Bornier a tiré son bean drame de La fille de Roland, qui m'a semblé un réveil de la poésie catholique en France, et qui m’a convaincu de l’immortelle vitalité de l’art dans ce beau pays.

Roland a été vraiment un personnage historique; il a été pour la France ce qu’Achille a été pour la Grèce, et la poésie a chanté sa mort comme elle a chanté la colère d'Achille; mais le sujet du drame appartient à la légende plutôt qu'à l’histoire, Permettez-moi d'en faire l'analyse :

Par la trahison de Ganelon, un corps d'armée de Charlemagne, dans lequel combattait Roland, a été surpris dans un étroit vällon des Pyrénées, et écrasé par les Sarrasins d'Espagne, comme le fut la garde impériale à Waterloo. Roncevaux, le funeste vallon, est devenu le tombeau de Roland et des plus illustres chevaliers de France.

A cette nouvelle, la belle Aude, épouse de Roland, est tombée morte, laissant une enfant nommée Berthe.

La mère de Roland était sœur de Charlemagne; elle avait épousé en premières noces Milon, duc de Bretagne, qui fut père de Roland, et en secondes noces Ganelon, le traître! En apprenant la mort de son fils par la trahison de son mari, elle mourut de douleur, laissant un fils de Ganelon encore à la mamelle, Le traître fut mis en jugement et condamné. On le lia à un cheval fougueux qu'on chässa dans les bois, et qui devait l'écarteler, livrer ses membres en pâture aux bêtes fauves. On le crut mort, et son nom devint l'objet de l’éxécration universelle, comme celui de Judas. Quant à son fils, il avait disparu, on ne savait comment. ;

Or Ganelon n'était pas mort. Des moines avaient rencontré dans la forêt le cheval qui devait être son bourreau, et ils avaient emporté Ganelon mourant dans leur monastère. Après l'avoir guéri, ils avaient réussi un jour à le convertir en lui présentant son fils, et vingt ans après, Ganelon, ayant pris le nom de comie Amaury, vivait inconnu dans le château de Montblois avec son fils Gérald, dont il avait fait un modèle d'honneur, de vertu, de vaillance!

C'est ici que le drame commence, et si vous voulez en bien saisir tout l'intérêt, ne perdez pas de vue les relations qui existent entre les principaux personnages—Berthe, fille de Roland,

a jour, comme on ents de Pompéi.

> Henri de Bornier

ui m'a semblé un ui m'a convaincu Days.

istorique ; il a été èce, et la poésie a e d'Achille; mais tôt qu’à l’histoire.

née de Charlemapris dans un étroit rrasins d'Espagne, 0. Roncevaux, le Roland et des plus

Roland, est tombée

emagne ; elle avait

tagne, qui fut père traître! En appre- : mari, elle mourut core à la mamelle, 16. On le lia à un ois, et qui devait

bêtes fauves. On éxécration univer- Is, il avait disparu,

avaient rencontré n bourreau, et ils monastère, Après le convertir en lui elon, ayant pris le lans le château de yait fait un modèle

ous voulez en bien relations qui exis- Le, fille de Roland,

mort à Roncévaux par la trahison de Ganelon— Gérald, fils de ce même Ganelon, qui porte le nom d'Amaury.

Gérald ignore sa véritable origine et le rai nom de son père; 4 Mais Amaury ne l'a p'3 oublié, lui, et ce souvenir est le F, tourment de sa vie, ù

nette Atvers terereses sreuses avesosens ooeee ÎT St des crimos tels, Que, mêne l'arbre mort, ses fruits sont immortels!

Comment ne pas. voir dans son fils le frère de sa victime ? à Et dès lors la vue même de ce qu'il aime le plus au monde lui rappelle constamment sa honte. Ce fils qu'il adore est un remords vivant qui se meut sous ses yeux, qui le regarde, qui lui parle, qui exalte la mémoire de Roland, qui pleure sa mort

funeste, et qu:, sans le savoir, retourne sans cesse le glaive dans le cœur de son père.

Tout son cœur bondit d’ -pourrait un jour lui dire:

effroi, quand il songe que son fils

Stereo nes cesse nn nee sen 000000 050000 05000 00 160.00 cos Ma mère :

Fut celle de Roland; qu'as-tu fait de mon frère?

Gérald, qui aime à Buerroyer contre les ennemis de la France, taille en pièces une troupe de Saxons, fait léur chef prisonnier, et délivre une jeune fille Française qu’ils amenaient captive. Il conduit la belle étrangère-au Château, et vous comprendrez son émotion, et l'émotion bien plus grande encore de son père, lorsque la jeune fille leur apprend qu’elle se nomme Berthe, fille de Roland, élevée à la cour de Charlemagne!

Roland! s’écrie Gérald enthousiasmé,

# Roland fut mon héros, mon idéal suprême ;

‘- a. me semblait—je sens mon orgueil aujourd'hui— ‘ Que quelque chose en moi me rapprochait de lui; Dans mes rèves d'enfant, en lui je croyais vivre : Il me semblait di moins le voir, l'aimer, le suivre, “ Dans sa gloire éclatante et dans ses fiers travaux; “ Et comme lui tomher aux champs de Roncevaux ! ‘“ Ah! vous l'avez bien dit tout à l'heure : sa fille,

“ Nous la saurons défendre, et, dans notre famille,

‘“ Parmi nos gens, mon père, et dans noire maison,

“ Elle ne trouvera jamais de Ganelon 1”

Je vous laisse à juger des blessures profondes que ces paroles du fils rouvrent dans le cœur Ju père ; il se retire pleiu d’an. | « Boisses, et tous les jours ce sont de nouvelles tortures, au sou-

ne ce

venir de l'ancien crime. Un soir, dans uni banquet donné par Amaury, on boit à Charlemagne, et à Xoland, puis toutes les mains se lèvent, celles de Gérald avec les autres, pour maudire Ganelon ! :

Mais la douleur d’Amaury grandit encore quand, au moment de repartir pour Aix-la-Chapelle, Berthe vient avec Gérald lui déclarer leur mutuel amour. Ce noble et pur sentiment de la fille de Roland pour le fils de Ganelon lui paraît horrible à Jui ; mais à eux qui ne savent rien, que leur dire? comment les détourner de cet entraînement funeste ?

Amaury objecte la distance sociale qui les sépare, et la souveraine autorité de Charlemagne ; mais Berthe lui répond.

“ Comte, croyez-vous donc que je n'y songeais pas ? ‘“ Charlemagne luianê,1e, en ua sujet si grave, «“ N'a jamais à moa choix i:nDosé nulle entrave, “« Il me connait! Ni lui, ni me, n'avions trouvé “ L'époux au cœur vaillant tel que je l'ai rèvé ; « Gérald, lui seul, parmi les hommes du même âgo, “ Des héros d’autrafois m'a r'tracé l’image.

“ Mais il faut plus encore, il faut que mon époux, “ Même dans le passé, soit le premier de tous ; ‘ Qu'il ne me suive pas à la Cour : je préfère, . 4 A ce que je ferais pour lui, ce qu’il doit faire ‘“ Parmi tous les seigneurs autour de moi pressés : “ ]1 serait un égal, et ce n’est point assez! “ Pour vous, pour moi, Géraid, voici mon espérances ‘“ Vous savez quels exploits les paladins de France “ Ont accomplis jadis ; par eux le Ciel a fait “ Ce que le monde a vu de plus grand, en effet ! “ Vous le savez encore, on le sait trop: la race “ De ceshéros s'en va ;—Retrouvez-en la trace ! ‘“ Partez comme eux, éherchez comme eux, faites comme eux; “ Poursuivez les méchants, les criminels fameux, “ Les tyrans, comme on traque au bois la bête fauve ; « Soyez le juste armé qui châtie ou qui sauve ; “ Et ne songeant à moi qu’en songeant au devoir, “ Rendez-nous un Roland—avant de me revoir!

‘“ Eh bien, comte, à présent, me blâmez-vous encore ? “ Vous reste-t-il au cœur des craintes que j'igrore ? “ Je vous prends votre fils; mais, pour dernier adieu, & Je le donne à la France, à Charlemagne, à Dieul”” -

Amaury comprend que toute résistance est impossible, et pendant que Berthe retourne au palais d’Aix-la-Chapelle, Gérald se met en campagne pour aller conquérir de nouveaux lauriers et de nouvelles provinces,

anquet donné par nd, puis toutes les res, pour maudire

quand, au moment t avec Gérald lui ur sentiment de la raît horrible à lui ; | comment les dé-

s sépare, et la souhe lui répond.

geais pas ?

grave, ntrave.

trouvé \i rêvé ;

même âgo, ge.

n époux, ) tous ; préfère, it faire Ji pressés Z | )n espérances ; de France a fait en effet !

la race la trace !

ux, faites comme eux; s fameux, la bête fauve ; sauve ;

au devoir, e revoir !

vous encore ?

ue j'igr.ore ?

‘dernier adieu, ne, à Dieu!” %

> est impossible, et -la-Chapelle, Gérald 3 nouveaux lauriers

Un an s'écoule, et des évènements douloureux s’accomplissent à Aix-la-Chapelle, Un chef Sarrazin s’est présenté à la porté du palais, brandissant dans sa main Durandal, l'épée de Roland, prise le jour de Roncevaux, et il a offert de la rendre à qui pourrait la prendre ; mais depuis trente jours trente barons fran- Gais sont tombés sous les Coups de l’infidèle, et Durandal brille toujours à son-bras,

Charlemagne est accablé de douleur, et malgré son grand âge il veut aller combattre le païen lui-même ;

‘“ Quand ils n’ont plus la gloire, il reste aux rois la mort ! ”

s'écrie-t-il, et il veut aller mourir, lorsque tout-à-coup la cloche d'argent résonne, cette cloche qui annonçait le retour de quelque chevalier,

C'est Gérald qui revient victorieux d'Afrique, et qui, pour première faveur, demande à combattre le Sarrazin.

Charlemagne sent renaître l'espoir, et pour aller prendre Durandal, il offre à Gérald Joyeuse, sa grande épée. Le combat est rude, mais Gérald revient vainqueur, et il remet à l'empereur Joyeuse et Durandal. Charlemagne pleure de joie en revoyant l'épée de Roland, et il l’embrasse avec transport; puis, se tournant vers Gérald, et iui montrant Berthe, il lui dit:

“ Gérald, voici le prix que ta valeur réclame : “ La fille de Roland demain sera ta femme! "”

. Mais, hélas! Gérald en venant d’Aix-la-Chapelle, a amené aveo lui son père, qui n’a pu refuser de le suivre. Au reste, vingt ans de larmes et de pénitence ont changé son visage autant que son cœur, et Ganelon est bien convaincu que personne ne saura le reconnaître dans le comte Amaury.

+ Tout tremblant d'émotion, il est entré dans ce palais où chaque pas lui rappelle sa honte ; il a revu ses anciens compagnons d'armes, et aucun ne l’a reconnu—A près le triomphe de Gérald, il est resté seul dans une salle du palais, et il se parle à lui. même de l’unique objet de son amour, de son fils ;

“ Mon flls! mon fils; 6 joie! 6 merveille! ô bonheur! ‘O £ls, qui de son père a recréé l'honneur!

‘ Tasqu'ici je sentais, 1à, mon crime incurable # Qui me rongeait le sein…...Sais guéri, misérable! “ Mon mal vient de mourir! Je ne suis plus ici ‘ Que ton père, Gérald ! O mon Gérald, merci! ‘« C’est de toi que me vient ce souffle de clémence! “ Mon fils, c’est l'avenir; mon fils, c’est le pardon ; ‘ #O mon fils, mon Gérald, sois béni ! ”

* Mais pendant ce monologue, Charlemagne estentré ; en apercevant Amaury de profil et en entendant sa voix, il recule eomme à la vue d’un serpent, et s'écrie: Ganelon!

.…...‘ C'est le malheur des rois de reconnaitre,

# Et trop tard bien souvent, le visage d’un traitre!

« Oui, c’est lui, Ganelon ! l'homme de Roncevaux!

« Il sort donc de l'enfer pour des crimes nouveaux!

# Quoi! cet homme, sauvé par quelque noir prodige,

# Quand nos gloires semblaient refleurir aujourd'hui !

« Quoi! cet homme revient! C'est bien lui ! c'est bien luif «Tant mieux! Puisque autrefois il trompa ma colère, « Le second châtiment sera plus exemplaire.

# Roland méritait bien d’être vengé deux fois !

‘# Oui, dans ce même lieu qu'épouvante ta voix,

« Ganelon, où jadis ma noble sœur, ta femme,

“ Mourut de honte après ta trahison infâme,

# Où la belle Aude apprit la fin de son époux,

“ De Roland, et tomba morte, là, devant nous,

“ Sous ces murs indignés, traitre qui fus mon frère,

# Tu vas périr enfin l F

énonce, épuisé, met fn à ses imprécations, et Ganelon à genoux lui ratonte son histoire et celle de Gérald, son fils—A ce nom, le cœur de Charlemagne bondit :

# Son fils! son fils! Par quel miracle, justes cieux! “ Le fils de Ganelon, étant né d'un tel père, “ A-+il si noble cœur?"

Sire, reprend Ganelon, vous oubliez sa mère!

Les sentiments les plus contraires se heurtent dans le cœur de Charlemagne. Ganelon et Roland! Gérald et Berthe! Il y a dans ces quatre noms un double et sombre problème qui le plonge dans une insondable perplexité !

Ganelon a livré Roland, mais son fils l’a vengé! Gérald a Ganelon pour père ; mais la sœur de Charlemagne est sa mère, Roland est son frère, et il vient de sauver l’honneur de la. France ! que faire ? que décider ?

Charlemagne réfléchit, hésite, et prie le ciel de l’éclairer. Enfin il juge que Gérald épousera Berthe, et que Ganelon s’en ira finir ses jours dans quelque solitude de la Palestine, et dira à son fils qu'il a fait ce vœu pendant qu'il combattait le Sarrazin et pour obtenir son triomphe.

Mais pendant la cérémonie des fiançailles voilà que le pris nier saxo, qui a tout découvert, révèle le vrai nom du comte

xtentré ; en aperix, il recule com- |

naître,

| traitre!

ncevaux !

ouveaux !

ir prodige, ujourd'hui !

|! c'est bien luit pa ma colère, ‘6. -* fois !

voix,

me,

ne,

UZ,

jous,

mon frère,

ns, et Ganelon à rald, son fils—A

es cieux!

ei

ent dans le cœur Let Berthe! Il y > problème qui le

engé! Gérald a agne est sa mère, l'honneur de la.

ciel de l’éclairer.

que Ganelon s’en Palestine, et dira ombattait le Sar-

>ilà que le prisoni nom du comte

Amaury devant toute la cour. L'infortuné Gérald est anéanti sous ce Coup qui le frappe, et croit que Dieu l'a maudit. | Cependant Charlemagne veut ranimer ses espérances : il con. voque les grands de sa cour, et leur demande conseil. Tous s'accordent à vouloir le mariage, et Berthe elle-même ÿ consent,

Mais ici, la scène grandit et le génie du poète sé révèle; car c’est Gérald qui ne veut plus.

‘ Sire, je vous bénis dans mon âme confuse,

“ Mais ce dernier bienfait, sire, je le refuse,

“.. Laissez-moi m'expliquer devant vous.

“ Devant l'empereur, Berthe, ainsi que devant tous:

‘“ Oui, sire, ce bienfait, cette faveur insigne,

“ C'est en les refusant que j'en puis être digne!

“ J'entends là cette voix qui ne saurait mentir :

‘ Je suis le fils du crime, et non du repentir !

‘“ Afin qu'aux yeux de tous la leçon soit plus haute,

‘ Je veux que lé malheur soit plus grand que la-faute!

‘“ Et le père sera d'autant mieux pardonné,

# Que le fils innocent se sera condamné !

‘ Sans cela l’on dirait, en citant mon exemple,

“ Que l’expiation ne fut point assez ample,

“ Et j'aime mieux briser mon cœur en ce moment,

“ Que d’être un jour témoin de votre étonnement !

“ Oui, vous-mêmes, vous tous qui plaignez mes souffrances, “ Vous qui me consolez dans mes horribles transes, + Peut-être cei. élan de vos cœurs généreux,

“ S'arrêterait bientôt à me voir plus heureux !

“ Mon père s'exilait ; nous partirons ensemble;

“ 11 sied que le destin jusqu’au bout nous rassemble. “—Que mon malheur du moins serve à tous de leçon : “ Pour mieux vaincre à jamais l'esprit de trahison,

de “ Songez à vos enfants! songez que d’un tel crime,

“ Votre race serait l'éternelle victime, ‘ Et que tous les remords, tous les pleurs d'ici-bas, “ Toutes les eaux du ciel ne l’effaceraient pas !”

Charlemagne comprend que Gérald à raison, et, prenant la grande épée de Roland, il la lui remet en disant :

‘Je veux que Durandal désormais t’appartienne,

“ Car la main de Roland la mettrait dans la tienne ‘ La noble épée a soif du sang de l'étranger ;

“ Toi, son libérateur, mène-la se venger."

Et pendant que Gérald, portant Durandal levée, passe au milieu des seigneurs de la cour, Charlemagne dit :

“ Barons, princes, inclinez-vous # Devant celui qui part : il est plus grand que nous} "

Page 1