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HISTOIRE D'UNE STATUE

Le fN ne peut passer devant la façade sud de la Ban.

"que d'Irlande sans y remarquer une autre relique historique, la statue de Guillaume IL Elle est digne de mention et quelques incidents de son his. toire feront connaître un des côtés piquants du caractère irlandais.

Fe On sait que le succès définitif de Guillaume d'O, range en Irlande lui fut assuré par la bataille de la Boyne restée fameuse.

Le ler juillet 1701, la corporation de Dublin, exclusivement orangiste et protestante, voulut commémorer cet évènement, et fit élever cette énorme statue de bronze en l'honneur de Guil laume IIL

La cérémonie de l'inauguration se fit avec beaucoup de pompe, et fut suivie d’un grand pique-nique où la santé du roi Guillaume fut bue plusieurs fois de trop.

Il va sans dire que les vrais Irlandais virent cette fête d’un mauvais œil, et trouvèrent de mauvais goût ce monument qui leur rappelait leur spoliation et leur esclavage. Ils s'en vengèrent sur la statue, qui pendant plus d’un siècle fut l'objet de toutes sortes d’avanies, et la cause de beaucoup d'émeutes et de troubles.

Les élèves du Trinity College, en véritables universitaires, en voulurent aussi à la statue parce qu'elle leur tournait le dos. Il y avait de quoi: une statue équestre vue par derrière, c’est peu gracieux !

Les orangistes, de leur côté, tenaient la statue en grande vé. nération, et dans leurs fêtes ils la faisaient décorer et peindre pompeusement,

Pat n’en était que plus vexé, et, le lendemain d'une fête, ou peu après, on trouvait la figure de Guillaume IIT horriblement tatouée, ou couverte d'ordure, ou son épée tordue, ou son bâton de commandement arraché, ou victime de quelque autre indignité,

Les orangistes criaient au sacrilège, et faisaient laver et réparer leur héros. Ils y mirent un gardien ; mais Pat se moquait du gardien et consommait toujours son mauvais coup.

Un jour, la fête des orangistes tombant un dimanche devait être célébrée le lundi. Le sämedi, à minuit, un jeune homme se présente au gardien, et lui dit qu’il est envoyé par le peintre décorateur de la cité afin d'orner la statue pour la fête, et qu’il a choisi cette heure par crainte de violence. Le gardien lui donna libre accès au monument, et quand le jour parut on trouva le Roi Guillaume entièrement couvert d'une couche épaisse de goudron et de saindoux, et ce pauvre Billy, comme l’appelaient les Irlandais, portait suspendu à son cou le baril du décorateur et le reste de la peinture,

IL paraît que le. lavage fut très difficile, et les Irlandais disaient méchamment que toute la rivière Boyne n'y sufhrait pas.

Ces scènes comi.tragiques se continuèrent jusqu’en 1836. L'assaut qu'eut alors à subir le pauvre Billy fut terrible, et il n’y résista pas. On trouva sa tête dans un endroit, et ses membres ailleurs.

Ge fut le dernier attentat à la mémoire du roi Guillaume. Les orangiètes ayant cessé de le fêter, les jacobites cessèrent de l’insulter, et, depuis lors, la statue, convenablement réparée, est tranquillement assise sur son vieux cheval de bronze.

EN JAUNTING CAR.

E n'en finirai plus si je m'attardo à faire l'his ique des édifices et des endroit

Voici d’abord l'Hôtel-de- Ville, qui n’a rien de bien remarquable, mais qui contient quelques jolies statues : celles d'O'Connell, de Grattan, et du Dr. Lucas, qui fut un des Patriotes éminents de l'Irlande.

On sait qu'O'Connell fut le lord maire de Dublin pendant plusieurs années, Le maire actuel ! est M, P. P. MSwiney qui a dernièrement pris une part très active et très honorable dans la célébration du centenaire d'O'Connell. Sa peuple irlandais” et ce style arden irlandais. Elle se

“ Marchez dans votre force,

‘figure d'O'Connell, montre “ peuple ayant foi en lui-mê

‘* par toutes les grandes vill “ le festival de lu race irlandaise, et des millions de bouches ‘: r'épèteront sur toute la surface du globe le nom d'O'Connell * qui est l'honneur et l'amour de l'Irlande.”

1 C'était en 1875. |

s8 L'IRLANDE

On se rappelle encore le tapage qui s'est fait à l’occasion du programme de la fête, et particulièrement du banquet, parce qu'en tête des santés, M. McSwiney proposa celle du Pape.!

En laissant l’Hôtel-de-Ville, nous tournons à gauche et nous allons visiter le château. Au-dessus de l’arcade qui surmonte la porte est placée une statue de la Justice. Pat, qui a beaucoup de malice et autant d'esprit, trouve que le Castle, qui a été le refuge de la tyrannie,est un singulier endroit pour y placer Dame Justice ; mais il remarque, 1° qu’elle n’a pas de balance, et 2 qu’elle tourne le dos à la Nation!

C'est vraiment ici le siège de l'autorité britannique, le chefieu de sa puissance en Irlande, et les [rlandais qui le visitent frémissent encore de colère lorsqu'ils voient ces pointes de fer qui dominent les portes, et que les siècles passés ont vues souvent garnies de têtes irlandaises, à

Sortons vite, et courons à Saint-Patrick's Cathedral. Quoique protestante, elle contient bien des choses dignes de mention ; mais rappelons seulement qu’elle fut autrefois catholique, qu'elle est bâtie sur l'emplacement d’une petite église érigée par saint Patrice en 448, et qu’on y montre encore le puits dont l’eau servait au patron de l'Irlande pour baptiser ses néophytes.

On trouvera peut-être intéressant de savoir aussi que, lors de l'invasion de l'Irlande par Cromwell, on s’eu servit pour loger les chevaux de sa cavalerie;

Christ-Church mériterait aussi une page, mais il est temps de nommer l'église de l'?mmaculée Conception, la cathédrale catholique, C’est une construction massive et d’un bel aspect, qui fait honneur à notre religion. C’est ici que furent déposés, à leur retour de Gènes, les restes mortels du grand O'Connell ; c’est ic qu’on lui fit les plus solennelles funérailles ; c’est d'ici que son corps partit pour aller dormir jusqu’à la fin des temps au cimetière Glassnevin.

J'ai vu le tombeau qui le renferme, je me suis agenouillé sur la dalle de pierre où il repose, j'ai arraché une immortelle à la couronne de cet immortel, et je me sens incapable de rendre compte des impressions qui ont traversé mon cœur en ce mo ment.

Pauvre O'Connell ! Il mourut bien abandonné, bien seul sur

! Lorsque je visitai Dublin, je ne connaissais pas M. McSwiney. Mais quel. ques mois après, j'ai eu l'honneur de faire sa connaissance à Paris, et nous dinâmes ensemble chez M. Louis Veuillot, C’est un homme remarquable

Sal lieute vice-r cilier

All rouge réside:

Tou rappel maisor plus gi à son } de ce ; Dublin son dei

Sur Lord Ly r'eux pe pleine «

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une terre étrangère, Mais dans cette Mansarde de Gènes qui a reçu son dernier soupir, il s’est s

ouvenu de tout ce qu'il avait aimé et défendu en ce monde. + Yon CorRs à l'Irlande, mon cœur à Rome et mon dme au ciel,” ont été ses dernières paroles, et

elles sont bien le digne couronnement de sa vie, Dieu, l'Eglise, la patrie avaient été les trois amours qui l'avaient possédé € posséder après la mort !

Oh ! sans doute, grand patriote, ton âme est an ciel, et elle prie pour cette pauvre Irlande et cette Rome aflligée que tu as:

Sur la tombe d'O'Connell ses concito qui a cent Cinquante pieds de hauteur, et qui domine la ville. C'est la pierre tumulaire qui convient à ce géant,

En traversant le cimetière Glassnevin, un autre tombeau plus modeste attire aussi l'attention du visiteur, à cause de ce grand nom gravé sur le frontispice : Curran. C'est un autre grand orateur, Contemporain d'O'Connell et son ami, qui a bien combattu pour l'émancipation de sa Patrie!

Si j'en avais le temps, je vous montrerais un peu Phœnix Park, ses bosquets, ses charmilles, ses étangs, ses Parterres, son jardin zoologique. — Mais à quoi bon ?

Saluons seulement en passant devant lieutenant actuel de Pirlande lor vice-rois que l'Irlande a le plus esti cilier la sympathie générale, !

Allons aussi jeter un Coup d'œil sur cette maison en briques rouges qui porte le No. 30 de Merrion Green South. C'était la

yens ont élevé une tour

Vice regal Lodge, le lordd Abercorn. C'est un des mé, et qui avait su se con-

tout ce qui vue de cette Maison d'apparence modeste, de ce balcon de pierre d’où

fois la parole à son peuple me plonge dans une mélancolie rêveuse. L'ombre de ce grand catholique me poursuit ; je la vois partout dans Dublin, et il me semble que l'Irlande porte encore visiblement

Sur les quais, au moment où nous embarquons à bord du Lord Lyons, je crois retrouver encore une figure de ce malheureux peuple, dans un petit chanteur en haillons, à la figure pleine d'intelligence et d'expression, portant une espèce de

* Il a été depuis remplacé par le duc de Mariborough.

guitare en bandoulière et chantant d’ vieilles mélodies de son pays.

La harpe d'Erin chante ses

une voix mélancolique les

faïortunes mais elle chante toujours, et, si elle ne Peut pas disputer le pouvoir à sa puissante

dominatrice, elle lui d'spute encore la gloire. Elle produit toujours des poètes, des orateurs et des martyrs. La claymore est vaincue, mais la foi triomphe encore,

“« l'ét “ che Po l'heu crime malh L'o en ce Jet.

protég escar'

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