SUR LA MER D'IRLANDE
À soirée est délicieuse. Le soleil s’est couché resplendissant, et ses derniers reflets colorent-de nuances pourprées les côtes d'Irlande, qui s’éloignent, et qui bientôt ne nous apparaîtront plus que comme une gigantesque frange d'azur.
Verte Erin, Ile des Saints, terre éprouvée, adieu !
Sous la robe printanière et fleurie que Dieu ta donnée, j'ai vu les blessures que les hommes l'ont faites, j'ai
Ton passé et ton «venir se dressent dans mon esprit comme des problèmes insolubles. Ces accents de tes bardes me reviennent à la mémoire :
‘ Généreux enfants, vos armes sont éclatantes. Réveillez. ‘: vous aux cris des alarmes et de Ja gloire ; combattez pour “ vos vertes montagnes et pour les bords fleuris des fleuves de ‘“ votre Ile! Ê
‘Que tardez-vous ? Arrachez aux mains Spoliatrices de ‘“ l'étranger la terre de Vos aïeux. Oubliez-vous donc et ses < champs émaillés de fleurs, etses palais, et ses tours su perbes ? ”
Pourquoi donc ton épreuve est-elle gi longue ? Pourquoi l'heure de ton triomphe n'est-elle Pas encore sonnée ? Quel
crime as-tu donc commis qui mérite une telle persistance du malheur ?
L’oppression, la lutte, la Pauvreté, semblent avoir été ton lot en ce monde.
Jetée comme une nouvelle Cythère au milieu de l'Océan, protégée contre les invasions par des côtes montagneuses et escarpées qui ressemblent à des fortifications naturelles, le pre.
mier marin qui descendit sur tes bords dut se dire : Voilà une terre privilégiée qui vivra libre et paisible. Et cependant la paix et la liberté sont précisément les deux grands biens dont tu ne devais pas jouir.
Luttes séculaires contre les Danois qui voulaient te conquérir, luttes contre les Anglo-Normands qui devinrent tes maîtres, luttes contre tes propres enfants qui tant de fois ont ensanglanté ton sein, luttes contre les armes de ta fière et ambitieuse voisine, luttes contre ses lois tyranniques.et les persécutions de son nouveau Culte religieux, tel est le résumé de ton histoire.
Faut-il donc désespérer de ton avenir, Ô peuple martyr ?
Non certes, ii n’y a que les nations sans foi qui sont vouées à la mort. Tu vivras et tu reprendras ta place au soleil. Si ton esclavage etta misère se prolongent, avoue que la faute n’en est pas tout entière à l'Angleterre. Il faut que tu acceptes une part de responsabilité, que tu reconnaisses tes propres fautes et les fasses oublier.
IL est dur de souffrir, je le sais, et le joug que tu portes est parfois bien lourd. Porte-le cependant avec résignation, et de. mande protection à la loi, plutôt qu’à la rébellion. Eteins dans ton cœur la haine et la vengeance, et ta voix n’en sera que mieux entendue quand tu parleras le seul langage de la justice et de l'humanité.
T’émancipation et le désétablissement de l’église anglicane sont les premières étapes de ton affranchissement. Il a fallu bien des années pour les obtenir, et l'Angleterre a mis encore tant de restrictions, que ces deux mesures ne constituent qu’un progrès peu satisfaisant, Mais avec de la persévérance tu obtiendras d’autres réformes.
Quelles seront-elles? Seta-ce le rappel de l’Union? Je ne crois pas la chose possible. Mais l'Union peut être avantageusement modifiée, de manière à lui donner le caractère fédératif qui existe dans l’organisation politique du Canada. Un parlement irlandais pourrait ainsi être rétabli, et jouir d’une liberté législative plus ou moins étendue daus certaines matières qui seraient déterminées par le pacte fédéral.
Là peut-être est ton salut, courageuse Irlande. Qui sait si un
jour tu n’en viendras pas à unir dans ton cœur cette foi catho-.
lique qui constitue ta force, et ces institutions anglaises qui, équitablement appliquées, feraient ta prospérité!
blanc qui f Scots Ail, blabl acces:
Bie rivag plus ] Tar jolis \ lées a un va cultur feuill:
steam:
de la] C'es Greenc à prop ment