‹ A travers l'œuvre de M. Ch. MaurrasChapitre 100 sur 155 · L'Action française^ \" mai 1900*, pp, 749 sq. · texte numérisé non relu

L'Action française^ \" mai 1900*, pp, 749 sq.

288 A TRAVERS l'œUVRE DE M. CH. MAURRAS

les oisifs ou à distraire comme jeux d'esprit un petit nombre de lettrés ». La nécessité de vivre s'imposant néanmoins à lui, le subjectiviste pur s'avise alors de regarder autour de lui. « Tout se passe comme s'il y avait un monde extérieur. 11 cesse de se demander s'il lui est permis de connaître ce monde extérieur. Sachant qu'il ne peut absolument rien connaître, il estime arbitraire de n'affirmer cette impossibilité qu'en ce qui concerne le monde extérieur... Il se tient donc désormais à un point de vue strictement phénoméniste. Il cesse de considérer les idées pour étudier les lois et il étudie ces lois non plus du point de vue de la conscience qui n'a pu le conduire qu'au nihilisme radical, mais du même point de vue d'où on étudie toutes les lois du phénomène, c'est-à-dire du point de vue de toute observation scientifique. »

Pour M. Maurras, il n'en a pas été tout à fait ainsi, et si M. Moreau le rejoint dans ses conclusions, il est le premier à reconnaître que « cette explication purement logique ne peut s'appliquer historiquement à M. Maurras^ ». Alors que la philosophie allemande, succédané de Kant, présidait à la formation intellectuelle de M. Moreau*^, M. Maurras recevait une formation toute réaliste, voire scolastique, qui devait le préserver de bien des égarements. Sans doute, il en allait rejeter ce qui en constitue la clé de voûte, et qu'il soit arrivé à se créer une morale politique en se plaçant à un point de vue phénoméniste étranger à toutepréoccupation

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