L'Action française, ibid., p
2. Ce dernier nous le rappelait lui-ménae dans l'Action française, 1*' novembre 1907, p. ÏOO, note
l'agnosticisme de m. maurras 289
métaphysique, rien n'est mieux établi. Mais il n'est pas moins certain que le phénoménisme qui est le sien n'est nullement un phénoménisme subjectif. Toute l'œuvre de M. Maurras proteste contre une telle interprétation et, pas plus en 1895 qu'en 1913, on ne pourrait, d'autre part, rattacher sa pensée à la Critique de la raison pure sans tomber dans d'étranges méprises. Le phénomène, d'après lui, doit être entendu au sens scientifique; c'est donc « un fait à expliquer, un individu réellement connu à ramener à une loi ou à une cause inconnue ^ » ; la nature n'est pas un mot qui ne désigne rien d'objectif, encore moins le symbole d'une synthèse idéaliste. Le phénoménisme de M. Maurras est un phénoménisme ou, si l'on veut, un relativisme réaliste ^.
Lui-même nous le dit clairement. La raison, cette faculté royale de l'homme, dont il s'est constitué le champion, dont il tente d'assurer à nouveau le triomphe '^j peut connaître et atteindre le vrai : « J'ai toujours tenu la raison pour un instrument utile, dont la structure nous définit la portée. Elle ne voit certes pas tout, mais ce n'est pas la peine de s'arracher les yeux parce que la philosophie de l'optique reproche à ces organes quelque vice de construc-
1. J'emprunte cette définition à M. Chossat, Dictionnaire apologétique, col, 26. — Que M. Maurras {l'At^enir de V intelligence, p. 116) interprète le mot phénomène dans le sens d'apparence, cela n'infirme évidemment en rien l'explic^ation que nous venons de donner.