V Avenir...^ p
l'agnosticisme de m. maurras 299
française, — le donneraient à croire au premier abord.
La difficulté augmente pour le critique, lorsqu'il étudie le caractère spontané, instinctif, aveugle de cette impulsion qui transmet le mouvement à la vie entière du nationaliste et lorsqu'il veut préciser le rôle exact que, dans le système, l'intelligence exercerait à son endroit. M. Maurras met à l'origine une tendance absolument irraisonnée, sinon irrationnelle, qui se constate, sans pouvoir se légitimer, au service de laquelle travaillera la raison devenue son esclave. Dès lors à quoi se réduira l'influence de celle-ci sur l'activité? Ici donnons la parole, non pas à M. Maurras, qui ne nous renseigne guère sur ce point spécial de métaphysique, mais à quelques-uns de ses collaborateurs. Ce sera d'abord M. de Montesquiou, résumant ainsi la doctrine comtiste : « Tout en proclamant... la suprématie du sentiment dans l'ensemble de la vie humaine, le positivisme n'est pas sans reconnaître à Tintelli- I gence la juste part qui lui revient. Car, si le posi- ; tivisme affirme que c'est au cœur à poser les quesitions, il affirme en même temps que ces questions [posées parle cœur, c'est toujours à l'esprit qu'il ; appartient de les résoudre. Tout penchant, en effet, i est essentiellement aveugle et a donc besoin du secours de l'intelligence pour connaître les vrais moyens de se satisfaire^. »
Ecoutons maintenant M. Moreau, interprète très autorisé de l'Action française, nous décrivant la nature et les fonctions de la raison : la raison c'est