V. g. dans Anthinea (l" édition), pp
2, Sans parler de l'existence de l'absolu à laquelle peut le coniuiie la simple déduction rationnelle, pourquoi ce fidèle des méthodes positives ne leur soumet-il pas les faits qui se donnent comme surnaturels, les miracles par exemple? Pourquoi cette inconséquence et ce parti pris qui contredit la méthode même ? Quand on se préoccupe de fonder un ordre social, on ne néglige pas les faits qui peuvent le plus assurer sa durée. (Cf. Brunetière, Cinq lettres sur Renan, pp. 30-33.)
mais dont la vue nous est aussi salutaire que formidable^. »
Et l'aveu, devenu classique, de M. Le Dantec ne confirme que trop clairement les conclusions auxquelles nous nous sommes arrêtés, pour que nous omettions de le citer à notre tour. Cet incrédule avéré reconnaît sans ambages que son athéisme se heurte aux nécessités delà vie sociale comme aux exigences de la vie privée. L'athée est condamné au suicide moral et physique, une société composée d'individus qui repousseraient toute croyance ne serait pas viable. « Si les principes n'émanent pas d'un Dieu infaillible, s'ils proviennent seulement de contingences sociales passées, il n'y a aucune raison pour qu'ils vaillent mieux que les nécessités tirées des contingences sociales actuelles. Pour un athée vraiment logique, il n'y a que des lois humaines... L'athée a une conscience morale qui ne lui sert que contre lui-même, parce qu'il est entouré de gens qui se croient libres et responsables, qui, par conséquent, se reconnaissent des droits... Chez l'athée qui, par raison, n'admet plus aucun principe, la survivance sentimentale de la conscience
1. E. Bouiroux, Science et Religion dans la philosophie contemporaine, p. 79.
2. Athée positif comme M. Le Dantec, ou négatif, comme M. Maurras, la distinction importe peu dans la question présente. Que l'on se refuse à répondre aux questions qui commandent toute la vie morale et sociale ou que l'on y réponde par une profession d'incrédulité absolue, les conséquences, au point de vue qui nous intéresse ici, sont pareilles. Ces questions ne peuvent pas en effet rester sans réponse : quiconque se déclare impuissant à les résoudre repousse pratiquement la seule solution qui vaille, et se trouve en fait dans une situation identique à celui qui nie ouvertement l'existence de Dieu.
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morale prend donc le caractère d'une sensiblerie maladive qui peut le rendre pitoyable aux êtres méchants et aux animaux nuisibles... L'athée proprement dit, l'athée raisonneur qui va jusqu'au bout des conséquences de son athéisme, est un être désarmé dans la lutte universelle. »
Et après avoir spécifié qu'il parle d'un athée philosophe, et non d'un athée dépourvu de conscience morale, il conclut : « Je maintiens qu'une société d'athées logiques est impossible, parce que la notion de responsabilité absolue est une erreur sociale nécessaire. En revanche, une société d'athées doués de conscience morale me paraît absolument possible, 6r'//5/ie /'â^/^on/ie/i^ /?<7s, et s'ils acceptent sans discussion les données de leur conscience \ »
Pareil aveu suffît à condamner M. Le Dantec, et avec lui tous ceux qui écartent de la société Vhypothèse-Dieu. Les suites de cette expulsion sacrilège constituent, à elles seules, un argument capable de les éclairer et s'ils se refusent à admettre que ces vérités transcendantes se « démontrent », ils devraient au moins confesser qu'« elles s'établissent et se prouvent, en dépit des pharisiens de la science, par la nature de leurs conséquences