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Trois idées politiques, pp

3. G'estle titre même d'un article de M. Dimiersur l'encycHcjue Pascendi {J' Action française ^ \*^ octobre 1907).

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protestant; la raison, tout comme la conscience individuelle, laissée à elle-même, se suicide en s'abandonnant aux rêveries les plus fantastiques qu'elle prend pour l'expression de la réalité ^.

De là encore cette défense du Syllabus ^ qui a conquis à M. Maurras, parmi les catholiques, tant de sympathies. Paradoxe, bravade nouvelle ? Pour beaucoup, ce dernier geste n'a pas été autre chose. En réalité, il cadrait à merveille avec ces tendances antilibérales dont M. Maurras n'a jamais fait mystère. Etant ce qu'on sait, il ne pouvait que souscrire à toute condamnation du libéralisme. Or le Syllabus demeure, à ses yeux, le modèle achevé de l'architecture logique. Ses principes sur les rapports de l'Eglise et de l'Etat sont l'expression la plus heureuse du vrai. Ils justifient l'Inquisition ? soit ! Mais « la déclaration des droits » justifie, elle, et le libre examen, et les guerres de religion et la Terreur] Syllabus ou Déclaration ? M. Maurras va auSyllabus. Dans son commentaire, d'ailleurs, il se défend de naturaliser, encore moins de laïciser ce fameux document, k le plus ultramontain, et par là le moins suspect de concessions aux turlutaines gallicanes qui n'ont rien de commun avec le culte du passé de notre nation » ; il en fait saillir la politique, laquelle assure en définitive le plus d'ordre, de paix, de progrès, de bonheur aux hommes^.

1. Le Dilemme, pp. xvii-xviii. Cf. Trois idées politiques^^^. 58-60.

2. V Action française, 15 mai 1906, pp. 254-287 (cf. la Politique religieuse, pp. 132-171).

3. Ce témoignagre rendu au magistère de Rome est à recueillir. N'est-il pas un aveu assez inattendu qu'entre la foi et 1j> raison, au moins sur toutes les questions abordées par le Syllabus, il n'y a pas d'opposition irréductible ?

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Dans sa cité idéale, quelle place occupera la religion catholique ainsi comprise par M. Maurras ? Remarquons d'abord que, s'il lui reconnaît une efficacité universelle pour la discipline des hommes et des Etats, cette efficacité lui apparaît toute particulière pour la France. Notre société française est imprégnée de christianisme, notre mentalité est dans son fond catholique romaine ; en dépit de sa légèreté et de ses tendances prudentes à l'égard de toute religion, elleest assoiffée d'idéal, d'absolu, de divin, et là où elle ne s'appuie pas à une synthèse embrassant la vie loutentière, pénétrant jusqu'au plus intime des devoirs individuels et des relations sociales, elle s'épuise en vaines révoltes et en chimériques élucubrations. Emancipé d'une règle supraterrestre hétéronome, le Français tombe dans la fantaisie, l'outrance et la folie. Le fait est notoire et le sociologue positiviste qui le négligerait renierait sa propre méthode. M. Maurras admet donc que la prospérité du catholicisme est une condition essentielle au développement de la société française; et ne cesse de rappeler que la religion catholique a poussé dans notre tradition des racines vivaces, qu'elle a informé notre sensibilité^, notre raison au point que le génie français lui est redevable de son tour propre, de sa supériorité. En perdant cet élément de vie, le Français renoncerait à ses traits

1. « De sensibilité, de mœurs, de culte, et par la même, à bien des titres, de relig-ion, nous sommes des organisations catholiques... J'ai retrouvé chez tout véritable Français ce catholicisme instinctif, et l'on serait bien étonné si j'inscrivais le nom de l'évolutionniste éminent qui fait sa lecture ordinaire de l'OflBce des morts d {V Action française, 15 décembre 1900; cf. la Politique religieuse, p. 19),

distinctifs . « Sur terre, qu'il s'agisse du spirituel ou du temporel, de l'ordre moral ou de l'ordre matériel, les vues, les intérêts, les suggestions et décisions du catholicisme concordent avec les intérêts essentiels de la Patrie française et du monde civilisé. Je parle de ces intérêts entendus aussi exactement que possible. Je parle du catholicisme entendu et interprété dans sa stricte rigueur. En politique ou en sociologie, toute séparation d'avec le catholicisme, bien loin d'exprimer un progrès, dénote un recula » C'estpourluiet toute son école un faitprimordial que cet accord foncier entre les indications fourniespar le catholicisme authentique etles méthodes positivistes ^ ; qu'il s'agisse de divagations mystiques à écarter, de traditions à faire revivre, de nouveautés et de progrès à réaliser sur le terrain politique et social, non seulement il n'y a pas d'opposition, mais il y a entente générale avec les exigences du dogme. Et c'est pourquoi M. Maurras revendique pour l'Eglise en France une situation privilégiée, à l'exclusion des autres cultes, tout en lui laissant d'ailleurs la liberté de l'accepter ou non^. Il admet qu'elle

1. L'Action française, 15 mai 1906: Sur le texte du Syllabus, pp. 254-255.

2. « On peut nommer cela le droit, ou le bien, ou l'utile. De quelques mots qu'on use, il faut constater la coïncidence des choses. Les plus hautes valeurs politiques et lociales assignées et fixées par la critique et la science positives sont identiques à celles que désigne l'enseignement de l'Eglise. Les vérités politiques et sociales que notre analyse a élevées au rang d'évidences pures se retrouvent ainsi les unes indiquées, les autres explicites dans la synthèse catholique» (/6t£f.,p. 255). Cf. la querelle du Coniiisme dans l'Action française (quotidienne), du l**" juin 1912, etc.

3. « Les catholiques sont trop modestes quand ils demandent l'égalité politique : ils ont droit à un traitement de faveur, étant en France les plus nombreux, les plus anciens, les plus intéressés

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doit vivre libre dans l'Etat, sans être rétribuée par lui et en se développant avec son budget propre \ fidèle en cela une fois de plus à Aug. Comte, mais proteste contre une séparation inique faite au mépris des droits les plus certains et les plus sacrés. Partout enfin, on le voit sur le terrain pratique d'accord avec les catholiques.

L'Eglise lui apparaît donc, du point de vue relatif où il s'est placé, à la fois comme la garantie de la civilisation et la gardienne de la nationalité. Elle lui vaut d'être citoyen français et membre du genre humain ^ : c'en est assez pour qu'il s'en proclame le champion inlassable. Elle est pour lui un de ces temples dans la manière antique aux lignes nettes, aux portiques imposants, sur qui l'esprit se fixe avec assurance et dont le dessin régulier ne laisse jamais d'incertitude. Ses assises et ses substruc-

au développement intérieur et extérieur du pays. L'Eglise catholique a, par droit historique et par droit national, un privilège manifeste sur les autres confession». Aucune marque d'honneur et de dignité ne saurait lui être enlevée... » [Enquête ^ p. 41). Dans le Correspondant, 10 juin 1908, p. 979, et 25 juillet 1908, p. 415, le privilège de l'Eglise est réclamé pour elle comme un droit absolu. Et ailleurs, il écrit encore: « Comment régler la question religieuse dans l'Etat? A mon avis, les sociétés de type supérieur excluent de leur enceinte toutes les formes de la divergence religieuse. La cité antique l'excluait et à bon droit. A très bon droit encore l'Empire romain. A très bon droit enfin, la chrétienté du Moyen Age, qui se défendait du schisme et de l'hérésie, et qui même débarrassait sa frontière de l'infidèle et du païen, cette seule vue ofi'usquantsa foi, principe de force et de vie » (l'Action française, 15 décembre 1900, p. 1022). Nous ne saurions admettre sans distinction ce qu'exprime ce texte sur l'Empire romain ; mais il convenait de rappeler ici quels piùvilèges M. Maurras reconnaît à l'Eglise.

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