‹ A travers l'œuvre de M. Ch. MaurrasChapitre 6 sur 155 · PREFACE XI · texte numérisé non relu

PREFACE XI

négliger pour une raison aussi mesquine et dont la principale excuse est que^ le plus souvent^ elle s'ignore, les affirmations d'un adversaire loyal et d^ élargir V abîme qui le sépare de Dieu?

Parce que M. Maurras et ses amis de V Action française ne vaticinent pas sur Vavenir de la d.émocratie conformément à certains augures bien connus de Paris ou de province, V auteur du présent ouvrage n^a pas cru qu^il fallait renoncer à les rapprocher du Christ, ni refuser d'avouer les points de contact que présente leur doctrine avec celle de V Eglise.

Mais il n a pas écrit pour ces seuls incroyants. Beaucoup de catholiques songent à travailler ou travaillent déjà en leur compagnie a la restauration de Vordre social, qui demandent à

réformistes ou libéraux, ont l'audience de leur temps, tout en gardant pour le passé la sympathie et le respect », c'est ce que l'on cherche vainement à comprendre. En fait de i( démocrates réformistes et libéraux » qui ne soient pas catholiques, — et c'est évidemment de ceux-là seuls qu'il parle, — nous n'en connaissons que de violemment hostiles à tout ce qui est chrétien et traditionnel, ou de parfaitement indifférents aux questions religieuses lorsque leurs intérêts n'y sont pas engagés. Avec les principes essentiellement individualistes qui leur font considérer le moi humain comme la fin dernière du monde, cette attitude est d'ailleurs logique et là où le dogme catholique ne vient pas neutraliser ces erreurs fondamentales, on se demande avec curiosité, ou plutôt avec une angoisse profonde, ce que l'Eglise pourrait retirer d'une entente avec des ennemis mortels qui n'ont d'autre désir que de la tuer, ou avec des indifférents, résolus, non à la servir, mais à ne la respecter que dans la mesure oii ils pourront mieux l'exploiter à leur profit... Mais nous reviendrons sur cette illusion funestf et par malheur trop répandue. Qu'il nous suffise d'avoir souligné l'étrange partialité dont M. Imbart de la Tour a fait ici preuve.

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