I II
:i beau livre û mt,
je me contente de l'admirer.
a mesure que noua nou lagnea se multiplient à l'horizon : par
rochers <lw premier plan, elles nt l'un
l'autre, B'appuyant sur qui les
ni comme d< rit ;•
un balcon.
« tte foule de somrj inentas
nu;'- . blancs, bleus, viols i la une
mme de couleurs
Les masses inférieui al d'un v< . une
surtout, l'Estére] à ce que nous 'lit le commandant; une autre es! au contraire d'un brun; c'est la
montagne des Maures.
Fréjus, l'ancien Forun quelque j
assis au pied de ces deux . notr roue
s'obstine même à nous le montrer; nous qui n la vue perçante des marins, nous noi tl'u-
nanimité à ne point L'apercevoir.
Ce que nous voyons bien aucontrair lar-
ges bandes dérouleurs différentes qui frangent le manteau de la nier: la première, la plus près d'un jaune verdâtre très-prononcé : la seconde, d'un ; vert : quant au manteau lui-même, il est d'un I indigo four p chaque petit a le d'une
passementerie d'argent.
Chacune de ces teintes correspond à une proi différente. Les savants qui expliquent tout, prétendent que La réflexion d'un sable jaune, brillant, recouvert par une minet1 couche d'eau, d \ celle-ci une teinte
dorée: que cette même réflexi s'opéran une
masse plus épaiss , produit naturellement le vert par le mélangea égales parties, du jaune et du bleu : que
plus profondé, l;i mer devient tellement opaque, qu'il n'y .-i plus mélage, e1 qu'alors le bleu reste seul. Cependant en pleine mer, quand les vagues énormes
se soulèvent, elles sont vertes.
— Belle affaire ! répondent les savants, la surface de l'eau vous paraît bleue parce que vous la voyez de haut et par réflexion, tandis que la lumière traverse la vague quise dresse «levant vous et qu'alors vous la voyezpar transparence, ce qui fait qu'elle vous parait verte.
Bonus, bona, bonum, voilà pourquoi votre fille est muette !
N'importe! ce manteau azur bordé d'un galon d'or est un bien admirable vôt< ment.
22 ;u m'i t. minuit.
Huit oceano no < !
Notre premier dîner a été très-gai ; pas une place Vide, pas un front pâle, pas un malaise; tous vieux marins depuis \ ou >) heures. Mademoiselle V. attribue ce bien-être à trois pastilles de je ne sais quel docteur ; mademoiselle Julia affirme carrément qu'il n'y a qu'à ne pas vouloir être malade; Le commandant sourit dans sa
moustache ; le vice-président prétend que la mer n'a d'autre effet sur lui que d'exciter l'appétit.
Cet effet est général, parait-il, caries plats retournent à vide, il est vrai que le cuisinier du bord s'entend à son métier et que pour stimuler les estomacs paresseux, il emploie des condiments qui font sur eux l'effet d'un coup d'éperon sur les lianes d'un cheval.
Si cela continue, la compagnie maritime ne fera pas
de bénéfice pour elle,
Lanl mieux pour m i
Quand noua sor >leil touche pre tque ;» l
rizon ; la France i si toujours visibl vapeur tremblante el dorée : La une
glace n'esl plu - bleue qu auprès du n i 'l'un violel métalliqui for, d i de
bleu la fail magi lendir; des mil)
d'étoiles de feu dansent dai [ue pli de
ment ou pavent son si] - d'une mosaïque ébl santé de pierreries : l'horizon enflamm • d ■ autour de nous un féerique velarium pourpr
Frédéric qui, pour la première : I témoin
magnificences d'un coucher du soleil en pleine : s'écrie avec enthi
Que pensez-vous de cette décoratii n, commandant?
— Je pense que demain nou déjeuner, répond le docteur.
— Vraiment monsieur, fait mademoiselle Julia transportée; a charmant, justement j'ai apporté delà musique.
— Mademoiselle, reprend le sceptique,
seille de ne pas souhaiter L'accompag ces
instruments.
— Pourquoi donc ?
— Parce que 1rs violons dont je par ntque Les jours de gros temps, el qu'avec une forte mer vous ne serez peut-être pas très à votre ais ,
— Moi, monsieur, je ne suis jamais malad
— .levons en félicite : vous avez longtemps n;
— J'ai un bateau sur la Loire, et c'esl moi qui le conduis, monsieur!
Je n'ai pas entendu le reste de la conversation : l'aumônier venait de m'appeler pour demander au capitaine
l.i permission de dire la messe à bord, sur un autel portatif.
Elle lui a étéaussitôt accordée ; La partie du navire qui se trouve en arrière de la dunette et que dos matelots pavoiseront avec (U>* pavillons formera une chapelle, dont, monsieur Caboufigue a donné Lui-même le plan.
Il est impossible d'être plus complaisant et plus gracieux.
Sur le pont, sur la dunette, ions les passagers causent, se promènent, fument, rient, discutent. Les trois Levantines seules n'ont pas bougé de leurs fauteuils à bascule, pas même pour dîner ; si ce n'était leur continuel bavardage et leur absorption ininterrompue de sucreries, on Les prendrait pour des figures de cire dont elles ont la blancheur mate ; leurs maris, juifs d'Alexandrie qui Les ont portées à L'exposition les rapportent en Orient. Ils sont, parait-il, fort riches, mais ont demandé à prendre Leurs repas sur Le pont comme dos passagers de 4rafl classe.
Nous ne pouvons que Leur en savoir gré, car, outre que d'après la loi de Moïse, leur cuisine doit être préparée d'uni1 manière toute particulière, Le docteur qui Les a vus manger, prétend qu'ils ont une manière de procéder peu en harmonie avec ce qu'en Europe nous sommes convenus d'appeller propreté.
lis découpent leurs viandes en les déchiquetant avec Leurs doigts, prennent Le riz dans la paume de la main, en pétrissent des boulettes qu'ils s'offrent les uns aux autres et se servent de leur barbe1 en guise de serviette1.
Ola me rappelle ce grand juge turc prè^ duquel Monseigneur Mislin dînait, à la table de Rifaat Pacha à Constantinople, et qui, Le premier personnage dece dîner
officiel, tournait el ret<
H avait l'attention <:
uite par esprit de pi . »
la jeu
heureus< ment plus civi x un
spécimen à notre table.
i iii non-seulemenl
d'une fourchette, m un col une cravate i
de boutons larg en parlant, avec une cascade de breloqu
réablement, a les chi veux api; continuellement la mère Ango le
phénix des raffinés, parce qu'il app< !
voit pour la première fois : mon ••ll«*iit.
très-cher.
Personne d'entre nous il y a quelques heures : a ; fil
est né à Alexandrie, que son }><■: ri-
che, qu'il habite un palais dont il se p faire les honneurs, qu'il a :
manquer une seule fi
son dîner moins de cinquante fran ■ . $ le
Champagne, parbleu!
C'est un vrai moulin à ; il faut qu'il vide
sac jusqu'au fond; ah! s'il avait pu pi \ »ur
dans la capitale, ■ mais mon père est serré, mon bon, et il m'a rapp h! on s'amuse aussi à
Alexandrie. j';ii là sur le bord du Nil une petit tion mauresque, je ne vous dis que cela. > Et il fait claquer à la fi ue.
— Je vous y conduirai, très-cher. Avez-v.n: on-
naissances à Alexandri
A TRAVERS l/oltllNT .'M
— Personne, Monsieur.
— Tanl mieux. Eh ! Coco! vous je retiens tous pour moi seul. Nous irons aux Pyramides, au Caire, je ne vous Lâche pas, no vous occupez de n'en. Mon intendant viendra à boni ; il verra combien de voitures sont nécessaires et les enverra avec mes gens...
Dieu que ce monsieur est Insupportable ! Le commandant partage bien cet avis; [1 hausse les épaules et me dit :
— Ne vous fiezpasà ce gaillard; c'est un gascon,moins L'esprit.
— Oui, un vrai gascon «lu Nil avec un gros nez épaté, des cheveux crépus et Les Lèvres épaisses d'un nègre; on dirait un singe habillé.
En sortant de table, il s'esl approché d'un prêtre et, à brûle-pourpoint :
— Ètes-vous catholique, monsieur le curé?
— Oui, monsieur, el vous?
— Moi, moi, ah diable! vous m'embarrassez fort, vous savez, mon bon! moi je suis un peu tout!
— Et beaucoup rien, a répondu l'ecclésiastique, en souriant.
— Je suis pour la liberté de penser, vous savez. .le me suis t'ait ma petite religion a. moi. Eh! Coco! voulezvous que nous discutions?
— Pardon, monsieur, j'ai mon bréviaire à dire.
— Oui veut faire un whist, un écarté en cinq, tailler un bac? () hé! les whislours !
bes partenaires ne se hâtant pas de se présenter . il a
pirouetté sur les talons, en chantant :
C'était pas la peine assurément, L)t' changer de gouvernement.
32 \ ht
i ii moment apn deux juifs u
Ni lier, ni susceptible, ur.
La magique illumina lentement, !
Iriirs pâlissent, la i ma Le brouillard,
i la hauteur d Nice, au bout d nous verrons encore un instant, tin ma
i h des pa - qui ne fait pas pari
1 1 donl la patri( « I Menton, m'a demandé sais cette
— dette côte el les voisines depuis M pTà Brindisi, lui ai-je répondu.
— Il n'est pas possible d'en connaître <3Uv - , vous allé à Monte-Carli
— Je ne m'y su:
— Vous avez eu tort, c'est une merveille; m< Blanc y a créé un parc ravissant, un vrai pa
Oui le paradis des joueurs» un enferembaumé, but le seuil duquel on poun le :
l. - ' ■ ogni B]
— Tout le monde n'< s, le lord de M Carlo entr'autr
— Je n'ai jamais entendu parler de ce lord.
— C'est un anglais, m'a-t-il répondu, -ratique famille, el très-opulent : il vint, il y a quelques années pour passer une soirée et repartir ensuite; son malheur voulut qu'il gagnât à la roulette une somme considérai':
il resta. Pendant huit ou dix jours, la veine ne le quitta pas, il voulait faire sauter la banque, et la banque sauta, l'n joueur heureux est tenace; il continua :1a partie devint un duel à mort entre lui et le directeur des jeux. Je le ruinerai, disait-il. Mon tour viendra, répondait son adversaire. Et le tour vint en effet L'anglais perdit un peu, puis
beaucoup, puis énormément; sa fortune personnelle s'engloutit, il demanda de L'argenl àsa famille pour retourner en Angleterre; L'argent reçu, il Le joua et en demanda d'autre, ses parents fatigués de Lui en envoyer, finirent parlui signifier d'avoir à rentrer dans son pays sous peine de se voir couper les vivres. Eh bien! monsieur, le croiriez-vous, L'anglais est resté, et plutôt que de quitter Monte-Carlo, il a accepté de vivre d'aumône, car son vainqueur qui a eu pitié de Lui, Lui paye son logement, sanouritureetluî donne quelques centaines de francs pour s'habiller. Seulement ne voulant pas jouer contre lui-même, monsieur Blanc lui a interdit la roulette, en sorte que ce pauvre maniaque devenu aujourd'hui une des curiosité,de Monte-Carlo, passe ses journées à regarder ce tapis vert, Terre-Promise qu'il ne peut plushabiter, mais qu'il ne saurail se résigner à perdre de vue.
Pendanl que nous causions, la nuit est descendue sur la mer ; tout est sombre autour do nous, le silence règne à bord! Le calme osi tel que L'on dirait le navire arrêté si lo Longdeses flancs ne murmuraient sourdement les flots rayés de lignes de fou qui se poursuivent comme <l<'s serpents, et si derrière l'hélice ne s'étendait au loin, à travers Les ténèbres, une ligne droite, un ruban ou plutôt une large route lactée et phosphorescente dont l'éclat va s'éteignant, à mesure que la Seyne s'éloigne.
En mer, vendredi 2'î.
Ce beau soleil s'enveloppant sur le soir, dans sa robe de chambre pourpre frangée d'or ne promettait rien de bon; je crains qu'il ne tienne parole; la mer n'est pas grosse encore, mais elle est rude.
v : pr tnière nuil cabines son!
capable d que les p depuis Si
péché 1111 monsieur comme en étant l'inventeur.
Il l'affirmait : on l'a «tu sur par fabrique ce Dieu o-neuf donl l t un i
charmant, auquel il pourra, quand il \
dix .'ml:
Les fours-cabines de la Seyne appartiem
rie de ceux auxquels i] n'est p< me
sorte d'aération.
Il se rencontre des natures auxqui ne déplaît pas. Frédéric i n est la pi cuire à l'étouffée, pourmoi m . I Vau-
tres m'y ont précédé qui dorment ou tout simplement àlli s sur la L« écoutil]
La mer plus phosphon sc( nte que notre navire d'une auré paJ qui -
au loin derrière l'h< iu-
tres festonnent 1
*nent au sommet d< temps, une colonne lui
notre machine, se recourt pe