‹ A travers l'OrientChapitre 4 sur 19 · ténèbres dans lies ap it un instant les · texte numérisé non relu

ténèbres dans lies ap it un instant les

mâts, debout avec leurs eran comme d< leur raide chev

noirs : puis tout rentre dans Y et erçoit

plus que doux feux, l'un r indus

entre ciel et mer à l'avant et à l'arrière, touj- pour-

suivant sans jamais s'atteii

Longtemps, je suis pesté rêvant plus que regardant, et peu ii peu La lumière s'est faite.

De Longues bandes blanc-rosé grandissanl à L'orient, ont, les premières, annoncé sa venue; puis une masse sombre, indécise, a paru sortir du brouillard, grandir, et

s'avancer vers nous.

A vol d'oiseau, cette terre a la forme d'un gantelet de

1er, n'ayant que l'index étendu; ce1 index c'esi Le cap Corse, cette île, la patrie de Napoléon et de Paoli.

Encore un moment, et ledoigl ouvert nous cachera la France, qui déjà n'est pluspournous qu'une petite tache grise découpanl à l'horizon les dentelures de ses montagnes les plus élevées.

Plusieurs dr> dormeurs ont secoué Leur sommeil el regardent encore une fois en arrière.

Il y a quelque chose qui serre involontairement le cœur

au moment où l'on voil s'effacer ainsi son pays : aussi Les fronts sont-ils tristes, etle vers de Virgile nie revient-il à la pensée :

Il dulces moriena reminiscitur Argos.

Mourant, i! bi n ahné.

La France a disparu.

Nous voici entre un berceau et un cachot, à droit" la i se, à gauche L'île d'Elbe.

Nous aurions dû passer de l'autre oôtédel'ile française; mais noire commandant préfère allonger un peu sa route pour nous couvrir contre Les venis du Large; il Irait, passagers en enfants gâtés.

Le jour est venu tout à fait, un peu pâle, car le ciel a mis son voile gris que Le soleil ne perce que par courts instants.

Heureusement, nous somm zprès delà côte pour

satisfaire notre curiosité.

la 0

quelqu

trouve dan

ocreu de noir el

convulsifde montagnes dont quelqu leur fondements, ont roulé d ilôts nu

flots et n'ayant pour habitants qu . demi-nus, surveillanl puis ça et là rumine de - > blancs sur leur n Lai.

Vues de I • les vallé< s mblenl

produites par Le refroidissement d'une m cente : les arrêtes d< ont viv

perpendiculaires : tout i terminer par un faits

i tte croupe angul le couleur

places largement estompée de I quand elles sont fora* jaunes Lorsque ce sont Les châtai \

Quelques rubans blancs, sinueux, Qt leurs

ques à travers fon plongent dans Les coupui . appelle

hazarder, - Les villages se montrent un peu partout, but la

surtout, où ils s'abritent au fond des criques ; d'autres plus aventureux s'accrochent aux flancs .ents

sur le fond sombre desquels leurs blanches maisons s'emportent en pleine lumière: quelques-uns plus timides, blottis au l'end des vallées, ne laissent apercque la pointe de leurs clochers qui nous regardent à travers les arbres.

Pendant que je contemple le paysage, un coup de fusil retentit dans la montagne; cette détonation éveille dans L'esprit du jeune baron de V. tout un monde de souvenirs tragico-romantiques, et c'est du ton Leplus convaincu qu'il s'écrie : une vendetta!

— Monsieur répond un passager en souriant, nous vendons ces vendeita 2 francs 50 la douzaine dans la saison, el je suppose que vous en mangerez ce soir en salmis.

— Monsieur, permettez-moi de vous dire que les vendetta... i

— Sont dos merles, monsieur, très-nombreux dans ce pays-ci, et qui exportés à Marseille s'y vendenl sous le nom de grives ; c'est, je vous assure, un mots très-délicat ; si jamais vous nous faites l'honneur de visiter noire île, je serai heureux de vous en faire goûter.

— VOUS êtes Corse, Monsieur?

— \)c Bastia où nous arrivons en ce moment : tenez voici le bateau qui vient me prendre. Bon voyage! monsieur, el nenous jugez pas trop mal, sur la foi des romanciers.

Pour un compatriote de Colomba, ce n'était pas trop mal repondre. Cependant notre interlocuteur a beau s'en défendre, on tire autre chose que des merles dans les maquis ; les tribunaux en font foi ; tout dernièrement encore, à deux cents pas de Sartène, on a ramassé sur la nuile le cadavre d'un jeune homme dont les dénis serraient ses deux oreilles, coupées au ras de la tête.

Il sérail difficile d'attribuer cette mort à un pur accident ; mais aussi pourquoi, quandon a des oreilles, s'en sert-on pour écouter et répète-t-on, avec la bouche, ce qu'elles ont entendu?

Du reste, la vendetta ne s'exerce, il faut bien le reconnaître, qu'entre Corses ; les étrangers n'ont rien à y

voir ; rien i «-il craindre; I.» pitu que parlerai m linge en famill i Lieuienanl «lu bord noi pourrait parcourir ton

les i" h ■- ! les band ec une bo

pendue à ture. J<

périence en plein . j « > 1 1 1 • , dan la nuit, dans aucun.

La dunette s'est peuplée pendanl noi

Un anglais s^y est installé avec tr Les, sur Lesquelles il veille avec une jal<

Une dame sentimentale qui Suez, a fait mine de s'en approcher ; l'insui détendu comme un n vfvem<

chaise à lui en n ni :

— Ce elbow-chair être a m

J'ai «tu qu'il allait d rudem-

ment, a battu en retraite.

Trois relig rment un groupe

du gouvernail : deux son! toutes jeunes ; La grande, mince, pleine de distinction, et d'un»' pâJ cire, est parait-il, La supérieure d'un couvi de Saint Joseph à llaîssour, venue en Bur menerdes recrues dans L'Hindoustan; et ces deux filles traversent les mers pour aller mourir, e:. tant des Hindous que la peste et la famine déciment.

Elles n'en pai si naturelle pour ces âmes d'élite !

L'Alexandrin B'esl éveillé lui aussi : il salue l'an: par des : eh ! coco ! La - - poumons : un coq

ne forait pas mieux sur SOD perchoir.

Sur le pont, je constate qu'une des Levantines que j'avais laissée hier, appuyée sur te gauche, s

A I i; w ERS L'OBI M' 39

retournée sur le côté droil : elle parail épuisée par cet effort.

Capraja sur noire gauche, je devrais dire par la anche de bâbord pour nie donner un certain cachet de Navigateur émérite, s'enfonce peu à peu dans la nier d'où sort de plus on plus l'île d'Elbe, dont nous nous rapprochons, pas assez cependant pour pouvoir rien y distinguer. Ceux qui regardent de ce côté parlent de l'évasion (\v l'Empereur prisonnier, des Ont-Jours et de Waterloo; à tribord on continue à causer bandits, et j'entends en passant prononcer les noms de Théodore, leroi de la montagne, de Gallochis, de Gambini, de Brucchio, personnages illustres dans les chroniques du crime.

Notre ami de Bastia aura delà peine à dissiper ce qu'il appelle les préjugés du Continent. Ces préjugés ne datenl pas d'hier; il y a bien des siècles que Sénèquele moraliste écrivait dans son traité de la Consolation : <( Quoi d(4 plus aride et de plus désolé que leur rocher ! « quel paysp lus pauvre en ressources ? quels habitants i plus barbares ? quel climat plus dur ? »

An reste nous entrons dans cette mer Tyrrhénienne à laquelle brigands el bandits font un entourage qui ne laisse rien à désirer.

C'esl un véritable musée que ces rivages, bandits Corses et bandits Romains, brigands des Abruzzes, brigands de Napleset brigands des Cala bres; puis, fermant le bassin, les brigands de Sicile qui sont la fleur du panier.

Comme on le voit, il n'y a que l'embarras du choix, avec cette différence qu'en Corse on ne lire que sur les merles du pays, tandis qu'en Sicile et en Italie, les chasseurs ne font exception pour aucun gibier.

A 8 heures nous avons eu la messe *à bord ; notre petite chapelle en plein air, mais isolée derrière la du-

iM u. h air : l< qui pa

muraill le même eflfel « f 1 1 * « * 1 1 illuminanl des vil

and noua <-n Bommt : i, n

courte distance Pile de Pianosa, charmant verdure qui fui assignée comme li«-ii d'exil ; reur Auguste, à Ris agrippa Posthumu i de

passagers lui accordenl un mica n'esl pas Ira plus d

lunettes, dédaignant < icieux oasis flottants,

lent sur un rocher nu, stérile, jaunâtre qui se dr< en forme «le pain de sucre el n'offre ceri n d'inté-

ressanl à voir, mais qui s'appelle ftfonte-Christo el son illustration au roman d'Alexandre Dun

On sonne le déjeuner; Les curieux a lu-

nettes, moi mon cahier de not<

in in-iii

Pauvre demoiselle Julia ! elle voulait avoir! Ions, elle les a payés : sauf deux ou trois prn toui le monde a aussi soldé son écol : l< blêmes, les pas mal a *, le pont presque

cabines remplies, laSe% ir re-

plonger encore, avec une écœurante monotonie ; les gués roulent en gros cylindres bleu-noir, ou bent en volutes frang - l'écume. N mer : le commandant prétend qu'il faut c coutumer; il me semblerait préférable de - Ituerau beau temps ; l'âpprenl ss ce au moins n'a rien de d gréable.

Eh ! Coco /jaune comme un citron gît inerte Burl'écoutille, aux pieds dos trois Levantines oublieuses de leurs confitures et de leurs sucreries. Mademoiselle V. pelotonnée sur elle-même, La têtesurses genoux, ne songe pas même à puiser dans sou arsenal de remèdes infaillibles que chaque secousse du navire fait échapper du sac entrouvert ; un chanoine de Bordeaux se promené en récitant son bréviaire et excite de sourdes colères chez les malheureux témoins d'un bonheur dont lui seul parait ne pas se soucier.

— Oh ! la vilaine chose que la mer quand elle cesse d'être belle.

Noire dunette avec ses bancs encombrés de malades, ressemble à un preau d'hôpital ; l'intérieur (U^ cabines cache un spectacle plus pitoyable encore.

Les marins ne semblent pas se douter de nos souffrances et ont le front d'affirmer que le vent est bon.

— Voyez plutôt notre sillage, médit le lieutenant, comme si j'avais le courage de regarder cette masse qui s'abaisse, si» soulève et dans laquelle l'hélice s'enfonce comme une immense vrille.

Nous marchons vite en effet, trop vite. Les (-('des d'Italie se déroulent à l'horizon brumeux; nous sommes en vue de (livita-Yecchia ; si le soleil brillait, nous apercevrions, connue une lumineuse étoile, la coupole dorée de Saint-Pierre; mais tout est gris, et la mer est vide.

En passant sur le pont, à l'heure du lunch, car l'administration des messageries a adopté sur celte ligne les habitudes anglaises pour les repas, j'ai vu les tables servies avec leurs plats, leurs assiettes et leurs verres retenus par une sorte d'archet composé d'une douzaine de cordes, ces fameux violons que nécessite l'agitation de la mer, quand elle entre en danse. Le chanoine de Bordeaux avait déjà pris place; pour moi j'ai gagne

précipitamraenl ma cabine «-n trébuchanl sanl que cet homme

Depuis, J'ai entendu le din<

chanoine doit beum grand bien lui fasa !

Les jours se suivent el ne : aucun

de nous ne songe I B'en plaindr a la nuit le vent

est tombé; la mer presque calme, quand n sortis ce matin de nos cab si une brise presque insensible ne la -ridait pa nient du bout de son aile traînante.

Le sourire innombrable des flots, comme dit un p ancien, est plein de grâce et réjouissant à L'œil; < petites vagues ne se heurtent pas lourdement, gauch ment comme celles d'hier ; leur clapotement, le flancs «I'1 la Seyne, ressemble à un gai babillag .

L'hélice prend ces plis par b noue derrière elle, comme on nouerait un nt

Les bouts flottants dessinent une traîne d'un bleu plus clair, qui s'étend au loin sur les îlots sans - ire

avec eux.

Nous sommes ici à la zone du bleu profond, indiquant une grande épaisseur d'eau. 3 kilomètres environ : la profondeur est loin d'être la même partout, caria nier Tyrrhénienne dans laquelle nous naviguons et qui n'est que l'une tles cuvettes de la Méditerran :ue

deux ravins étroits et allongés, l'un de l'ouest à l'e>t. en

contournant les ilcs Lipari, l'autre du nord-ouest au sud* ouesl parallèlemenl aux côtes napolitaines.

En ce moment, uous planons sur une de ces vallées; ce soir nous gravirons une pente assez accentuée pour arriver à un col élevé qui est le détroit de Messine, et redescendre ensuite dans un second bassin.

De tous ces accidents de terrain nous ne pouvons rien apercevoir, mais les sondages nous les ont révélés; nous pouvons même les voir figurés sur des cartes spéciales. Les ingénieurs hydrographes ont fait sur ce bloc liquide Le même travail que Le statuaire sur son cube de marbre ; ils ont mis la mer au point avec Leurssondes pour en palper pour ainsi dire le relief.

Bn même temps que les passagers reparaissaient sur Le pont, les violons disparaissaient de la table; à déjeuner toutes Les places, sauf celles de deux ou trois passagers qui boudent encore contreleurestomac, ontétéoccu- 3 ; on a causé, ri et mangé d'autant plus volontiers que le commandant nous a solennellement promis

quarante-huit heures de beau temps.

Le docteur qui pendant Les deux premiers jours s'était tenu enfermé dans sa cabine, comme Achille sous sa tente, s'est décide à faire son apparition. Signe de calme, disent les marins habitues a lui voir exécuter les mêmes manœuvres que le capucin du baromètre se couvrant ou se découvrant la tète.

Une indiscrétion m'a révélé la cause de cette bizarrerie inexplicable au premier abord. Le docte disciple d'Esoulape n'aime pas à être consulté par les malades des grosses mers; il ne peut rien pour eux et ne leur demande qu'une chose, ne pas L'importuner de leurs inutiles lamentations.

Il y a d'ailleurs dans les journaux, tant de remèdes

infaillib bien.

i comte de B. qui ; nomJb

niers, a tenu iu chan ne qu'il

■ette la journ ■•• d'hi< privil aujourd'hui ce n'est qu'un j

classe, comme tanl d'auln

A quoi cependant tienl la supériorité le moi

L'occa non y fait 1» larron, dit le proverbe; éll< souvent le bér

Vers 10 heures et d< tu moment oui .riions

de table, le premier lieutenant nous a montré ;i l'hoi . presque en face de nous, une pyrai . l double

pointe; c'est Ischia, la sentinelle avan M que

les hommes ont armée d'un fort et 1 d'un

volcan, le seul peut-être I. ope qui pétuel état d'ignition.

En dépit de s;i physionomie rébarbatif . appartient àla famille des bourrus bi mais, en donnant pas cavernes souterraines qui s'< il les empêche de faire sauter la ville.

C rnbien de libres-pens ntcontr Di uun

argument de ses œuvres, ne se doutent ne sont autre sou]

ça et là sur une machine à \ i\ chaufl

supprimez-les, et notre globe éclatera tout à coup comme une gn st.

Les Grecs qui n'avaient pas une connaissan fonde des lois delà nature, mais qui, avec un esprit inventif, possédaient une my ass /. I tstique pour y faire entrer tout ce qui leur : par la tête, ont expliqué à leur manière l'origine et le rôle de ce volcan :

Jupiter étant parvenu, disent-ils, n - peim

renverser je ne sais Lequel de ces géants qui un .jour d'émeute lui lançait, en guise de pavés, d'énormes rochers, lui couvrit la tète d'une montagne pour L'étouffer; mais le géanl avait des poumons comme on en voil peu aujourd'hui, la puissance de sa respiration troua celte masse, sans que pourtant il parvint à s'en débarrasser.

H est dommage que l'usage du tabac ne fût pas connu des contemporains de Périclès ; à cèle de L'émeutier qui respire à lschia ils auraient pu placer un émeutier plus étonnant encore, fumant sous le Vésuve une pipe éternelle.

Ail heures 27, nous contournions l'île d'Iscliia : un coup de sifflet sVsi fait entendre; la Seyne a arboré ses couleurs, sa llaunne s'est déployée en haut du grand mal ei, au fond de son incomparable baie dont les dvux ailes s'arrondissant mollement, se perdent à leurs extrémités dans des niasses de verdure, Naples nous est apparue!!!

.le place sur mon carnet trois points d'exclamation ; cette précaution n'a pour but (pie de nie dispenser de tracer à la plume le panorama ravissant, que tout Le monde connaît par cœur, qu'on a vu en peinture, revu en gravure, rerevu en photographie.

Et puis d'ailleurs que faire après tant d'autres? répeter ce qu'ils ont dit? ce serait imiter ces caissiers maladroits qui se font prendre à la frontière avec un paquet d'actions d'une compagnie en faillite; dire moins, c'est s'avouer inférieur; dire plus? essayez donc; quand Sannazar a écrit : Naples est un morceau 'lu ciel tombé sur la terre, et que j'entends à côte de moi L'Anglais aux trois chaises, en même temps que la dame sentimentale son ennemie, répéter en l'estropiant chacun à sa façon, le dicton populaire : Voir Naples el mourir!!!

Jedéteste L'admiration de commande se traduisant par

des ah! et des oh!

P triez mol de nos 1 ceptibles d enthou i but le ventre jouaient bus d par lea pieds comme des pai >ur pou ivrir

écoutilles et en retirer les vont nous quitter. Leui même soulevé leurs paupières allan habituées à voir ramper leurs maris et ne paienl du Vésuve que si on leur en donnait un lion en Bucre candi.

Nous avançons toujours, mais lentement : il est mi<li, le joyeux carillon des cloches nous arrive par I enmême temps que s'avancent vers no mis

chargés, qui de loin ressemblent agitant gauchement leurs î ou 8 pattes, surun drap !

Le rivage devint plus distinct il <>n peut em-

brasser du haut de la dunette l'immense courbe î « « î - 1 1 1 « •«• par les rochers superpos étag s d'où, tombent

cascades de fleurs et dont le somm couronné d'élé-

gantes villas, de forts, de châteaux, de couvents, cloîtres, avec leurs colonnades se dé© >upant à l'emp pièce sur le bleu violent du ciel.

Assise sur les ns inférieurs, la ville baig ses

pieds dans la mer. et présente un pittoresque fouillis d'églises, de n. . dé palais, de jardin .

ou de pins, tandis qu'à dr nantde sa hau-

teur cet o ;éan de toits roug tes blan ;hes, de

massifs verts et de rochers fauves, drapé dans un manteau de cactus troué comme celui d'un étudiant espagnol, se dresse, is >lé, menaçant, l'énorme noyé dans une vapeur bleuâtre, ave.' s uronne fumée aussi blanche et aussi lourde que celle qui chappe d'une chaudière en ébullition.

Enchâssée avec ses palmier-, ses draconiers,

aloès armés d'épines, ses orangers el ses grenadiers, entre la mer par Laquelle lui arrive le siroco d'Afrique, et de hautes montagnes qui la préservent des vents du nord en ne lui laissant voir la neige que de loin, La partie de la plage sur Laquelle s'élève Naples, ressemble par sa végétation fougueuse à une oasis transportée du centre de l'Afrique et placée par la Providence dans une serre que chauffent d'un côté, le Vésuve enflammé, de L'autre la Solfatare, volcan éteint depuis des siècles mais conservant encore une grande partie de sa chaleur

primitive.

rendant que pour ainsi dire fasciné parla grandeur

de ce spectacle, je demeure accoudé sur la lisse, promenant mes regards sur ces lieux célèbres, si peuplés de souvenirs et dont tour à tour se disputèrent La possession les Phéniciens et les Grecs, les Romains et les Barbares, les Normands et les Espagnols, les Français et les Italiens, un des passagers s'est approché pour me demander à quoi je pensais.

— A tout, lui-ai-je répondu ; à Spartacus qui campa làhaut avec ses esclaves, an meurtre d'Agrippine, ;i saint Janvier, aux brigands, à Olivarès, au dur d'Anjou, à Jeanne, à Mazaniello, à François II et à Ferdinand, aux éruptions du Vésuve qui couvrent ces plaines de vagues de feu, aux émotions populaires qui remplirent ces rues d'un fleuve de sang.

— Ah ! fit-il froidement, c'est s'occuper de beaucoup de choses; quant à moi, je ne pense qu'à une : descendre à terre pour prendre une glace et acheter quelques paires de boutons; on travaille très-bien le corail ici, ne venez-vous point ?

— Merci, nous n'avons que deux heures d'arrêt ce qui pour moi est trop ou trop peu ; d'ailleurs je connais Naples et ses environs.

l la première fois rjuej

— Von aurez p pour e numents.

— Oh ! les monuments uijoure la même di

, m'a paru pn ix.

\ six cents n iron du port, ta S

crée sur une bouée pendanl que le canol de la santi détachail du bord pour porter notre docteur à i demander la libre pratique, i dire l< le com-

muniqueravec la ville.

l'ourle moment, la loi noua range dans la des suspects.

Pas trop suspects cependant, carune fouled'em lions glisscnl autour de non I nanl en

tance, maisdonl le personnel, p l'h

marchands, musiciens et autres dre d'assaut.

B 11 nombre de pas - de leur c dispoi

;i descendre : les uns vont cli irs lettres ii la

poste, d'autres en jeter. F. va porter un i pour annoncer ù ses parenl 3 1 à la

première escale : d'autres onl d

En attendant le moment du branlebas général, les musiciens improvisent un concert dansli pion. . bronzés comme des Ethioj comme des poissons, poursuivent, à travers l'eau transparente, la pièce de monnaie qui d 1 en tournoyant.

L'assaut a été formidable. Qu quels regards ! ces facchini, avec leurs yeux de flami leur chevelure d'< t leurs bonnets phrj

l'air de frénétiques piqués de la Larentuli .

Des pirates, décidi ut mettre a feu et à

à bord d'un navire enlevé à L'abordage auraient été moins effrayants à voir que ces lazarroni se disputant une malle Le commandant qui les connaît y a mis bon ordre.

Quelques coups de cordes dans le tas ayant rétabli l'ordre pourun instant, il en a profité pour leur déclarer qu'au premier cri il ferait jeter le criard par dessus bord.

La perspective d'un plat-ventre exécuté d'une hauteur de six mètres a calmé subitement l'effervescence toute méridionale de ces faillirons dont le cour.e a pour siège unique le gosier.

Un quart d'heure après, le pont, abandonné des trois quarts <\r> passagers, mais envahi par les marchands de cannes, de paniers, de coraux et do peintures, ressemblait à un décos grands bazars tels qu'on en voit dans toutes les foires.

Les plus curieux à voir dans cette exposition composée de camées en pâte, de coraux microscopiques montés

avec de la colle forte, de paniers eraillés, de chefs-d'œu-

vre à ne pas suspendre dans la salleà manger de l'auberge la plus infime, étaient bien moins les objets exposés que leurs propriétaires exposants.

Il y avait là des types d'un réussi extraordinaire : un artiste entr'autres qui ressemblait à polichinelle connue jamais fils n'a ressemblé à son père, tue marchande d'allumettes et de fleurs, pieds nus, cheveux en buisson, boucles d'oreilles en corail, colliers et breloques, dont la tête enfantine et expressive rappelait celle de la jeune fille de Paul de Laroche dans son Moïse exposé sur les eaux, portail OU traînait une robe blanche à falbalas, frangée par le bas comme un vieux toit de chaume et qui était bien le vêtement le plusburlesquement ridicule qui se pût imaginer.

Le marchand de canne mais la curiosité qu'il nous inspirait personnellement ne donnai! pas au eomn diable une

grande actn il . I m moment ou l'on com-

mence un long voyage que l'on éprouve le besoin formerune galerie de tableaux : quelques boites d'allumettes ou autres objets de même valeur ils

>uléa parcea industriels aussi pauvr > malhon-

nêtes au dire du dpcteur, quand le retour dea >n-

nistesest venu donner un peu d'animation au bai

Malheureusement pour les dignes descendants de Fra-Diavolo, l'ordre de vider immédiatement le pont a interrompu subitement cette foire improi et la

Seyne, virant de bord, a repria as course interrompue.

Je m'occupais à écrire mes notes, lorsqu'oi enu

m'annoncer que nous passions devant Capri, l'ile aux chèvres, la fameuse Capréedea anciens, oùAug mait à aller se reposer de ndeur, et dans laquelle

Tibère, son indigne successeur, venait cacher des turpitudes morales que la plume indiscrète de Suétone nou révélées avec une impudeur qui, à elle seul ità

prouver que suivant l'expression du p

Le latin, dan- 1-- mots, brare l'honnêt

J'aurais voulu découvrir les ruin - - douze palais élevés eu ce lieu par les Césars ; je n'ai vu. je dois l'avouer, qu'un pâté de montagnes dont les bords rocheux plongeant à pic dans la mer, rendent l'ac iffî-

cile ailleurs que dans deux petits port-.

J'ai entendu conter avec infiniment d'esprit par un narrateur de talent, comment le général Lamarque profita de cette inhospitalite même de la cote, pour enlever ce pâté de montagnes aux Anglais qui s'en étaient em-

A rRAVERS L'ORIENT •"»!

parés, et dont ils voulaient se faire un petit Gibraltar. Us avaient entassé les batteries pour défendre l'entrée des deux port s, el sachant que cette entrée ne pouvait pas être forcée, Hudson Lowe donnait sur les deux oreilles. Quand il s'éveilla, ce fut en sursaut mais trop

tard ; partis de nnil de N;iples, les voltigeurs français

avaient, par nu prodige d'adresse et d'audace, escaladé la muraille de rochers; il fallut bien se rendre, (le ne fut pas avec le cœur léger que L'Anglais lit son sacrifice; il jura de se venger de ce mauvais tour, et il le fit dix ans plus tard, non pas en généra] mais en geôlier sur un autre rocher qu'on appelle Sainte-Hélène. Nous passons entre Caprée et Sorrente la ville des

Sirènes, qni fut aussi la patrie duTasse. Le soleil couchant fait une auréole au berceau d\\ poëte chantre de la Jérusalemme liberata, cette ville célèbre entre toutes les ville s, vers Laquelle nous voguons.

2'.\ août, Phare de Messine.

.le dormais bien profondément; un Léger coup m'a éveillé.

— Qu'est-ce?

— Le commandant vous demande.

Le commandant Caboufigue a une spécialité, il ne dort jamais dans Les parages difficiles, el ailleurs ne ferme qu'un œil. .le le trouvai sur La dunette, il me montra l'horizon.

Dans le lointain ;i notre droite, se dressait une pyramide noirâtre, couronnée d'une auréole de flammes dent les reflets rougeâtres tremblaient dans la mer endormie à ses pieds.

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