OPERATIONS AUTOUR DE SETTAT
d'artillerie et d'infanterie, 1 section de génie, 1 détachement du train chargé des transports et de la remonte mobile, 1 sous-intendance, 1 ambulance et 1 poste et trésorerie aux armées. Toutes les autres troupes furent désignées soit pour stationner à Casablanca, Ber Rechid et Mediouna, soit pour constituer les divers détachements régionaux qui devaient être successivement installés dans la périphérie.
5 avril. — Le général d'Amade ayant appris que la mehalla haffidienne de Mouley Rechid avait repassé l'Oum er Rbea et réoccupé Settat après l'avoir pillée, se dirigea immédiatement sur la petite ville et la réoccupa le 6 avril, sans combat, avec ses deux brigades. Les Haffidiens avaient disparu la veille. Le bivouac fut installé au sud de la ville, la première brigade en carré sur les pentes de la rive droite de l'oued Mousa, la deuxième brigade en carré également sur les pentes au confluent de deux vallons. En arrière des deux carrés, deux compagnies occupaient la ville et la kasbah.
5e affaire de Settat. — Dans la nuit du 7 au 8 avril, les contingents de Mouley Hafïid revinrent à l'attaque. Campée à Talouit à 20 kilomètres au sud, la mehalla haffidienne voulut une dernière fois tenter le sort des armes dans une attaque de nuit et à trois heures du matin elle attaqua le bivouac de la première brigade. Repoussés dans le
ravin de l'oued Mousa, les Marocains se reformèrent et se glissant dans les hautes herbes vinrent vers quatre heures se ruer sur le carré de la deuxième brigade. Ils le firent avec une énergie farouche et un courage superbe.
Leur marche d'approche s'effectua par des cheminements dérobés et sous la conduite de guides connaissant dans ses moindres détails le terrain de nos bivouacs. Malgré tout, une fusillade vive et rapprochée les reçut sur toutes les faces des carrés dont auoun point ne fut entamé. Partout l'assaillant se heurta à une résistance que rendirent singulièrement dangereuse pour lui l'excellente discipline, le silence imposant et le calme magnifique des nôtres. Un chef de poste, entre autres, ayant entendu dans la nuit des bruits suspects fit replier ses hommes dans le plus grand silence à 60 mètres en arrière. Quand les Marocains croyant surprendre le poste se précipitèrent sur les tentes, un feu de salve bien nourri les accueillit et leur fit subir des pertes cruelles. Les hurlements des troupes ennemies, leurs cris de « Djehad » et « Allah mana » qui retentirent dans la nuit, n'eurent pour échos que le crépitement des feux de salve et les plaintes des blessés. Tandis que nos balles avaient décimé les Marocains venus se faire tuer sur les tranchées mêmes des bivouacs, nos pertes, grâce au sangfroid de tous, furent très réduites : 1 officier tué, le
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