‹ A travers la Chaouïa avec le corps de débarquement de CasablancaChapitre 23 sur 51 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

l'on ait pu se faire une opinion sur la valeur de ces engins...

Durant cette campagne commencée en août 1907 et qui, ainsi, dura onze mois, dont sept d'opérations très actives pendant lesquelles l'ennemi fut pourchassé sans trêve ni repos, il n'a pas été livré moins de vingt-neuf combats dont plusieurs ont présenté les caractères et les dangers de ceux d'une guerre européenne. 14 officiers tués et 17 blessés, 86 hommes tués et 377 blessés : tel fut le bilan des pertes. Ce sont là des chiffres élevés. Mais l'honneur de la France exigeait de pénibles sacrifices et son drapeau a pu, à la fin, être porté victorieusement au milieu d'un peuple justement réputé pour sa bravoure.

Aussi bien les vaillantes troupes qui ont combattu dans la Chaouïa ont montré aux nations civilisées qu'elles n'avaient rien perdu des qualités militaires des troupes d'autrefois. Le corps de débarquement était composé d'éléments hétérogènes : français, étrangers, arabes, noirs, sénégalais, appartenant tous à notre belle armée d'Afrique. Grâce à leur bravoure, à leur loyalisme, à leur mépris des fatigues, à leur ardeur dans le combat, le général d'Amade put forcer les tribus Chaouïa à la soumission et venger les victimes des massacres du 30 juillet 1907. A côté des vieux et solides soldats de la légion étrangère, à côté des tirailleurs algériens,

des Sénégalais et des spahis, les uns et les autres soldats de métier, habitués à la vie rude des camps, les jeunes contingents français de zouaves et de chasseurs d'Afrique firent bonne figure et montrèrent le même entraînement et la même endurance. Animés du meilleur esprit, ils se firent remarquer par leur vigueur, leur énergie et leur parfaite discipline au feu. Confiants dans leurs chefs, ayant au cœur le sentiment du devoir, ils affrontèrent sans faiblesse et sans crainte les fatigues et les dangers des combats ; et il faut les avoir vus à l'œuvre pour comprendre que l'on ne doit pas désespérer d'un pays dont les enfants gardent à un si haut degré, malgré tant d'excitations contraires, le culte du drapeau et l'amour de la patrie.

Jusqu'aux événements du mois d'avril 1911 qui motivèrent l'envoi de nombreux et d'importants renforts au Maroc, le corps de débarquement ne comprenait que 4 500 hommes, dont 1200, constituant la garnison de Casablanca, formaient une colonne mobile dite « de ronde » qui, chaque mois, parcourait la périphérie de la Chaouïa. Les 3 000 autres étaient répartis dans les postes de Sidi Bou Becker, kasbah des Oulad Saïd, Settat, kasbah ben Ahmed, camp Du Boucheron, camp Boulhaut, Bou Znika, Ber Rechid, Mediouna ; ils servaient de soutien aux six goums marocains organisés depuis le 1er novembre 1908, chacun à l'effectif de 150 fantassins

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