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PI. 29, page 176.
TACTIQUE FRANÇAISE
guère l'occasion de mettre en valeur complète ses qualités, les Marocains ne se présentant jamais au combat en masse ou en lignes. Néanmoins son action fut toujours très efficace et son principal rôle fut toujours d'empêcher l'ennemi de serrer de trop près notre infanterie avec laquelle elle combattait toujours en liaison constante. Par la violence de son feu le canon de 75 produisit sur l'adversaire une impression terrible et augmenta ainsi la confiance et la force morale de nos troupes.
La solidité, la souplesse, la grande mob'ilité des pièces ont été également soumises, à de dures épreuves pendant toute la campagne. Et l'on peut dire que l'expérience a été concluante. Le terrain était généralement très difficile. Ni le Tirs, avec ses terres visqueuses après les pluies, ni la région des Achach et des M'dakra, avec ses montagnes rocheuses escarpées, n'arrêtèrent nos artilleurs. Ils étaient toujours là prêts à soutenir et à appuyer les mouvements de l'infanterie. Le 15 mars, à l'attaque du camp de Bou Nouala, les trois batteries de 75, même la batterie de montagne, suivirent à vive allure pendant 8 kilomètres la marche rapide de l'infanterie qu'elle protégeait de son feu. Les 11 et 16 mai, l'artillerie opéra en pays de montagne et, quoique difficile à manier, elle y rendit de grands services. Un canon, qui s'était renversé dans les rochers, fut seul mis hors de service.
La campagne de Casablanca a servi de début aux mitrailleuses dont deux modèles, Hotchkiss et Puteaux, furent expérimentés. Ces deux types différents ont donné, au point de vue de la régularité du tir, des résultats analogues et très satisfaisants ; mais l'avantage resta au modèle construit dans nos ateliers de Puteaux, modèle beaucoup plus solide, qui eut moins d'enrayages et qui pouvait modifier sa vitesse de tir. Dans les combats sous Casablanca en 1907, elles furent surtout employées dans la défensive. Installées sur les terrasses, elles appuyaient le mouvement en avant des lignes de tirailleurs. Plus tard, sous le général d'Amade, elles furent affectées à chaque colonne. Leur tir n'a pas toujours été très efficace, le personnel, surtout au commencement des opérations, n'était pas très expérimenté. Placées sur la ligne de feu, elles gênaient souvent l'infanterie dans ses mouvements rapides nécessités par l'offensive à outrance. Étant appelées à agir presque toujours contre des buts très mobiles et très dispersés, leur mobilité n'était pas assez grande. Aussi c'est autant pour supprimer cet inconvénient que pour donner un soutien à la cavalerie que le gouvernement envoya, en mars 1908, quatre sections de mitrailleuses galopantes venant du 2e hussards et des 1er, 7« et 16e chasseurs à cheval; tout ce matériel rendit peu de services et l'expérience fut trop courte pour que