‹ A travers la Chaouïa avec le corps de débarquement de CasablancaChapitre 25 sur 51 · HISTOIRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE

LE mot Chaouïa, pluriel de Châouï, signifie éleveurs de moutons ou pasteurs. Il servait d'abord à désigner les peuplades berbères qui menaient une vie exclusivement pastorale et suivaient les coutumes arabes. Dans la suite, il devint un véritable nom ethnique. On trouve des Chaouïa dans différentes régions de l'Algérie et du Maroc.

Les Chaouïa dont nous nous occupons ici sont évalués à 300 000 individus environ et sont divisés en treize tribus, les Mediouna (9 000 hab.), les Oulad Zian (14 000 hab.), les Oulad Harriz (25 000 hab.), les Chtouka (9 000 hab.), les Chiadma (6 000 hab.), les Oulad Saïd (25000 hab.), les Mzamza (25000 hab.), les Oulad Bou Ziri (10 000 hab.), les Mzab (65 000 hab.), les M'dakra (25 000 hab.), les Zénata (6 000 hab.), les Ziaïda (10 000 hab.), les Oulad Sidi Ben Daoud (5 000 hab.).

Ils habitent la côte de l'Atlantique entre l'oued Cherrat et l'Oum er-Rbea; leur territoire, d'une

1. Les ouvrages consultés à ce sujet sont : Dr Weisgerber, Bulletin du Comité du Maroc. Les Chaouïa. Joseph Canal, Géographie du Maroc.

A TRAVERS LA C HA OUI A

superficie d'environ 15 000 kilomètres carrés, est limité au nord sur une longueur de près de 125 kilomètres par l'Atlantique, à l'est par une ligne qui remonte le cours de l'oued Cherrat et s'avance dans le sud-est jusqu'aux rochers de Sokret-el-Djaja (33° latitude nord, 9° longitude ouest) ; au sud par une ligne partant du Sokret-el-Djaja et allant à l'Oum er-Rbea, près du gué de Mechra ech Chair; à l'ouest par le cours de ce fleuve jusqu'à Azemmour.

Les voisins des Chaouïa sont : à l'est, les Arab, les Zaïr et les Béni Khirane ; au sud les Béni Meskine ; à l'ouest, les Doukkala.

Le pays des Chaouïa fait partie de l'ancienne Mauritanie Tingitane des Romains qui comprenait Fas et Maroc (Marrakech).

Les Carthaginois même occupèrent auparavant cette région en y fondant sous la conduite d'Hannon des comptoirs à Sla (Salé), Azamma (Azemmour), Anfa (Casablanca). Soumise ensuite aux Vandales, puis aux empereurs d'Orient, elle vit sous Justinien, en 534, réapparaître la puissance des Maures, les possesseurs autochtones de ce pays, jusqu'alors subjugués par tant de conquérants. Puis vient l'invasion arabe (646) (30 de l'hégire) qui voit les Maures faire cause commune avec les nouveaux envahisseurs.

Vers 678, sous la conduite d'Okba (fondateur de Kairouan) les Arabes conquirent l'extrême Mag'rib jusqu'à l'Atlantique (Mag'rib, en arabe, veut dire occident) vers Safi et Agadir et occupèrent la région qui s'étendait de l'Oum er-Rbea au Bou Regreg et de l'Atlas à l'Océan.

D'après les anciens historiens, d'après Léon l'Africain (grand géographe et historien arabe, né à Gre-

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