‹ A travers la Chaouïa avec le corps de débarquement de CasablancaChapitre 26 sur 51 · APPENDICES. — HISTOIRE · texte numérisé non relu

APPENDICES. — HISTOIRE

nade vers 1423 et mort en 1526), cette région était connue sous le nom de Tamesna. Elle englobait la Chaouïa actuelle et était occupée par une grande tribu maure ou berbère, « les Berghouata ». On retrouve encore aujourd'hui le souvenir de Tamesna chez les Achach (Mzab). Les ruines de lakasbahdes Oulad Arif (Dar el-Flek) se trouvent sur l'emplacement d'une ville très ancienne qui s'appelait Tamesna. Soumis aux Arabes, les Berghouata profitèrent de la longue période d'anarchie qui suivit la mort du fondateur de Fez, Idris ben Idris (ixe siècle), pour se rendre indépendants et atteindre un haut degré de prospérité. Au xie siècle, ils eurent à lutter contre de nouveaux conquérants, les Almoravides, originaires du Sénégal, qui dévastèrent la Tamesna à un tel point qu'ils en firent un désert.

Les Zenata qui y avaient pénétré avec les conquérants Almoravides s'y installèrent. Vers la fin du xiie siècle, le grand sultan Almohade Yakoub el-Mancour transporta dans les plaines subatlantiques du Maroc une partie des peuplades arabes qu'il venait de subjuguer; le souvenir de cette occupation arabe se retrouve dans les appellations de certaines sous-fractions de tribus, telles que les Khlot, chez les Achach (Mzab), les Riah, chez les Oulad Harriz, les Ahlaf, chez les M'dakra.

Ces hordes nomades, pillardes, achevèrent l'œuvre de destruction commencée par les Almoravides! les sultans Merinides au xme siècle finirent par les disperser et donnèrent la Tamesna aux Zenata, leurs partisans. Ce fut à peu près à la même époque (1223) que les Portugais, gênés dans leur navigation par les pirates marocains, s'emparèrent de plusieurs points sur la côte de l'Atlantique, Sla (Salé) Azamma

(Azemmour). A Fedala, à 24 kilomètres de Casablanca, sur la piste de Rabat, se trouve encore un pont en pierres datant de l'occupation portugaise.

Au début du xvie siècle, au moment où les tribus du Tafilelt envahirent le Maroc, y renversant la dynastie régnante et y fondant la dynastie des Chérifs, celle qui règne encore aujourd'hui, les Arabes avaient disparu à peu près complètement du Tamesna ou bien s'y étaient laissé absorber par la population berbère nouvellement immigrée et déjà plus ou moins arabisée. Léon l'Africain donne le nombre de 200 000 tentes et 60 000 chevaux pour indiquer la force des Zenata.

A partir de cette époque, jusqu'à la fin du xviii6 siècle, les historiens ne mentionnent plus d'éléments arabes habitant la Tamesna. Par contre, ils commencent à se servir du terme « Chaouïa » pour désigner la population de cette région; En 1746, la kasbah de Rabat devint le siège du gouverneur des Chaouïa. En 1792, les Chaouïa font leur soumission au sultan Moulaye Slimâne qui fit une expédition contre eux et qui établit un gouverneur chérifien à Dar el-Beïda (Casablanca). Or, à l'époque de Léon l'Africain (xve siècle) et encore longtemps après, tant que l'on tenait compte du sens original du terme, le nom de Chaouïa désignait plus particulièrement les populations pastorales de l'arrière-pays du Tamesna, de la région des steppes auxquelles il s'appliquait mieux qu'à la population agricole de la zone littorale.

Il faut donc admettre, comme le dit M. Kampffmeyer, qu'au xvnr3 siècle, il y eut une invasion des plaines fertiles du littoral du Tamesna par les tribus nomades des steppes de l'arrière-pays et que,

Page 1