APPENDICES. — HISTOIRE
de même que les Gaulois reçurent le nom des Francs leurs conquérants, la population berbère de la région envahie adopta le nom qui servait à désigner les envahisseurs.
Au xixe siècle, les Chaouïa occupaient leur territoire actuel et se divisaient en seize tribus, comprenant les treize tribus actuelles et trois autres tribus : les Benioura, les Achach et les Mlal qui se confondent actuellement, la première avec les Ziaïda, les deux autres avec les Mzab.
De tout ce qui précède, il résulte que l'on peut considérer les Chaouïa comme un mélange intime d'éléments berbères autochtones ou originaires d'autres régions de la Mauritanie et de quelques éléments arabes provenant surtout des peuplades hilaliennes qui envahirent l'Asie Mineure auxvi0 siècle. Il y a en outre dans la Chaouïa, 6 000 Israélites marchands, courtiers ou artisans, descendants des Juifs établis au Maroc dès le ixe siècle ou de ceux qui furent expulsés de l'Espagne et du Portugal au xve siècle; 5000 environ résident à Casablanca tandis que les autres habitent les grandes kasbahs, notamment celle de Settat. Les nègres, esclaves ou affranchis, sont peu nombreux dans les campagnes, mais il est difficile d'en évaluer le nombre dans les villes et les kasbahs (Dr Weisgerber). Les Draouâ (habitants de l'oued Drâa), au teint foncé, s'emploient comme maçons ou comme terrassiers à Casablanca et dans la campagne.
A Casablanca (Dar el-Beïda) il y a encore un certain nombre de Maures, négociants ou fonctionnaires, originaires de Rabat, Fez, Tetouan. Enfin, depuis l'intervention française, la colonie européenne, qui comptait autrefois 800 à 1 000 membres, atteint
A TRAVERS LA C HA OUI A
aujourd'hui près de 6 000 membres. Mais cet accroissement est dû à l'arrivée de commerçants, d'industriels suivant habituellement les troupes, ou d'ouvriers du port de Casablanca dont il serait prématuré de dire qu'ils se fixeront au Maroc.
La population de la Chaouïa (300 000 habitants environ), est donc essentiellement berbère et elle est à ce point arabisée et islamisée qu'elle peut être prise pour une population arabe pure.
Ayant abandonné leur langue primitive, le chelha, le berbri, les Chaouïa ne parlent que l'arabe; d'autre part, comme les Arabes, ils vivent sous la tente en fibres tirées du palmier nain ou en poils de chameaux, appelés le « Keïma ».
Plusieurs tentes forment un douar. Un ou plusieurs douars constituent une fraction « ferkha ». Plusieurs fractions constituent la tribu « Kébila ». A la tête de la tribu, se trouve le caïd généralement investi par le sultan. Il cumule les fonctions de chef militaire (caïd), d'administrateur civil (amel), de juge, de collecteur d'impôts; il nomme son lieutenant (khalifa), ses secrétaires et les cheikhs qui représentent l'autorité dans les douars et qui lui sont d'habitude proposés par la djemaa (chefs de tente réunis en conseil). Les caïds les plus puissants habitent des « kasbahs » (enceintes fortifiées) avec leurs domestiques et leurs clients : (caïd des Oulad Harriz-Kasbah de Ber Rechid), (caïd du Mzab- Kasbah ben Ahmed), (caïd des Mzamza-Settat). En principe, chaque tribu (Kébila) devrait avoir son gouverneur, mais on voit souvent des caïds préposés à plusieurs tribus ou des tribus morcelées en plusieurs caïdats.
Les Oulad Saïd, par exemple, sont divisés en