APPENDICES. — HYDROGRAPHIE
dans la mer à 12 kilomètres sur la piste d'Azemmour près du promontoire de Dar Bou Azza Riguète à l'entrée d'un maquis ;
8° L'oued el-Hasaïra, petit ruisseau de 10 kilomètres de long, à sec pendant l'été, qui se trace un lit profond à travers les dernières crêtes du Sahel ;
9° L'oued Oumer-Rbea qui est un des plus grands fleuves du Maroc et de l'Afrique du Nord. Il forme la limite sud-ouest et ouest des Chaouïa depuis le gué de Mechra ech Chair (route de Marrakech) jusqu'à son embouchure à 4 kilomètres nord d'Azemmour. Ce fleuve qui a une longueur de 700 kilomètres environ prend sa source dans le Grand Atlas au pied du Djebel Aïchine, traverse tout le Tadla et pendant 200 kilomètres environ sépare les Chaouïa des Doukkala et des Sraghna .
L'Oum er-Rbea (ou la mère des pâturages) est ainsi nommé à cause de la richesse de ses bords en étendues herbeuses. Il roule d'énormes masses d'eau non retenues nulle part par des barrages et allant se perdre inutilement à la mer. Il est très encaissé, profond (12 à 14 mètres en face Azemmour, 7 à 8 mètres à Mechra-ech-Chair), occupe peu de largeur (140 mètres en face Azemmour, 70 mètres à Mechra ech Chair). Les eaux sont rapides et toujours limoneuses, afïouillant les berges et entraînant tout dans son courant. Le débit total de l'Oum er- Rbea est estimé à 148 mètres cubes à la seconde ; en pleine sécheresse il descend à 50 mètres cubes1.
De Mechra ech Chair à Sidi Saïd ben Mâachou, l'oued passe à travers de véritables gorges où son courant acquiert une force considérable. Au pied
i. Joseph Canal, Géographie du Maroc
des ruines de la kasbah de Bou l'Aouâne, il franchit une série de rapides pour se diriger ensuite vers le nord par de nombreux méandres au fond d'une vallée toujours étroite et profonde. Il passe au pied des murs d'Azemmour (20 000 hab., 4 à 5 000 juifs) dont les maisons couronnent les hauteurs qui dominent sa rive gauche. Son embouchure est obstruée par un banc de sable.
A Azemmour, le passage s'opère au moyen de grandes barques plates, appelées barcasses. Jusqu'à Mechra ech Chair, il n'y a ni pont, ni bac et le passage du fleuve en est rendu de ce fait très compliqué. Les gués sont nombreux mais très difficiles et rarement praticables. Les bêtes passent à la nage, mais les gens se servent de la « madias », espèce de petit radeau composé d'un cadre de peaux de bouc gonflées soutenant un plancher en jonc de marais. L'Oum er-Rbea fut traversé pour la première fois par les troupes françaises le 30 juin 1908.
Le bas Oum er-Rbéa reçoit des affluents assez nombreux mais peu importants et presque tous desséchés en été.
A tous ces cours d'eau côtiers, il faut en ajouter quelques-uns qui naissent dans l'Aâloua et se perdent dans la plaine littorale, dans la région du Tirs. Ce sont : l'oued Ben Mousa qui passe à Settat, l'oued Tamdrost, l'oued Mazzert, l'oued el-Ahmeur qui vient de Kasbah ben Ahmed, l'oued Ayata qui passe près du marabout de Sidi Abd el-Kerim (combat du 18 février).
Les marécages se trouvent principalement au bord de la mer. Tels sont ceux de l'embouchure de l'oued Kantara près de Fédala ; ceux de l'Aine Seba à 7 kilomètres à l'est de Casablanca sur la piste de