Dr Weisgerber
APPENDICES. — GEOLOGIE.
Le tirs, terre noire à céréales, possède la qualité de s'imprégner des eaux de pluie, ce qui lui conserve sa fertilité, même pendant la sécheresse; dur, crevassé en été, le tirs se transforme en hiver en une boue noire et visqueuse qui ne se dessèche que très lentement. Le tirs occupe dans la partie centrale de la Chaouïa, qu'elle couvre d'une couche presque continue mais assez mince, une surface de 1 200 à 1 300 kilomètres carrés. D'où la région dite du tirs. Toutefois il y a du tirs un peu partout dans la Chaouïa, principalement dans les dépressions.
Le hamri, reconnaissable à sa couleur rouge, est un sol léger, sablonneux et caillouteux, riche souvent en chaux; il se rencontre en abondance dans la banlieue de Casablanca, chez les Chiadma et les Chtouka. Irrigué, il devient aussi fertile que le tirs, mais il se dessèche trop rapidement, et ne conserve pas l'humidité comme le tirs, ce qui rend la culture aléatoire; éloigné de la côte il devient infertile.
Le plateau moyen est constitué, d'après le Dr Weisgerber, par des calcaires, des grès et des poudingues miocènes reposant sur un substratum de schistes anciens. Quant au plateau supérieur il n'est guère marqué que par des îlots de roches cristallines ou primaires, de terrains secondaires émergeant plus ou moins du plateau moyen.
Dans la vallée de l'Oum er-Rbea, surtout en aval de Mechra ech Chair, il existe de nombreux affleurements anciens ; près de Bou l'Aouâne, les terrains primaires sont dénudés jusqu'à une distance assez considérable de la rive et dans les ravins latéraux.
Ils apparaissent encore dans la haute vallée de l'oued el-Mellah où la crête tourmentée de Sokret
el-Djaja, le massif du M'garto et quelques autres rochers isolés émergent du plateau.
Sur les hauteurs de Settat, au bord septentrional du plateau moyen, existent de nombreux bancs calcaires.
On trouve sur ces plateaux des zones plus ou moins étendues de terrains arables sans irrigation jusqu'à plus de 700 mètres d'altitude et jusqu'à une distance moyenne de 80 kilomètres de la côte. Il existe, autour de la kasbah des Oulad Saïd et dans la partie basse du territoire des Mzab, des tirs d'une grande fertilité. La limite des cultures non irriguées est voisine de celle du territoire des Chaouïa.
Au sud de cette ligne s'étend une zone de pâturage dont le sol rocheux est sec et aride. Dans cette zone l'irrigation est indispensable, et l'on ne trouve plus de culture que sur les bords des cours d'eau.