‹ A travers la Chaouïa avec le corps de débarquement de CasablancaChapitre 42 sur 51 · APPENDICES. — CENTRES PRINCIPAUX · texte numérisé non relu

APPENDICES. — CENTRES PRINCIPAUX

nerie blanchi à la chaux, mais souvent le « dâr» est perfectionné; il comporte un ou deux étages, avec fenêtres sur l'extérieur.

Les « kasbahs » sont des enceintes fortifiées : simples rectangles de murailles en pisé ou vrais châteaux forts comme ceux qui servent de résidence aux caïds. De hauts murs crénelés, des tours de défense entourent la maison du caïd, les logements des serviteurs et des hôtes, des magasins, parfois une mosquée, des jardins, des écuries, etc. Certaines kasbahs ont formé le noyau d'agglomérations assez importantes. La principale est Settat, siège du caïd des Mzamza à 75 kilomètres sud de Casablanca. Settat est une petite ville de 3 000 habitants, commerçants, agriculteurs et pasteurs. Elle possède une mosquée, plusieurs marabouts, un mellah (quartier juif), des boutiques et un marché assez fréquenté. Sur les bords de l'oued Ben Mousa, de belles plantations d'oliviers, de grenadiers, de figuiers, etc.. et de cultures maraîchères.

Settat est sur la route de Marrakech au fond d'une vallée étroite et profonde au pied du plateau moyen. Elle fut occupée par nos troupes, la première fois le 15 janvier 1908, puis les 6 et 16 février, 13 mars et enfin définitivement le 6 avril 1908. Depuis cette époque elle est le siège d'une garnison française, la colonne mobile des Mzamza, C. M. M., et elle a été organisée défensivement ; quelques fortins ont été construits sur les hauteurs dominant la ville, le principal est le fort Loubet (cap. Loubet, du 2e tirailleurs, tué le 8 avril 1908).

Les autres kasbahs, Ber Rechid, 42 kilomètres sud de Casablanca (Oulad Harriz), occupée par nos troupes le 14 janvier 1908; Dar Ben Ahmed (Mzab),

A TRAVERS LA C HA OUI A

70 kilomètres sud-est, occupée le 10 mars 1908 ; Dar el-Daoudi (Oulad Si Ben Daoud), 24 kilomètres sudest de Settat, fin août 1908, n'ont qu'une population de 1 000 à 1 500 habitants. Les kasbahs de Mediouna, 18 kilomètres sud de Casablanca (1er janvier), Fédala, 23 kilomètres est, Bou Znika, 52 kilomètres est (janvier 1908), Dar Sidi Bou Chaib (Oulad Saïd), 20 kilomètres ouest de Settat (10 février 1908), sont complètement abandonnées par les indigènes et sont actuellement le siège de postes français.

En outre, de nombreuses kasbahs sont échelonnées le long des routes principales et servent de caravansérail.

Les Zaouïas disséminées dans tout le territoire des Chaouïa ne sont ni renommées ni importantes ; autour d'elles sont venus se grouper les descendants du marabout et leurs serviteurs, une mosquée, une école, des logements pour les étudiants, les pèlerins. Les principales sont celles de Sidi Hadjaj, de Sidi-Aïssa Mouley Ourdad, de Sidi el-Rhnimine (combat du 15 mars 1908), de Bou Chentouf, de Sidi el-Hachemi, de Sidi Saïd Ben Mâachou.

La « gottâ », enfin, est un domaine taillé par quelque indigène influent dans le territoire de son douar et exploité suivant un système comparable au métayage. Au milieu du domaine est la maison du maître entourée des tentes ou « nouâla » de ses serviteurs. Cette agglomération est entourée d'un talus, d'un large et profond fossé et quelquefois même d'un mur en pisé. Les « gottâs » sont très nombreuses dans le tirs, sur la côte aux environs de Casablanca. L'exploitation agricole les a fait naître. Après la signature de la convention de Madrid, en 1880, qui régla l'internationalisation du Maroc,

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elles surgirent de tous côtés et, sous le règne d'Abd el-Aziz, elles augmentèrent considérablement, les indigènes augmentant leur bien-être en refusant de payer les impôts.

Toutes ces agglomérations sont entourées en outre d'un nombre considérable de silos, quelquefois des centaines, servant à conserver les grains. Certains d'entre eux atteignent une profondeur de 8 à 10 mètres.

Ils constituent autour des kasbahs et gottas un obstacle sérieux et même dangereux, leur ouverture béante étant dissimulée dans les hautes herbes, généralement des menthes.

CASABLANCA

Située sur la côte de l'Atlantique, face au nordest, à 300 kilomètres sud de Tanger, à mi-chemin entre Rabat et Azemmour, à 250 kilomètres soit de Fez, soit de Marrakech, Dar el-Beïda (nom arabe), plus connu sous le nom espagnol de Casablanca, est aujourd'hui le port le plus important du Maroc sur l'Atlantique.

Elle s'appelait autrefois « Anfa » et son origine se perd dans la nuit des temps. Conquise et rasée par les Portugais en 1468, elle fut rebâtie par eux au xvie siècle, vers 1520, et baptisée de son nom actuel. En 1755, elle fut détruite par le tremblement de terre qui dévasta Lisbonne et, abandonnée ensuite par les conquérants chrétiens, elle retomba alors entre les mains des Berbères. Enfin vers la fin du xvme siècle, le sultan Sidi Mohammed ayant concédé à la Compagnie espagnole Cinco Grémios le droit d'exporter des céréales de Fédala, Casa-

blanca, Mazagan, elle se mita revivre et à se repeupler. Les ruines d'un comptoir de cette société subsistent encore à Fédala.

Grâce à la richesse du pays Chaouïa dont elle est le centre commercial, elle n'a pas cessé depuis de se développer et de prospérer.

La prospérité de Dar el-Beïda lui vient de sa rade, d'ailleurs mal abritée, mais assez profonde pour recevoir de grands navires. Cette rade est limitée à l'ouest par le cap El-Hank, à l'est par les rochers d'Ou-Kacha et est entièrement exposée aux vents du nord et du nord-ouest. Les vapeurs y mouillent à un mille ou un mille et demi (2 à 3 kil.), les voiliers à 2 milles (4 kil.) et les navires de guerre à un mille et demi (3 kil.) au moins. L'embarquement et le débarquement des voyageurs et des marchandises s'opèrent à l'aide de barcasses d'un faible tirant d'eau pouvant pénétrer dans une petite anse, creusée par les vagues dans la bordure rocheuse de la côte. C'est le port proprement dit de Dar el-Beïda. Par les gros temps, surtout en hiver, ces mouvements se trouvent souvent interrompus par la présence d'une barre énorme qui se forme à un mille de la côte sous l'action du vent nord-ouest, le port est alors consigné à toutes les embarcations sans exception, mais rarement pendant plus de trois à quatre jours consécutifs; à Larache, à Rabat, à San" et dans les autres ports marocains cette situation dure des semaines et quelquefois même des mois entiers.

Pendant cette période, les navires sont obligés de gagner le large pour ne pas s'exposer à venir se briser contre les récifs dont la côte est hérissée. C'est à cet état de choses que les travaux du port

RECRUTES DANS LES TRIBUS SOUMISES, LES GOUMIERS MAROCAINS ASSURENT LA SÉCURITÉ SUR LES CONFINS DE LA CHAOUÏA AVEC l'appui DES TROUPES FRANÇAISES. — Phot. Gréber.

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