‹ À travers la ChineChapitre 1 sur 44 · LIBRAIRIE HACHETTE ET C · texte numérisé non relu

LIBRAIRIE HACHETTE ET C

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Ce qui frappe le plus le voyageur à mesure qu'il s'éloigne de la France, c'est de voir quelle petite place elle tient dans les contrées lointaines. Tandis que l'Angleterre remplit tout de son nom, de son commerce et de sa langue, le renom de la France s'affaiblit au contraire d'autant plus vile que celui de sa voisine grandit.

C'est avec tristesse que le Français constate cet effacement de la patrie. Mais ce qui l'attriste encore plus au retour, c'est de reconnaître que les causes de cette infériorité sont dues à lin-

différence et au dédain de ses compatriotes pour les autres peuples en proportion de leur éloignement.

Il voudrait les convaincre que le meilleur moyen d'assurer Tinfluence de leur pays, c'est de se répandre au dehors, et que la première condition de ce progrès, c'est de connaître les aulres peuples, leur civilisation, leur caractère et leurs besoins, d'imiter, en un mot, l'Angleterre et de lutter avec elle sur ce terrain fécond, où la France pourrait lui disputer^ sinon l'empire commercial, du moins, l'empire moral et civilisateur du monde.

Il voudrait leur montrer que l'expatriation n'est pas toujours une aventuns, et que, si loin que l'on aille, l'on peut cependant, encore, vivre et travailler utilement pour soi, pour son pays et pour le progrès.

Si le goût des voyages n'est malheureusement pas plus répandu chez nous, n*est-ce point un

devoir pour le voyageur, de raconter ce qu'il a vu? Non point pour flatter la curiosité frivole de lecteurs blasés et indifférents^ mais pour proposer un enseignement dont les esprits sérieux, travailleurs et patriotiques puissent faire leur profit.

Nous voudrions voir la France grande, forte et prospère au dehors comme au dedans. Mais pour atteindre ce but, elle n'est point sufGsamment instruite. C'est à combler cette lacune de son éducation que se s'ont consacrés tant d'esprits distingués, et c'est la tâche que poursuit avee (^nt de persévérance et de succès la Société de géographie.

Si faible que puisse être ma part à cette œuvre commune, on en pardonnera l'insufGsance en considération du sentiment qui m'a guidé, et si le lecteur est assez bienveillant pour y trouver quelque mérite, on me permettra de le reporter tout entjief

à l'homme qui m'a le mieux appris, par la parole et par l'exemple, à aimer mon pays, la science et le travail,

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