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CHAPITRE PREMIER

COMMENT CAPITÂO CHICO COMPRENAIT LES LEÇONS DE l'HISTOIRE

« Mais au sort des humains, la Nature insensible Sur leurs débris épars suivra son cours paisible. »

(Delille.)

Déjà, dans son précédent ouvrage, V Allemagne et V Amérique Latine^ que l'on pourrait tout aussi bien intituler VAme Allemande au Nouveau-Monde, l'auteur s'est attaché à discerner et à mettre à nu les desseins perfides de la pénétration allemande au Brésil et dans les Républiques Platéennes.

Ce second ouvrage ajoute au premier la suite naturelle et logique qu'il appelait. Ensemble ils forment, pour ainsi dire, les deux tables d'un diptyque. Dans le premier de ces deux tableaux, l'auteur s'est évertué à dépeindre l'Ame Collective allemande telle qu'elle s'est révélée à lui dans son audacieuse entreprise, au cours de ses longs voyages et de ses fréquents séjours parmi les Colonies Allemandes qui enserrent d'un réseau souple et inflexible à la fois, de villages nombreux et de cultures florissantes, ces heureuses contrées.

Dans A travers la Foret Brésilienne il parcourt tout

^ T ^ Wagner, Forêt Brésil. — i

d'abord en compagnie de ses lecteurs une des plus agréables et fertiles régions de l'État de Paranà, située au cœur même du massif boisé du Serro Verde, la Montagne Verte. On voit s'y continuer la vie patriarcale avec tous ses avantages.

Abandonnant les riantes vallées et les Hauts-Plateaux de la Serra do Mar, et revenant tout d'abord sur ses pas, il reprend ensuite et poursuit hardiment sa course à travers les épaisses forêts qui s'étendent des rives brûlantes de l'Amazone jusqu'au pied des Andes de l'Argentine.

Au cours de cette aventureuse randonnée, dans les bourgades de la plaine, les villages semi-alpestres des Hauts-Plateaux, les habitations isolées, perdues au plus profond de la forêt, au bord même des mystérieuses lagunes du Chaco, il renx:ontre VAme Latine avec toutes ses grâces. C'est merveille de la voir refleurir dans les sympathiques affinités des races Sud-Américaines au sein des tranquilles solitudes du Nouveau-Monde.

Grâce à la variété de ces Souvenirs de Voyage et à la sincérité de ces scènes vécues, le lecteur verra défiler devant lui, dans leur cadre naturel et pittoresque, les représentants des principales races qui ont contribué par la fusion de leurs éléments ethniques à former les nationalités qui se partagent le Sud-x\mérique.

A mesure qu'il poursuivra sa route il rencontrera tour à tour les descendants des vieux Conquistadores, les sertanejos des campos et des solitudes boisées du Brésil, les caboclos des Hauts-Plateaux et les isleros du Rio Paranà. Montag-nards et coureurs de bois, chasseurs et pêcheurs intrépides, les uns comme les autres s'enorgueillissent de mêler dans leurs veines le sang des ancêtres ibériques à celui des premiers occupants du sol.

Emergeant des ombrages qui, avant que Colomb n'eût levé à Palos son ancre aventureuse, abritaient depuis des siècles sans nombre leurs pénates errants, les « hommes de toujours » vien-

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