VIII
PREFACE
bombes allemandes, en retournant la terre du pays, ont mis les racines à fleur du sol. Brusquement ramenées par elles à la lumière du soleil, les antiques vertus de la race voudront vivre; les nouveaux venus auront besoin, comme ceux de jadis, d'extérioriser leurs forces, d'agir, et je vois parmi eux des disciples pour vous.
A vous suivre dans vos pérégrinations à travers la Forêt Brésilienne, peut-être prendront-ils de vous Tenvie de voir, d'agir, de lutter, comme vous. Puisque nous aimons tant les livres, je voudrais que le vôtre fût amplement connu. Il serait bienfaisant, parce qu'il est sincère et riche de santé ; et la santé est contagieuse aussi bien que la maladie. La belle sérénité qui se dégage de vous, cette joie dans Teffort, cette confiance en soi-même qui n'est point de la vanité mais un ressort de l'énergie, cette constante aspiration vers des buts qu'on se donne parce qu'on les croit utiles, et qu'on poursuit avec amour parce qu'on les a librement choisis, cette chaude atmosphère où l'on sent à toute heure s'épanouir votre àme, font de vous un type exemplaire qu'on aime dès qu'on l'a compris, et qui attire puisqu'on l'aime.
Utile et bienfaisant, vous l'êtes dans le domaine de l'Action et dans le domaine de l'Idée. Vos voyages sont des conquêtes : nobles conquêtes, celles-là, puisqu'elles n'enrichissent que la science ; conquêtes moralement précieuses, puisqu'elles tendent seulement à faire aimer chez nous le peuple qui vous reçoit, et à faire aimer de vos hôtes la mèrepatrie qui vous envoie.
Je vous en suis reconnaissant, mon cher compatriote, et je dois l'être ; je sens même que je le suis deux fois. Quand je referme votre livre, l'impression qui domine en moi est