‹ À travers la KabylieChapitre 14 sur 70 · LA CHUTE DU RUMMEL - LE TOMBEAU DE PRECILIUS · texte numérisé non relu

LA CHUTE DU RUMMEL - LE TOMBEAU DE PRECILIUS

Le temps nous pressait, cl nous voulions, ;iv;uil notre départ, visiter, le jour même, la chuledu iUminiel. 11 nous {\illul de nouveau traverser toule la ville et sortir par la porte Vallée. Puis nous commençâmes à descendre, en côtoyanl le mcher (pii semble grandir à mesure qu'on rapproche. Ce chemin est des plus dirticiles, mais comme il abrège d'une heure au moiii> la descente, il est très-fréquenté. A mi-côte, nous passâmes devant une grotte taillée dans le flanc du rocher, et où l'on a, depuis quelques années à peine, découvert des salles soulei'raincs, oi'uées de mosaïques, cl des cliandjres lunéraires entourées de tombeaux.

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L'une de ces chambres, plus ornée que les autres, serait le tombeau d'un M. Precilius , iMarcus ou Munatius, peu importe, banquier romain, célèbre dans son temps, et qui s'était fait creuser sa dernière demeure de son vivant. Une inscription que je n'ai pas lue, expliquerait très-bien la chose ; mais la légende de ce manieur d'argent d'iuie époque si éloignée de nous, que nous a bredouillée la gardienne de ce monument, ne me parut pas plus intéressante que ne le sera, dans cinq cents ans d'ici, celle de messieurs les rois de la finance de nos jours.

Nous continuons notre roule ; après avoir traversé plusieurs prises d'eau qui alimentent des moulins, nous arrivons dans le lit du Rummel; mais le torrent faisait relâche : il était à sec, et nous ne vîmes que les trois étiiges superposés de rochers décent pieds chacun, d'oii s'élancent les cascades, lorsque le Rummcl sort en bouillonUcUit crun antre noir où il s'est perdu quelques cent mètres i)lus haut*

Nous partons demain dès le poini thi jour, et il nous reste cependant bien des choses à voir à Constantine. Il nous faut visiter encore ki mosipiée principale, une des plus belles que j'aie vues en Algérie, avec ses colonnes de in;iibre rose, ses ar^

LA Ç,r^\Ot MûS^ULE

LA GltA.MiK MOSOUKK. ' 117

ccaux mauresques surbaisses et ses carreaux de laïence peinle qui garnissent les murs. Au centre, le minbar, espèce de chaire peinle grossièrement en rouge et bleu où monte l'iman pour réciter la prière. Au fond, le milirah, sanctuaire destiné au grand muphti pendant les cérémonies du Ramadam , s'arrondit en demi-cercle, et la voûle qui le surmonte s'éclaire par trois petites fenêtres ogives finement dentelées. Le plancher est couvert de lapis pour les nlémas, de nattes pour le commun des enfants de l'Islam, sur lesquelles des fidèles accroupis çà et là récitent leur chapelet. Le vaisseau, vaste mais un peu écrasé, n'est qu'une grande halle sans poésie, sans caractère reh'gieux. Combien je préfère à ces mosquées si nues, si froides où lœil cherche en vain le symbole de la divinité, nos églises gothiques, aux vitraux étincelants, aux piliers formés d'une gerbe de colonnettes fuselées, soutenant des arceaux en ogive; au fond, le chœur apparaît éclairé ])ar une lueur qui tremblote dans un vase d'argent, comme une étoile dans un ciel sond)re, puis, sur fautel, brillant dans l'ombre, le signe révéré de la rédemption. J'aime nos cloches qui éparpillent dans Pair les notes de leur gai carillon, et je les préfère à la voix vibrante du uuiez/iu (jui, h' joui' cl la nuil, (hi

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haut de son iiiiuarcL iiivile lecmyaiil à la [H'ièi'e, eu répélanl d'une voix traînante : « Allah iia Allah, ou Mohamed ressoul Allah'. »

' l>iou est Dieu, Mohainet est le prophèln de llieii.

CHAI'ITIîK \

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