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une agililé (jiie rien n'arrête ni ne déiange; il y en avait un surtout qui occupait quatre ouvriers, et devant lequel nous nous arrêtions toujours en allant à notre café maure. 11 avait en main des vestes charmantes, de couleurs claires, tout agrémentées de passementeries qui rehaussaient encore la grâce et le ton de l'étoffe. Un jour surtout il travaillait à une veste bleu turquoise, brodée en noir, avec nn mince lîlet d'argent qui suivait les méandres capricieux de la broderie. Ce devait être leDusautoy maure de l'endroit. Parlerai-je des tisseurs qui font courir leur agile navette à travers la trame de l'étoffe tendue sur nn petit métier des plus simples? des iileurs, des cordiers, des orf('vres qui fabriquent ces bijoux creux en argent ou en or repoussé, bracelets de bras ou de pieds, colliers, pendants d'oreilles, qui ont plus d'apparence que de grâce véritable. A Feutrée de la rue des Orfèvres, on voit, les jours de marché, le samedi, je crois, des négresses accroupies, gardant, immobiles comme des sphynx, des trésors étalés devant elles sur des papiers. Nous voulûmes savoir ce que c'était que ces verroteries, et nous fûmes convaincus que ces petites pierres étaient des diamants, des saphirs, des rubis, des émeraudes mal taillés, mais d'une belle eau cl lins. Ces pierres
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sont vendues assez bon marché. Je marchandai un ru])is gros comme une forte tête d'épingle : à ma queslion : o Kadech? Combien? » la négresse, de sa voix claire et grasseyante, me répondit : « Arl)a douros. (jnatre douros, » c'est-à-dire vingt francs ; à Paris il en eût conté soixante. Je signale le fait, s'ils n'en sont pas informés, à messicnrs les bijoutiers. Les Arabes vendenl à plus bas piix ((ne les Enropéens, parce qu'ayant moins de main-d'œuvre et moins de frais, ils se contentent de bénéfices minimes.
Je mVlonnais de cet esprit de routine qui fait persister les Arabes dans leurs idées comme dans les procédés de leurs industries, lorsqu'il leur aurait été si facile, depuis trente ans qne nous vivons avec eux, de s'initier à nos mœurs, à nos moyens mécaniques, à l'emploi de nos outils. Non, ils résistent à toute idée de progrès, et là où je ne voyais que la preuve de leur apathie, de leur indifférence pour notre civilisation, M... indiquait très-bien la véritable cause de leur passive résistance dans le respect des traditions et le fanatisme religieux uni à la haine conire le chrétien, le roumi, comme ils nous appelienl '.
' PiOlimi est 11110 {|(''rivaliini ilc idiiKiiii, clir(''tioii imr exlriisimi.
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En parcourant la ville arabe, nous avions Iraversé le quartier juif, et bientôt nous nous trouvâmes à la porte (FEl-Kantara. qui aboutit au pont dont nous avons déjà ])arlé et qui unit le Mansourali à la ville. (Jne de souvenirs nous assiégeaient à la vne de ces l'ocbers décrits par Sallusle. Télégant el facile anleur des guerres de .lugurtba. Sui' ce poni avaieni passé les lois numides enchaînés an char de Bélisaire triomphant . Plus tard, ce général, ce vainqueur, victime de l'ingratitude de Justinieii , repassait le pont d'El-Kantara, pour aller mendier dans Byzance Fobole de la pitié. Que de peuples, Hébreux, Grecs, Romains, Vandales, Arabes, Turcs, Berbères, avaieni tour à tour foulé ce sol et avaient disparu de la surface du monde, tandis que le rocher témoin de tant de grandeurs, de triomphes, de disgrâces éclatantes, de combats acharnés, dressait encore sa masse inébranlable!
CUAPITRC IX