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iiiàlic (le Iciii' oiilrc (juCllo nous iivaiciil (ilTcilc. cl la joie caiisri' par te iiiodcslc [H'ést'iil nous [trouva ((u'clli's iTrlaicnl pas liabituées à en voir soiuciil aillant.
Apivs avoir l'ranclii (jnclqucs conlrc-l'orls pclrs. lacliés de rouge, à ras|)eel sanglant, nous traversâmes suecessiv<'ineiil plusieurs vallées étroites, eouvertes d'arbres de diverses esseiiees, pins, oliviers, genévriers; au-dessus de nos tètes, sui* les hauteurs, s'étalent-des villages pittoiesques et dans les plis du lerl'ain se développe une nature luxuriante dOrangers. de eitronniers el (Toliviers séeulaires. Ces villages. (\\\o notre muletier désigne sous le nom de Faredje et Ouled-liaelied, sont, ainsi (pie Hou-Kteun (jue nous avons quitté il y a (pielques liciiics. dans une posili(»n ai'due, mais exeellente [lour luie déteiise; couverts d'un eoté par le fossé profond (|Ue creuse en ra- \iii l'oued l)ou-l\teun, el délentius en arrièie [)ar des crêtes inaccessibles.
I>a descente du Cheragraz. ipie nous suivons pour atteindre le lit de la rivière, oued llou-Kleun. (^sl courte, mais alTreusemcnl rapide el bordée de pi'éripices dont Iî's pentes >onl à peu près \erlicales. Nos mulels eoloieni le lioid de l'iilimie il domiei' le
l'.lt^ A ir.AVKliS LA KAl'-VUK
vertige; mais il t'aul se lier à eux el ne })as essayer de les giiitler. Ce sérail vouloir risquer un accicleul, très-rare loi'S(ju'()u se lie à leur prudeuee; le uiieu.x sei'ait (le lermer les yeux, mais uue iuviucible euriosilé les lieut ouverts devaut le magique spectacle de ces bouleversements de la nature. Enfin nous sommes en bas, et nous franchissons la rivière à son confluent avec l'oued Mallah et l'oued Biban. A parlir de ce confluent, le lit du ruisseau, formé de calcaire marneux, contient sur ses berges et dans ses eaux des sels de magnésie en si grande quantité, que les rives sont couvertes d'efflorescences cristallisées, et les eaux sont imprégnées d'une saveur saline si marquée, qu'il est impossible de les boiic. Aussi l'armée qui, en octobre 1851), liaveisa les i\)rles de Fer, Biban, sous la conduite du dnc d'Orléans, et lit la coïKjuèle de tout ce pays, si facile à défendre, sans brûler une amoice, avait-elle, empiuiilanl Fexpression arabe, donné à celte longue vallée le nom de Bled-el-Ateuch, le pays de la soif.
Après deux îieuies de marche dans la vallée, le pays se rétrécit, el bientôt nous voyons se dresser devant nous des nuu'ailles gigantesques formées pai* des roches rouges, dentelées, et dont les crèles ar-
LES PORTES DE rCR
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chies (Icchirenl le bleu du ciel de leurs silhouelles fantastiques. Nous gravissons un sentier à pic, el après plusieurs ascensions alternées de descentes, nous nous trouvons au milieu de rochers que dominent de tous côtés des escarpements coupés de murailles transversales, semblables aux portants de cou ~ lisses d'un immense théâtre. Ces murailles sont produites par la desli'uction des parties marneuses qui composaient le rocher, laissant à nu l'ossature calcaire.
Du haut du sentier où nous sommes, ce chaos de rochers est effrayant, et paraît infranchissable. Nous descendons péniblement dans le lit du torrent, et à chaque pas, l'aspect devient plus terrible. Les sommets des masses granitiques se rap])roclient, surplombent de façon à intercepter le joui'. Les stratifications deviennent plus marquées, ce sont de vrais murs per})endiculaires au lit que s'est creusé le torrent dans la roche, distants de vingt à trente mètres, et d'une élévation de plus de cent mètres au-dessus de l'oued Biban, qui les traverse. Quel spectacle merveilleux ce doit être l'hiver, lors des pluies torrentielles qui tombent à cette époque de l'année, que celui de ce lori'ent roulant avec fracas
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ses eaux éciimeiises à travers ce chaos ! Aujourd'hui c'est une rivière tranquille, presque stagnante, et dans laquelle nos chevaux marchent, ayant à peine de l'eau jusqu'à nii-janibes.
Enfin, après un parcours de mille mètres environ, dans une espèce de couloir formé de rochers dont le surplomb s'exhausse sans cesse, nous tournons brusquement à gauche pour descendre dans un ravin où cent hommes tiendraient en échec une armée entière. Nous sommes en face de la première porte. C'est un cintre de quatre mètres de large, taillé perpendiculairement par la nature entre les rochers. La seconde porte est à vingt pas plus loin, et les deux autres suivent à courte distance. Entre la première et la deuxième porte, nous trouvons une inscription, assez profondément entaillée dans la pierre, que la hauteur des eaux n'a pu atteindre, et dont les lettres ont conservé toute la vivacité de leurs arêtes :