CHAPITRE XIX
Au kmd d'un ani[»liitliéàlrc de luonla^iR'S rocheuses, ilaiiiel, noire spahis, nous montre une petite ville perchée sur un rocher à pic, et qui du lieu où nous sommes placés, paraît inaccessible. C'est Kalaa ou Kuelaa, sié^e autrefois d'un <iOuvernemenl (Tune certaine importance, et qui n'est phis aujourdliui (ju'une ville de trois mille habitants, divisée en quatre ipiarliers, (pii se l'ont entre eux une ^uene incessante. On n'arrive à Kalaa (pren passant à Bo^diiii. cl par nii clieiniii (pie je décrirai plus
-m A TRAVERS LA KARYLIK
loin. Mais uvaiil (raltcindre ce bortlj, le voyageur traverse deux pays dont le brusque contraste a quelque chose de singulier. Du coté de la Medjana, il [)arcourt une vallée riche en culture, des bois d'oliviers, des cham|)s de blé, des prairies même, couvertes d'arbres à liiiils. Au village de Djedida, se dresse une porte de rochers gigantesques; et au delà par une brusque transition, une nature abrupte, un sol tourmenté, une végétation maigre et triste ont renq)lacé la verdure. A mesure que vous gravissez, les arbres d'essences résineuses, les pins apparaissent moins rares, plus vigoureux. Une fontaine qui sort d'un rocher envahi [)ar les mousses et les plantes parasites a régénéré le sol; mais à partir de ce point, vous ne trouvez plus de terre végétale, et vous grim^ pez sui' la roche nue un escalier immense qui vous conduit, après une heure de rude ascension sur le plateau de Boghni. Douze kilomètres restent encore à franchi]' [)our arriver à Kalaa, et je ne saurais décrire les difficultés de cette route qui côtoie sans cesse la crête amincie du rocher, avec des précipices à pic à di'oite et à gauche. C'est à donner le vertige aux plus hardis, car, en certains endroits, le chemin n'a pas plus d'un mètre de large. Enfin, vous
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