LA LKGENDE DE LA MO HT
« donnée là-bas... Venez, iiidez-nioi ponr ses funé- (c lailles. Allons laver son corps; venez l'ensevelir, (c portons-le en lerre cl nous prieioiis pour Marie la (( prière de la tombe.
(( — Espril du hieu vivant, mais eetle nionta<^ne « est tonte renniante de serjienls, tonte sillonnée de (( vipères; nnl de nos aïeux, de nos pères n'y a mis 0 le pied depuis trois siècles.
c — - Mais qui donc?...
c( — 01) ! à penser à ces dangers, on se seul la c( ehair frissonner!... Tiens, voilà le linceul, prends, « va, ensevelis Marie. >)
« Jésus demeura muet. Il retourna sur ses pas; il laissa tout, il regagna la montagne. En cheminant, tout affligé, il rencontra deux jeunes Hébreux dans la beauté et la force de l'âge.
« — Salut! leur dit Jésus. — Salut! répondirent-ils.
a — Enfants dlsraël, ma mère est morte, est « abandonnée là-bas, sur le liane de ce rocher. Ve- « nez donc m'aider, mes enfants, à lui faire la lotion « mortuaire, à l'ensevelir, à la mettre au tombeau.
« — Nous sommes envoyés pour cela même, dit « l'un des deux étrangers.
« — Moi je suis Gabriel, mon compagnon est
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« l'aiige Michaë]. Voici un cercueil, voici les lin- <( ceuls (lu paradis. Va, Jésus marche devant toi, « uous le suivrons. De [telles vierges du ciel, liouris « aux grands yeux, à la brillante prunelle, descen- « dent en ce moment des demeures célestes, et vien- « nenl laver le corjis de la mère, la déposer au sé- « pulcre. »
(( On arrive à la montagne. L'ange Gabriel se met à creuser une crypte funéraire; puis il ferme le cercueil, le place dans le flanc du rocher, de manière que le cadavre ait la face tournée* dans la direction selon laquelle il faut prier.
« Jésus ensuite récite la prière funèbre, et Gabriel et Michaël prient avec lui. Cela terminé, les anges et les liouris senlèvent vers le ciel. Jésus tlemeure seul avec sa douleur, consterné, la lèle penchée, rêvant du monde et de l'éternité, de la vie ei de la dernière heui'e. Puis sou])irant un long soupir, levant les yeux vers le ciel :
« — Mon Dieu, dit-il , tu vois où je suis, en quel « état je suis; tu entends ma prière et ma parole, « tu vois mon âme. Hélas! morte, elle est morte, ma « mère, et je n'ai pas recueilli son souffle, sa der- « nière parole; je n'ai ])as eu la bénédiction de ma