BESTIAUX. . MOUTONS. COCHONS
ABBD ss sornporesnnenepensnennne 9,832,417 27,446,220- 3,956,495 1883, .,sessoervvneocvssosesrooeee 10,097,943 28,347,460 3,986,428
&“]ly a eu diminution pour les chevaux, dans le Royaume-Uni de 1,905,317 à 1,898,745, et l'augmentation des autres animaux de ferme est moindre qu’elle ne le devrait être, les chiffres étant inférieurs à ceux d’il y à dix ans.
“ Mais bien que le fait de convertir les terres en paturages soit accom pagné d’une augmentation relative d'animaux vivants, la tendance dans ce sens est cependant regrettable; en premier lieu, parce que la terre susceptible de culture, d’un sol léger et sain, peut produire plus de nourriture pour l’homme et l'animal que les pâturages ; en second lieu, parce que la population rurale doit diminuer dans la mesure de l'accroissement de l'étendue de ces pâturages, par suite de la rareté du travail.
“ La condition actuelle de l’ouvrier agricole, dans les comtés du centre et du nord, au mrins, ne soutiendrait pas trop mal la comparaison avec celle du travailleur du Canada, au point de vue de la vie et du travail. IL. y à cependant cette importante différence : que le Canadien- peut s’élever, tandis que l’autre est condamné, règle générale, a rester journaher, jusqu’à ce qu'il soit enseveli dans le sein de la terre qu’il aura si longtemps labourée. C'est poétique sans doute, mais la poésie est souvent triste. Toutefois, le journalier Anglais est aujourd'hui mieux nourri, mieux vêtu, mieux instruit que ne l’était son père, et ses gages qui ont haussé Ini permettent de mieux élever sa famille et de faire même de petites économies pour les mauvais jours, sil n’est pas possédé du démon de Pivrognerie.
“ 11 est malheureusement vrai que sept années pluvieuses ont appau- . vri les cultivateurs Anglais, ce qui veut dire qu’ils sont mal disposés pour soutenir la concurrence qui les entoure de toutes parts: et il faudrait pour : leur rendre la prospérité dont ils jouissaient, il y a dix ans, sept bonnes: années, meilleures, en fait, que nous aurions raison d’espérer. On s'étonne même que leur condition ne soit pas pire; car ils ont souffert non-seulement des saisons pluvieuses, mais de la diminution du rendement, et de la baisse des prix, résultant de la vivacité de la compétition étrangère. Les
années, cependant, redeviennent meilleures, et la saison actuelle promet d'être l’une des plus favorables depuis 1876.
‘ Aujourd’hui, les fermiers Anglais qui paient loyer, sont placés par la loi dans une position de beaucoup préférable à celle de leurs pères ; car, l'argent qu'ils enfouissent dans le sol pour en stimuler la fertilité ne peut plus leur être confisqué, comme le faisaient autrefois de rapaces landlords. La position du fermier progressif est devenue passablement assurée, ce qui ti donne l’encouragement sans lequel la culture ne saurait fleurir comme elle le devrait dans un pays où prévaut le landlordisme, et en face de la concurrence universelle. En deux mots: les fermiers anglais doivent maintenant être dédommagés pour les améliorations qu’ils laissent derrière eux en quittant leurs fermes.
‘ Le fermier canadien possède la terre qu’il cultive et peut en faire ce qu'il lui plait. Tout cela est bou, lorsque la propriété n’engloutit pas un capital trop considérable : mais plus tard, lorsque la terre aura acquis plus de valeur, le système des propriétaires et des fermiers s’établira au Canada ; et l’on ferait bien de l’instituer, à son début, sur des bases équitables. Le fermier anglais ne subit pas, lui, la perte qu'entraine la baisse de la valeur des terres—perte dont souffrent aujourd’hui plus ou moins en Angleterre, tous les propriétair-s de terres agricoles—et il peut utiliser son capital. Tant que l’industrie agricole sera protégée contre l'injustice, il lui sera plutôt nuisible qu'utile d’être propriétaire, car la propriété qui rapporte ?4 pour cent est un luxe que peuvent difficilement se donner ceux qui gagnent leur pain. °
“ En attendant, les perspectives des fermiers anglais deviennent plus brillantes : il suffira de quelques bonnes années pour raviver leur confiance, et regarnir leurs bourses, tandis que l'augmentation rapide de la population maintiendra la demande des produits alimentaires, quelque vive que soit la compétition étrangère. On a recours en même temps à diverses mesures pour vulgariser les meilleures méthodes de culture, et répandre parmi le penple des saines connaissances agricoles. Cest probablement la fabrication des produits de la laiterie quiexige le plus d’amélioration, surtout la fabrication du beurre et du fromage. Jusqu'ici il semble que le besoin d’intiruction dans cette branche de la science agricole se fasse sans cesse sentir. 1’établissement d'écoles et l'adoption d’autres moyens d'enseignement ont déjà fait sous ce rapport beaucoup de fien en Irlande et cet exemple est imité en Angleterre et en Ecosse. Le Canada pourrait employer les mêmes agents avec avantage; car il est destiné a devenir un grand pays d'exportation de beurre, de fromage, de bœuf, de mouton, et d'animaux vivants. Il devrait aussi fournir à l’Angieterre un grand nombre d'animaux qui seraient engraissés là-bas.
“ Pour cela, il faut que le Canada prenne soin de la santé-de ses ani. maux, qu’il empèche les américains de transporter les .leurs sur son territoire, et qu’il ne courre pas ainsi le risque d’être placé sur la liste des pays dont les produits atteints de la contagion sont exclus des marchés anglais. L'absence de maladies parmi les animaux du Canada est un avantage immense pour les cultivatenrs du pays, et il est a espérer qu'il ne le perdront pas.
“ Pour faire refleurir aujourd'hui lagriculture en Angleterre, il faudrait de meilleures méthodes, plus d'économie, l'adoption d'idées plus neuves et plus efficaces, et plus de surveillance personnelle de li part du . fermier et de sa famille. Le reste suivrait sans eïlort, comme le jour
succède à la nuit, .
“ Le fermier anglais de l'avenir, dégagé des entraves qui ont trop longtemps embarrassé l’agriculture sous forme de récoltes restreintes, d’incertitudes sur le remboursement de fonds dépensés pour améliorations, de réserves de chasse, et favorisé d’un juste traitement, et d'assez bonnes années, prurra, je crois, sans avoir a revendiquer aucun privilège, lutter contre la concurrence de tout autre pays. Déjà la rivalité du grand continent de l'Amérique se relache, en ce qui concerne l'exportation du blé, et se relachera à mesure que la population augmentera, tandis que nous, en Angleterre, avec une population augmentant aussi avec rapidité, serons heureux de nous procurer alors des aliments sur lous les marchés ouverts à notre commerce..."
Les vues exposées dans cette lecture eurent la bonne fortune d'être approuvées par les hautes aulorités du Canada, et je les ai en conséquence reproduites assez longuement dans un rapport qui traite surtout des intérêts canadiens.
Lorsque les séances de l'association furent closes à Montréal, les membres commencèrent de suite à se répandre sur le vaste continent de l'Amérique du Nord. La compagnie du chemin de fer Canadien du Pacifique offrit d'en transporter 150 aux Montagnes Rocheuses et de les en ramener. Un2 centaine environ acceptèrent cette excellente offre qui allait leur permettre de visiter le Grand Occident. Tous y seraient allés, n’eussent êté les plaintes d’un homme bien connu à Montréal et qui revenait de là bas—plaintes concernant la nourriture et le confort, et qui avaient bien peu'de fondement, si elles pouvaient en avoir, comme nous le constalâmes plus tard. On doit comprendre que ceux qui voyagent dans le Nord Ouest ne sauraient avoir tous les raffinement, de Pall Mall; c’est se tromper que de vouloir l’exiger. Le confort ne laisse guère à désirer toutefois, dans les circonstances, et c’était mal reconnaître les bons procédés d’une grande compagnie que d’éxagérer certains inconvénients que lon retrouve dans tous les pays nouveaux. En somme, le service est meilleur qu’on pourrait le croire. \
Comme le départ pour le Nord-Ouest ne devait âvoir lieu que dans une couple de jours, j'en profitai pour aller faire une courte visite à MM. Mills et Brown, le premier Président, et le second professeur d'agriculture au Collège Agricole de Guelph, dans la province d'Ontario: je devais me joindre au parti d’excursionnistes le matin du 6 septembre à Toronto.
De Montréal à Ottawa, le chemin de fer du Pacifique Canadien traverse un pays fortement boisé, abondamment approvisionné d’eau inégalement distribuée toutefois, et qui renferme une certaine étendue de bonne terre cultivable. Nous y avons vu plusieurs champs d’avoine et de blé, à tiges courtes et légères, mais surmontées d’épis qui paraissaient bien garnis de grains. La proportion entre le grain et la paille, est généralement beaucoup plus grande au Canada qu’en Angleterre, et telle récolte qui paraîtrait devoir être très maigre aux yeux d’un cultivateur anglais donne d’ordiuaire un rendement de grain beaucoup plus considérable qu'il n’aurait/pu le supposer. ;
D'Ottawa à Toronto, la voie traverse un pays “ difficile ” qui possède relativement moins de bonne terre arable, et qui ne fait que commencer a retribuer les travaux du colon. Le sol semble composé pour la plas -grande partie d’une glaise friable, propre à la culture; 1l est toutefois fort embarrassé de roches:etdeœaitio bx-détouteosoite eeiquiest.un obstacle à la colonisation, Le miepxcäuféire; je crhisyEt ice. quiséateraitdesmoins cher, en fin de compte, serait d'utiliser cëspieres.poimérigen{lés clôtures, lesquelles remplaceraient les clôtures en brissi communbsdank éetibépurtie
là Tu pays. Voilà du moins ce qui se pratique à différents endroits, au grand profit de la culture et de la moisson, ainsi que des pâturages, là où les terres sont en prairies. Le long de la route, nous avons également vu du bétail de qualité inférieure : les chevaux sont de meilleure race ; les moutons cependan! l’emportent sur la race bovine, bien qu’ils soient susceptibles de beaucoup d'amélioration. Les arbres de la forêt croissent avec une grande facilité, bien que souvent détruits par le feu, ce qui, paraît-il, ne peut être empêché, pour le présent du moins. L; s troncs nus des arbres morts offrent un trisie spectacle, et il est malheureux que l’on ne prenne pas de mesures pour prévenir la destruction en bloc de forêts qui seraient à l’avenir une source de richesse pour la population.
Je pense aussi que l’on pourrait se livrer avec avantage à la culture des fruits dans plusieurs parties de la contrée que traverse le chemin de fer Canadien du Pacifique, là où le sol est assez riche et aux endroits protégés contre les accidents de la température. Les espèces de pommes et de prunes les plus dures deviendraient er même temps une source certaine de profits pour les cultivateurs, lorsque les arbres seraient assez gros. |
Le Collège Agricole de Guelph, à Ontario, est l’une des institutions les plus prospères de ce genre. Sas différents départements sont dirigés avec habileté, et il fait une bonne œuvre au Canada. J'ai constaté un progrès sensible, à plusieurs points de vue, depuis ma dernière visite, en 1880. La pelouse qui se déroule en face de l'établissement présente un très beau coup-d’œil : elle est bordée de fleurs, ornée d’arbustes, et semée de sentiers et d’allées pour les promenades à pied et en voiture. Le bâliment principal est sohdement bâti, commode et bien ariénagé, tandis que le département horticole est vaste, élégant et en excellente condition. Dans le bocage (arboretum) se trouvent plus de 400 variétés d’arbrisseaux et d'arbres, dont plusieurs appartenant à la flore des Etats-Unis ne pourront peut-être pas s’acclimater ; on les utilise, en attendant, pour les besoins de l’enseignement et des expériences. 11 est possible, cependant, qu'il en survive plus qu’on ne l’espère. De vastes vergers plantés de pommiers et de vignes promet. tent de réussir très bien. 11 y a soixante-quinze variétés de vignes, cent trente de pommes, soixante de poires, trente de prunes, et quarante de petits fruits. Le champ d’expérimentation pour la croissance de tout ce qu’on y sème et l’essai des graines est divisé en 180 lots d’un dixième d’acre chacun. Cest là que l’on fait l'épreuve de 1a durée et de la vigueur des herbages et des trèfles, de la capacité de production des autres espèces de graines, et l’on comprend la valeur de ces expériences, au point de vue de l’instructon. l'efficacité de certains engrais est aussi constatée sur d’autres lots, et toutes les expériences ont pour but d’élucider certains points que le cultivateur ordinaire est incapable d’éclaircir seul et que son ignorance pourrait ttomper. la pluie qui tombe est mesurée dans une jauge d’un millième d’âcre en superficie, et construite de manière à donner des résul tats précis : puis, l’eau de pluie est analysée dans un bon laboratoire situé au milieu du champ d’expérimentation. Enfin, l’on y fait un essai soigneux et constant de la capacité d'absorption et de retention de l’eau de pluie par diverses espèces de terre, contenues dans des boîes au fond desquelles s’ajustent des tuyaux qui déposent le surplus du liquide dans une rangée de vases en verre placés dans la cave au-dessous de la jauge. Lorsqu'il pleut, la terre glaïse laisse échapper l’eau plus vite que {es sols plus légers parce qu’elle retient plus d'humidité, et qu’elle ne peut en conséquence, en absorber autant.
Le Collège, bel édifice en pierre, repose sur une éminence, à environ un mille de la ville de Guelph et commande une superbe vue de la ferme
L 13 et du pays environnant. Les chambres privées des élèves sont hautes de plafond, spaciouses et bien acrées. Les salles de lecture sont également très convenables ; il y a, en outre, une bibliothèque superbe et un intéressant musée, que les visiteurs admirent, et qui sont utiles à l'institution.
Les bâtiments de ferme sont vieux, pour la plupart, et peu conformes aux exigences de l'établissement, bien qu'ils soient entretenus avec soin. Situés sur le côté Est du Collège, ils en sont trop rapprochés, ce qui nuit à l'apparence de l'édifice principal. Je crois. que l'on songe à en construire de nouveaux en-piérre, pourvus de toutes les améliorations modernes, lesquelles permettraient de réduire le travail par un judicieux arrangement des bureaux, des places ct des abris pour les animaux, ainsi que des granges et des caves qui devront recevoir le fourrage, les racines, les produits de l’ensilage, etc. Tous les cultivateurs devraient savoir comment disposer commodément les bâtiments d’une ferme, et apprendre a épargner le travail et le temps, en prenant soin des animaux; ces deux. choses, de tait, dépendent l’une de l’autre, puisque l’une n’est pas possible sans l’autre. .
Un morceau de terre qui se trouve à l'ouest, entre le Collège et la ville de Guelph, me parait être le meilleur site que l’on put choisir pour les nouvelles constructions. Et comme il est assez probable que la valeur de la propriété augmentera dans cette localité, le gouvernement provincial ferait bien, il semble, d'acheter ce terrain pour y ériger les bâtiments en question.
Ja plus grande partie du soi de la ferme du Collège se compose d’une forte glaise ; à quelques endroits, d’une argile dure; propre au développement des betteraves, du maïs, du blé, et autres produits exigeant un terrain ferme. 1l y a aussi des sols plus légers, propres aux produits également plus légers, ce qui constitue la variété si utile dans une institution de ce genre. À quelque distance, sur la ferme, l’on a creusé un puits qui distri- Due à l’aide d’une pompe automatique que fait fonctionner un moulin à vent, de la fort bonne eau aux quatre différents champs dont les angles se touchent à ce point. Pour les fermes où l’on se livre à l'élevage des animaux, leau est l’article le plus important, après la nourriture, et l’on comprend toute la valeur de ce simple arrangement. ‘
L’ensilage se pratique dans une certaine mesure, au point de vue surtout des expériences; car ce système n'offre pas autant d'avantages qu'ailleurs, sur une ferme qui peut produire d’abondantes récoltes de racines. Jusqu’ici le professeur Brown n’est guère enthousiaste à ce: sujet, bien qu’il cultive avec grand succès le meilleur produit en vert pour les animaux—le maïs vert. Toutefois, l’ensilage trouve sa place dans l’économie de la ferme du Collège, et nous connaïîtrons. dans le cours de quelques années, la mesure exaîte de son utilité. Les produits de ce genre ne sont pas jugés jusqu’à présent du moins, propres à l’alimentation des vaches laitières, à moins que la quantité donnée ne soit modérée et qu’ils ne soient mélangés avec d'autre nourriture. En tous cas, l’on ne croït pas à Guelph qu’ils doivent finir par remplacer le fourrage, ni qu’ils puissent devenir ls principal aliment des animaux, en hiver, comme l'herbe en été; mais on admet qu’ils puissent étre substitués aux racines dans une certaine mesure et soient très utiles, à la condition de les mêler au fourrage sec. Le principal inconvénient est le soin extraordinaire qu’exigent ces produits pour leur conservation—soin beaucoup plus grand que ne demandent les racines ou le foin, et que la masse des cultivateurs ne leur donnera probablement pas, dans un jeune pays comme le Canaia, particulièrement,
Les variétés de bestiaux et de moutons sur la ferme du Collège à Guelph sont plus nombreuses qu'à tout autre établissement de n'importe quel pays. ‘On n’y compte pas moins de dix huit races de bétail et de moutons d’origine brilannique. Nombre de ces animaux sont de superbes spécimens de leur race respective, et plusieurs ont acquis même beaucoup de célébrité en Anwleterre. Le plus fameux des taureaux à courtes cornes est Rob Roy ” (45484), élevé par M. J. A. Gordon, à Udale, en Ecosse Cet.e splendide bête a un riche poil rouge, ses épaules magnifiques n’ont rien d’osseux, sa poitrine profonde se prolonge jusqu’au genou, son corps est grand, ses côtes bien tendues, ses reins puissants, ses quartiers de derrière bien remplis et bien proportionnés; enfin, c’est un animal dont la conformation se rapproche le plus de la perfection. Ce taureau n’a que quatre ans et pèse 2,380 livres ; il laissera sans doute sa marque dans le: développement de la race bovine d'Ontario. Il y a en outre “ Sir Leonard,” beau taureau rouan, élevè par M. Hugh Aylmer, de West Dereham, Norfolk, ainsi que plusieurs vaches et génistes à courtes cornes; l’une de ces dernières “ Baroness Wild Eyes ” au poil rouge et blanc est fort balle: clle a été élevée par M. Evans, de Uffington, Shrewsbury, et compte des ancètres d'un caractère très aristocratique.
On y voit encore plusieurs superbes Herefords, entre autres : “ Conqueror ” (7510) gros taureau élevé par M. Carwardine, de Stockton Bury. Get animal achelé de M. Tait, intendant de la Reine, provient de ‘“ Lord Wilion ” qui, à l’âge de onze ans, se vendit £1,000 ; “ Bluomer ” belle vache, élevée par M. Hill, de Church Stretton : ‘ Cronkhill Duchess 2e ” élevée par le même, et “ Sunflower ” élevée par Sa Majesté. Ces excellentes bêtes constituent la partie femelle des Herefords, et contribueront sans doute à améliorer la race dans Ontsrio.
Ün certain nombre de bêtes sans cornes de la rac: Aberdeen Angus, parmi iesquelles se trouve ** Kyma ” (4969) une graude et belle vache qui. n’a jamais eu d’égale en £cosse, forment en sus l’un des traits distincufs de ce département. Ortre que ces animäux sont dépourvus de cornes, ils fournissent d'excellente viande, et deviennent de plus en plus en faveur des deux côtés de l'Atlantique. 11 y à là aussi une autre vache fort remarquable de la même race dont elle possède les caractères bien connus, sauf que sa couleur est ’ouge au lieu d’être noire. Mais l’on dit que le rouge êtait la couleur primitive prédominante de la race ; et pourtant, cette vache, bien que rouge donne des veaux noirs lorsqu'on l’accouple avec un taureau noir, de sorte que sa couleur ne semblerait être qu’un cas remarquable de retour à un type disparu. Il y a là, en outre, plusieurs excellents ‘ Galloways” autre varieté du bétail noir écossais sans cornes.
Outre les races que je viens de mentionner, il y à des Ayshires, des Devons, des West Highlanders, des &ruernseys et des Jerseys ; on ne juge pas les races Flamandes et les Kerries aptes au climat du Éanada. Le bétail rouge sans cornes de Norfolk n’a pas de représentants; non plus, et Je crois que l’on ferait bien d'importer quelques spéciments de cette bonne race : son origine est inconnue, mais l’on suppose qu'il provient d'animaux importés à Norfolk il y a des siècles. Aujourd'hui, ce bétail est noir, mais si sa couleur primitive était le rouge, nous devons en conclure que les Norfolks en sont le produit et qu’ils ont conservé la nuance originelle que le bétail Angus Ecossais aurait perdue.
— Les diverses races de moutons et de bêtes bovines achetées pour la plupart le printemps dernier, en Angleterre et en Ecosse, par le professeur
. Browa, sont représentées par les Lincolns, les Gotswolds, les Leicesters, les Highlands, les Cheviots, à laine longue, et par les Uxfords, les Hampshires,-
les Shropshires et les Southdowns, à laine courte. Je suis d'avis que les moutons à laine courte finiront par s’accommoder mieux du ctimat que les moulons à laine’ longue ; il sera intéressant, en tous cas, de comparer les deux races au point de vue de leur amélioration ou de leur dégénérescence, suivant le cas. Quant à moi, je préfère les Southdowns, d’abord, puis les Hampshires ou les Shropshires.
Le Collège et la ferme d’expérimentation de Guelph sont maintenus par le gouvernement d'Ontario et font honneur à la Province.
‘ Le but principal de l'institution est, en premier lieu, de populariser la science agricole, et d'améliorer en outre les races des animaux domestiques. Ainsi, ies élèves ont le privilége de payer leur éducation et leur pension en travaillant sur la ferme, en prenant soin des animaux, en jardinant, etc, ce que d’énergiques jeunes gens peuvent faire, non seulement sans pré,udice, mais avec profit pour leurs études académiques. C'est là le vrai moyen de produire des cultivateurs instruits, en unissant la pratique à la science. J'ai plaisir à exprimer ma haute admiration pour le Collége de Guelph dont la grande valeur comme institution d'enseignement aura sans doute une heureuse influence sur l’agriculture du Canada, dans un avenir rapproché, et beaucoup plus encore à l'avenir. En ma qualité d'amateur de l’agriculture, profession la plus noble et la plus ancienne de l’homme, je félicite donc le gouvernement d'Ontario de la générosité avec laquelle il supporte le Collége agricole de Guelph.
L'agriculture est plus avancee dans Ontario-sud, que partout ailleurs, et pourrait soutenir assez avantageusement la comparaison avec celle des meilleurs comtés d'Angleterre, toutes choses égales d’ailleurs. Cette partie du pays n'est pas surpassée, et n’a peut-être même pas d’égale sur le continent américain, pour la fabrication du fromage, et il est possible qu’elle acquière la même habileté pour la confection du beurre. On est à établir une crêmerie sur la ferme du Collége, ce qui ajoutera berucoup de valeur à cette insutution. J'ai dit ailleurs que le Canada pourrait, selon moi, accaparer une bonne part du commerce de beurre, que l’on exporte aux Îndes en boîtes, commerce si profitable au Danemark, et le moyen d'y arriver, c'est de vulgariser la science de la fabrication des laitages, par l'établissement de crémeries. Dans un rapport précédent adressé au gouvernement fédéral, j'ai énoncé mes vues sur les produits de la laiterie en Canada, et comme ces opinions me paraissent aussi jucse en 1884 qu’elles pouvaient l'être en 1880, je me permettrai de les reproduire ic.
‘ Le laitier canadien est plus favorisé que son confrère anglais à plus d'un égard. Ainsi, par exemple, il peut produire, à un coût très modéré, beaucoup de fourrage pour la froide saison ; le trèfle et le mil viennent bien sur la plupart des terres d'Ontario, et il en serait de même je pense du raigrass, que l’on ne cultive guère, bien que sa culture püt, je crois, être avantageuse. Il est aussi évident, d’après ce que j'ai vu, que le cultivateur canadien peut récolter abondamment de rabioles, de betteraves, de carottes, de navets, etc. Or, voilà, après l’eau, ce que demande surtout l’exploitation de la laiterie. La rotation des récoltes est nécessaire pour redonner de la vigueur aux terres d'Ontario, fatiguées par la culture du blé, et ce système est également favorable aux laitages. Il est vrai qu'il y à peu de bons -paturages naturels dans la province, et je doute même qu'il s’en
“trouve ‘qui méritent ce nom, à notre point de vue (les meilleurs que j'aie vus à Ontario se trouvent dans le voisinage de Londres, sur la route de Hamilton); mais je le répète, Les trèfles, etc. poussent bien, et feraient d'excellents paturages pour un an ou deux; il ne s'agirait que de les faire se succèder régulièrement. Rien 4e plus facile, en outre, que de produire
une grande quantité de maïs que l’on coute en vert durant l'été lorsque les pâlurages manquent. On pourrait faire alterner les récoltes comme suit: 1. Blé ou avoine. 2. Racines et plantes. en vert. 3. Avoine ou orge; mêlée d'herbes artificielles. 4 5. et s'il y a lieu. 6. Ilerbes pour fourrages et pâturages. Celte rotation peut se varier à l'infini, et dans un pays où mexistent pas comme en Angleterre, des restrictions surannées sur le choix des semences, le cultivateur peut récolter ce qui lui convient. La pratique à Bow Park est de semer du maïs de l'ouest en épaisses files, de dix-huit à vingt pouces de distance, afin de permettre à la herse à cheval d'y passer jusqu’à ce que le maïs ait atteint la hauteur d’un pied ou plus Ce maïs croit rapidement et étouffe les mauvaises herbes qui poussent vigoureusement dans un sol aussi riche. Au Canada, comme en Angleterre, il est vrai que rien ne débarrasse mieux le sol des mauvaises herbes qu'une forte récolte de produits, quelsqu’ils soient. Si l’on a trop de ce maïs de l’ouest servi en vert aux animaux, le reste est coupé, mis en tas sur le champ, lorsque la feuille est encore verte, et le grain en lait, pour n'être apporté à l'étable, durant l'hiver, qu'à mesu’e qu’on en a besoin. On en fait ainsi du bon fourrage pour les animaux qui consomment tout, tiges, feuilles et épis. .Ce système pourrait s'appliquer à toute espèce d’autres récoltes en vert, c'est-à-dire que l’on pourrait faire &: fourrage pour l'hiver de ce qui ne sert pas en vert pour les animaux, où pratiquer l’ensilage.
“ Au Canada, de mème qu'aux Etats-Ums, l'on s’est plutôt occupé de la confection du fromage, que de la fabrication du beurre ; l’on a apporté dans cette première industrie plus d’habileté et de soin, de sorte qu’elle est plus avancée que lautre. Il est probable, toutefais, que le climat et le sol se prêtent mieux à la préparation du fromage qu’à celle du beurre: un climat humide, frais, des herbes naturelles, délicates et grasses, voilà ce qui parait le mieux convenir à la confection du beurre. Gcpendant, nous savons qu’en France, par exemple, il se fait d’excellent beurre là où la terre est presque toute en culture, et les animaux nourris presque entièrement avec des herbes artificielles, etc. On sait encore qu’un climat chaud favorise la transpiralion chez les vaches, comme chez tout autre animal, et qu’en conséquence, il s'échappe plus de graisse des tissus et que les glandes lactifères en roçoivent moins En tous cas, certains fromages du Can-da sont très bons, tandis que le bzurre est à peine de seconde classe. Il faut avouer, néanmoins, que si les fromages sont aussi bons, cela est dû à l’établissement de fabriques, il y a douze on quinze ans. Nous pourrions en dire autant des Etats-Unis dont les fromages—quelques-uns sont en moyenne fort bons, tandis que d’autres seraient jugés supérieurs partout étaient de qualité très inférieure avant l'établissement, par Jesse Williams, de la première fabrique de fromages, près de Rome, dans l'Etat de New-York. Il serait à propos de mentionner qu’à l'Exposition Internationale des produits de la laiterie tenue à New York, le fromage canadien a remporté la palme. Les fromageries sont déjà nombreuses au Canada, tandis qu'il n’y a encore que peu de crêmeries; c’est à dire que l’on s'occupe généralement de la fabrication du fromage, et que la confection du beurre ne se pratique que par certains individus. Ge qui explique pourquoi l'industrie d?s fromages est mieux comprise dans ses principes et ses méthodes, que celle -des beurres. Je dois av:uer, néanmoins, que j'ai vu du beurre en Canada qu’il serait difficile de surpasser dans nos expositions d'Irlande, et encore plus dans celles de Londres. La fromagerie la mieux organisée, la mieux outillée que j'aie vue en.Canada, appartient à M. Ballantyne, M. P. P.; elle est connue.sous le nom de fabrique Tavistôck, et’se trouve à quelques milles
de Stratford. Lors de ma visite, à la fin de septembre, l'on y recevait chaque jour environ 17,000 Ibs. de lait de près Je 1,000 vaches. M. Ballantyne entreprend de fabriquer le fromage à raison de 1} cents la livre, et l'article que j'ai vu était de très bonne qualité. La température de la fromagerie est maintenue à environ 809 pour les fromages de printemps, à 75% pour les fromages d'été, et à 65 pour les riches fromages d'automne. La quantité de sel employé est de 2 à 2% Ibs par 1,000 Ibs. de lait; plus le lait est caillé, moins l’on y met de sel.
‘# M. Ballantyne s'occupe depuis nombre d'années de la fabrication du fromage, de même que plusieurs autres distingués laitiers d'Ontario, et leurs travaux réunis ont beaucoup contribué à relever les fromages canadiens dans estime des acheteurs d'Angleterre. Autrefois, la fabrication du fromage en automne était difficile et incertaine dans Ontario ; le produit était venteux, poreux, et comme le petit lait n’en était toujours bien exprimé il en résultait un goût souvent désagréable. Depuis l’on a obvié à cet inconvénient en faisant murir le lait avant d’y ajouter la présure. M. Ballantyne après avoir étudié la question me disait: Le lait gardé une nuit durant en été n’est pas aussi froid qu’en automne, et se trouve dans un. ért plus naturel, car sa chaleur a produit les conditions les plus favorables àla fabrication du fromage; c’est-à-dire qu’elle l'a fait murir, puisque la chaleur, comme le temps, est nécessaire au développement de toutes choses. Ce monsieur prétend également que l’on ne peut fabriquer de fromage de qualité supérieure avec du lait chaud et frais, parce que ce lait n’est pas suffisamment muri. Il préfère donc, pour faire du fromage, qu'une moitié du lait soit vieille de douze heures, afin que son mélange avec le lait du matin, rende celui ci propre aux opérations. En été le lait du soir est assez vieux, mais 1} ne l’est pas assez en automne ; c’est pourquoi, le lait du matin et celui du soir.sont méêlés ensemble pour leur faire atteindre une température de 90© ou à peu près; puis on les laisse reposer äinsi pendant plusieurs heures avant d'y mêler la présure qui les fait cailler. Avec le degré de chaleur, la totalité du lait mürit, et La difficulté jadis si commune que l’on avait à surmonter, disparaît, le fromage d'automne avant toutes qualités qui caractérisent le fromage d'été et n’étant pas susceptible d’être affecté par la chaleur excessive de cette saison. En fait, le fromage d'automne est en somme, probablement le meilleur, bien qu’autrefois, il fut souvent, le plus mauvais. Le grand principe du système Cheddar, pou la fabrication des fromages—Jequel est peut-être le plus parfait au monde— consiste dans le procédé qui permet à la masse caséeuse de mûrir après sa séparation d'avec le petit lait, et avant qu’elle ne soit salée et soumise à l’action de la presse. Pour mürir, il faut tenir le caillé chaud et l’exposer à l'air. Mais il est bien connu, en appliquant même le système Cheddar, que le fromage d'automne ne müûrit pas comme celui de l'été, et M. Ballantyne attribue la choses au fait que le lait de la traite du soir en automne, n’a pas la chance de müûürir comme celui de l'été. J'ai constaté avec plaisir que le professeur Arnold, qui connait à fond le système Cheddar s’est appliqué à apprendre aux laitiers canadiens la manière de traiter le caillé flottant, c’est-à-dire en le tenant plus longtemps dans l'éclisse, et en rendant l’acidification plus forte, pour faire disparaître la couleur qui le distingue d'ordinaire. En général le lait est livré une fois par jour aux fabriques canadiennes, et les cultivateurs sont obligés sous peine de voir leur lait rejeté, de prendre soin de celui de la traite du soir, et de . le garder en bonne condition. Dans ces circonstances, le mouvement du trajet est censé être plus favorable que défavorable au lait.
“ Les vaches laitières do certaines parties d'Ontario pourraient soutenir assz avantageusement la comparaison avec celles de plusieurs endroits d'Angleterre, C’est le bétail à courtes cornes qui prédomine, et nous pouvons dire que l'amélioration des races lui est due, en général, là où elle se manifeste. Dans le superbe troupeau de bûtes bovines à courtes cornes que l’on voit à Bow Park, se trouve une collection d'animaux, qui, pour le nombre et la qualité, ne sont probablement pas surpassés ailleurs. Il est clair que le climat ot le sol du Canada sont propres au maintien de la pureté du sang et de la viguenr de ce bétail, qui, loin d'avoir dégénéré, parait, au contraire, s'être amélioré davantage encore au lointain Nord- Ouest. On compte sur la ferme environ trois cents animaux, lesquels constituent un troupeau qu'il vaut la peine, pour voir, de traverser l’Atlantique. J'ai passé trois jours à Bow Park, en la compagnie de mon digne ami, M. Clay, et J'aurais voulu y passer autant de semaines ou de mois pour me renseigner mieux sur le Compte du beau bétail à courtes cornes que j'at admiré là. Le Canada possède donc le plus nombreux troupeau de bétail pur sang sans cornes, et il devrait l’'employer à améliorer les races, dans le but de développer le commerce d'animaux gras qui se fait avec l'Angleterre. Mais M. Clay se plaint, et non sans raison, que les Américains savent mieux apprécier Le bon bétail que les Canadiens, et que la plupart de ses jeunes taureaux se vendent sur le marché des Etats-Umis. il n’en devrait pas être ainsi, et cela ne fait pas honneur au Canada.”
Comme je j'ai déjà dit, je rejoignis le parti des excursionnistes à Toronto, le 6 de septembre; de à nous nous rendimes à Owen Sound, port florissant du lac Huron, en passant à travers plus de cent milles d'une région riche et ondulée, propre à l'agriculture. À Owen Sound, l’on s’embarqua sur l'Alberta, l’un des trois puissants steamers placés dernièrement sur la ligne des lacs par la compagnie du chemin de fer Canadien du Pacifique. Ces vaisseaux, construits sur le C yde, traversèrent l'Atlantique, et se rendent en quarante heures à Port Arthur, au nord du lac Supérieur, et terminus oriental actuel de la division ouest de ce gigantesque réseau de chemins de fer. Le paysage sur les grands Lacs fut fort admiré par les excursionmistes qui firent nombre de croquis, et surtout du grand tableau volcanique de la Baie du Tonnerre. Ea mettant pied à terre à Port Arthur, les membres de l'Association Britannique s’élancèrent dans les bois à la recherche de spécimens botaniques, avec tout l’entrain de jeunes écoliers, et furent bien payés de leur promenade. Port Arthur est une ville prospère, fondée et alimentée principalement par la compagnie du chemin de ter du Paufique: il y a là un vaste élévateur à grains, de nombreux hotels, des magasins, des quais pour les vaisseaux, etc.
Le pays que traverse le chemin de fer de Port Arthur à Winnipeg est difficile, de mème que celui que devra parcourir la ligne entre Port Arhur et Ottawa. Il y a, cependant, des endroits le long de la route où la culture se fait sur d'assez bonnes terres, et ce territoire immense sera occupé par l’excédant des mithons d'habitants qui finira par déborder du Nord-Ouest. Les emp'oyés de chemin de fer et leurs familles s'occupent à défricher le sol, et ont trouvé jusqu'ici à écouier avantageusement leurs produits. Ges commenceinents de culture formeront le noyau des popufations agri-oles de l'avenir que le chemin de fer favorisera, et de cette façon l'œuvre de la colomsation avancera d'année en année. A certains endroits, le paysage est splendide, et le lac des Bois, nappe d'eau qui s’élend sur un espace de quatre-vingt dix milles, et qui renferme d’innombrables iles, péninsules, promontoires, etc., laisse pressentir qu’il deviendra le Saratoga du Canada, et est l’un des plus beayx endroits du continent
américain. Au point de vue Ce la géologio at de la botanique, cette localité est ès intéressante, de mème que les grandes richesses minérales et forestières de la vaste contrée qui se développe au nord d'Ontario où passera le chemin de fer, donneront des revenus considérables à l'avenir. Au lac des Bois, près de la ville de Portage du Rat, nous avons visité un intéressant coin de lerre géologique où se rencontrent les deux systèmes Laurentien et Huronien, dont les roches surgissent à la surface du sol. Nous avons brisé des fragments de ces roches dont l'un se trouve même à mes côtés au moment où j'écris.
Le convoi qui fit le trajet de Port Arthur aux Montagnes Rocheuses, aller et retour, et qui fut mis si somptueusement à la disposition de 1A’ss0ciation Britannique, était sous la direction personnelle de M. Egan, gérant de cette partie de la ligne du Pacifique, et officier des plus courtois. Ce train cst l’un des meilleurs et probablement des plus beaux qui ait jamais été formé dans aucun pays: il se composait de cing superbes chars Pullman neufs, du coût de $15,000 chacun. Ces chars n'étaient pas trop voyants, comme certains Pullmans américains, mais richement ornés tout de même et solidement construits. Jour et nuit, nous avons voyagé dans ces splendides voitures, avec tout le luxe et tout le confort possibles, sans éprouver la moindre fatigue. Ces chars appartiennent à la compagrie du chemin de fer Au Pacfique, et la compagnie Pullman n’exerce aucun contrôle sur eux, Lorsque le train roulait à travers la vaste prairie, nous nous y reposions assis ou couchés luxueusement, ou bien encore, nous l'arpentions d’un bout à l'autre, pour nous dégourdir ou voir nos amis, selon notre bon plaisir. Il est de fait que ce voyage ne nous a offert que du plaisir et de l'intérêt : aussi, est-il l’un des plus mémorables que nous ayons fait. :
Le chemin a été construit dans la prairie, avec une vitesse sans égale. Aux endroits les plus propices, l’on a posé les liss:s sur une longueur de trois, quatre et même six ou sept milles par jour. La manière de procéder est d'ouvrir une large tranchée des deux côtés de la voie, d’y jeter de ia terre au milieu, de la niveler, puis d'y poser les traverses. Ce genre de construction peut sembler imparfait à un Anglais, mais je puis assurer que les convois les plus lourds roulent sur celte voie er toute sureté et à grande vitesse. Sans doute que le chemin sera plus solide encore après deux ou trois ans de service: mais tel qu’il est, ce chemin est excellent, bien ballasté et en très bonne condition. Ces observations s'appliquent à cette
artie de fa ligne située à l’ouest de Winnipeg, jusqu'aux Montagnes ocheuses, et construite par la compagnie. A l’est de Winnipeg, la ligne fut bâtie par d’autres, et finalement transférée à la compagnie qui la aracheva. La contrée que traverse cette dernière section est difficile; il a fallu faire des ponts et des terrassements peu solides sur un sol dangereux. Toutefois, aux points faibles l’on est à faire des terrassements en granit, de même que !’on s'occupe de combler avec de durs matériaux les ravins sur lesquels avaient été suspendus des ponts ; de sorte que la route sera bientôt, dans un état satisfaisant. Jusqu'ici, cette section à été un fardeau pour la compagnie et continuera de l’être quelque temps encore; mais le poids - devient de plus en plus léger, et finira par ne plus se faire sentir. IÎlya heureusement abondance de granit le long de la route, et l’on s’en sert pour raffermir les terrassements et le substituer aux ponts à charpeutesde bois. C'est dans le voisinage des lacs dont les eaux imprègnent le sous-sol, insuffisamment protégé par les terrassements ou les fondauons que se trouvent les points faibes. Ailleurs, et sur sa plus grande étendue le chemin est assez bon, et l'on peut prévoir le jour peu éloigné où le reste
sera également bien terminé, A tout &vènoment, nous y avons passé heu- Feusoment, et nous pouvons conséquemment en parler avec connaissance o cause.
La province de Manitoba, si bion connue en Europe, sort actuellement de la période de dépression causée par la fièvre de la spéculation sur les propriétés foncières. C'est là une bulle de savon que devait crever l’ouverture du vaste territoire de l'ouest par le chemin de fer du Pacifique canadien. La terre a repris sa valeur légitime et intrinsèque : elle est peutêtre descendue plus bas que ce niveau par le temps qui court. Néanmoins, la confiance qui aurait jamais dû s’effacer autant qu’il y a un an reparait aujourd'hui, et le progrès va marcher régulièrement. Le temps est donc venu d'y émigrer. La province qui a été fort agrandie dernièrement compte 123,200 milles carrés. C’est l’une des cinq provinces du Nord- Ouest, les autres étant: Assiniboïa, comprenant 965,000 milles carrés; Alberta, comprenant 100,000 milles carées ; Saskatchewan, comprenant 114,000 milles carrés, et Athabasca, comprenant 122,000 milles carrés. Manitoba aurait ainsi 473,088,000 âcres dont une étendue considérable est submergée. Dans plusieurs parties de la province le sol est d’une richesse supérieure et produit en abondance le blé, l'orge, l’avoine, les navets, les pommes de terre, les car rottes, les oignons, etc, etc. Le blé surtout est de qualité supérieure, dur, sec, et fort recherché par les meuniers américains pour améliorer les variétés plus tendres des régions méridinnales. Il est au sujet du Nord-Ouest un principe naturel important dont il faut se souvenir : c’est que le blé croit d’une manière qui se rapproche autant que possible de la perfection, à la limite nord de sa production facile. Voilà qui nous dit que le Nord-Ouect est probablement le meilleur pays à blé de l'univers entier—meilleur en tous cas, que n’importe quelle région des Etats Unis, car l'Alaska se trouve au-delà des bornes où le blé peut se cultiver avec succès. Les labours d'automne pour le blé se font aussi longtemns que possible, et il ne faut pas oublier que les rigoureux hivers du Canada sident beaucoup au cultivateur en pulvérisant, en amaublissant le sol; ce qui rend facile et prompte le travail de promener la herse sur un champ labouré l'automne, après les semences.
On remarque ici et là dans Manitoba d'excellentes terres marécageuses qui seraient très propres à la culture, après avoir été drainéés : ailleurs, le sol est plus léger, parfois impossible à exploiter; en d’autres lieux, le terrain renferme de l’alkali, lequel nuit à la croissance des plantes et des herbes, durant les premières années de culture.
Le bois et l’eau sont très inégalement distribués: généralement on les trouve ensemble, Toutefois, l'on peut se procurer aisement de l’eau en creusant des puits et des pompes mues par des moulins à vent seraient très utiles aux cultivateurs de Manitoba. L'eau est quelquefois conservée dans des auges où s’abreuvent les animaux, et des bassins taillés dans la glaise de la prairie servent aussi fort bien de réservoirs. Il est à peu près certain que des réservoirs, semblables à ceux que nous avons sur les collines du Derbyshire, recouverts d’abord d’üne couche de ciment, puis d’une couche de glaise délayée et fortement battue, de quatre pouces d'épaisseur, et suffi. samment protégés par des pierres bien empilées, répondraient aux besoins du Canada. ”
Il y a sans doute des arbres dans les prairiès, mais on les trouve particulièrement sur les bords des rivières et sur les terres marécageuses. Là où le feu a rencontré des barrières naturelles, sous forme de rivières et de marais, par exemple, nous y voyons l2 plus souvent des arbres: surtout, sur les rives orientales des cours d'eaux, lesquelles offrent un obstacle aux .
ineondies que propagent les vents de l'ouest. A divers ondroils, lo long de Ja route qui nous conduit à travers le Nord-Ouest, à la l'erme Bell, an Portage la Prairie, et ailleurs, des arbres qui ont été plaulés croissent ci et là. Je gouvernement devrait encourager la plantation des arbres en accordant des subventions ou des récompenses ; car, outre que les arbres favorisent les pluios, ils fournissent du combustible, donnent de labri et rien ne pourrait mieux orner les vastes plaines. En fait, les arbres sont les plus
eaux ornements naturels d'un pays, sans en excepter même l’eau et les montagnes, et contribueraient à embellir lexisionce de l’homme dans la prairie.
La fertilité du sol au point de vue de la production des céréales est probablement la mesure de sa valeur, à Manitoba et au Nord-Ouest en général, et le sera vraisemblablement encore pendant longtemps, cor cette région est appe'ée à devenir le grenier principal du continent américain. Mais il n’en resle pas moins vrai que son aptitude à produire d'excellentes récoltes de racines et de vert, constilue un important agent qui sera fort utilisé à l'avenir. Un pays qui ne produit que du grain est une anomalie agricole qui ne peut durer, et c’est un fait de la plus haute importance que ce vaste territoire puisse produire tout ce qui assure le parfait bien-être de l'homme et de la brute. Les bestiaux, les chevaux, les cochons ct les volailles sont nécessaires au confort de l'hemme dans toutes les sociétes agricol?s; on pourrait en dire autant des moutons. Mais l’élève de tous ces animaux exige des conditions plus ou moins variées, sous forme d’abri et de nourriture, qui cessent d'avoir leur raison d’être, lorsque la terre n’est exploitée que pour la culture des céréales. Les animaux domestiques se multiplizront au Nord Ouest, à mesure qu’on leur assurera de l’abri, de l'eau et des aliments convenables, ce qui se fera avec le temps. Au pied des Montagnes Rocheuses, la chose se fera plus vite, car il y a là de riches paturages nalurels, un bon approvisionnement d’eau à peu près partout, tandis que les collines ct les vallées protègent les animaux contre les intempéries des saisons. :
Nous avons traversé la province d’Assiniboïa comprenant 95,000 milles carrés, et la province d’Alberta, comprenant 100,000 milles carrés dont la moitié, dit on, est propre à l’agriculture. Sur plusieurs des fermes expérimentales établies par la compgnie du chemin de fer du Pacifique Canadien, nous avons pu voir aussi d s céréales, des racines et des plantes potagères croissant à merveille sur le sol vierge de la prairie. Ce sol, qui se compose en partie de glaise brune, de riche marne et ile sahle léger, offie un champ varié à l’agriculture. Mais le plus beau pays est celui qui se développe entre Calgary et le versant des Montagnes Rocheuses. Cest la grat de région des ranchss, et nous y avons vu nombre de bestiaux errant dans les pâturages de cette contrée ondulée qui s'étend sur une vaste distance au nord et au sud du chemin de fer. Il faut admettre que ce pays présente d'importants avantages pour l’élèv: des animaux; car, la ligne isotherme se prolongeant dans la.direction nord ouest, le climat des Montagnes Rocheuses est même bon à un dégré de latitude où l’on ne verrail que désolation à l'extrémité orientale du Canada. A cinq nulle pieds au dessus du niveau de la mer, sur les Montagnes Rocheuses, l'air etait si doux que nous pouvions nous dispenser d’un pardessus, même à cinq heures du mati1, bien que nous eussions gravi ces hauteurs la veille, av milieu d’une tempête de neige. Au delà de ce point, le plus élevé qu’alteigne le chemin de fer à la Passe du Cheval qui Rue, d'innombrables pics neigeux se dressent à une hauteur de dix ou douze mille pieds, ce qui fomne un spectacle aussi grand que sublime et qui vaut bien la peine de
pi
arcourir mille milles de la prairie, pour le sontempler. fies pins splen-
ides qui ornent les montagnes surgissent do ces pics ot so courbont sous lo poids des glaces et des neiges éterne'les qui les recouvrent. 1l y a là tout co qu'il faut pour intéresser les amateurs de botanique et de géologie. Après avoir passé une journéo dans les escarpoments et les ravins de la Colombie Britannique, nous étions au terme de notre vyage, et prêts à revenir en emportants des spécimens de rorhes, de fougères et autres plantes, y compris même le grosciller sauvage qui pousse à peu de distance du niveau des neiges.
Le versant oricntal des Montagnes Rocheuses, et les prairies avoisinantes, devront retentir bientôt des mugissements des hestiaux et des bêlements des moutons, lesquels se font déjà entendre à certains endroits. Cette contrée deviendra, en fait, l’une des lus importantes du contineut américain, pour l'élevage des animaux. Mais les ranch’s sont actuellement soumis à divers inconvénients, et ne peuvent prospérer que sous la surveillance personnelle des intéressés. Les employés, les serviteurs sont portés à ne pas faire plus que ce pour quoi 1ls se considèrent p' yés, et les propriétaires absents ne paraissent guère réussir. Ainsi, par exemple, à l’époque où l’on étampe les animaux, il s'égare beaucoup de veaux que racolent les gardiens les plus vigilants ; car, jusqu’à ce qu’il soit marqué, qui peut dire quel est le propriétaire de ce bétail qui erre sur des millions d’âcres de terre. D'un autre côté, les animaux qae l'hiver surprend dans une mauvaise condition sont exposés à périr de froid, s'ils ne sont pas soigneusement nourris et abrités. La compagnie du Ranche Cockrane a perdu durant l'un de ces derniers hivers beaucoup de têtes du bétail qu'elle avait acheté au Montana et qui avait souffert de la marche qu’il avait du faire. Toutefois, l’on m'assure que le bétail bien portant au commencement de l’hiver supporte le froid aisément et ne pord rien de sa graisse jusqu’à une date fort éloignée de Noël. L’'herbe, l’eau, le fourrage pour les saisons rigou reuses, ét l'abri, naturel et artificiel, sont indispensables au succès d'un ranche. La rigueur des hivers varie, de sorte qu'il est impossible de calculer juste ce qu’il faudra, au point de vue de la nourriture et de labri, pour les animaux ; mais le plus sûr est de parer à toute éventualité, en supposant un hiver hatif et un printemps tardif. On voit combien la présence du propriétaire est nécessaire sur un ranche.
J'apprends de bonne source que la culture des racines et des avoines n’exige que très peu de frais, et que même le maïs et les céréales poussent fort bien sur le sol qui, dans son état naturel, peut paraître stérile. Les propriétaires de ranches comptent beaucoup sur le foin qui ne requiert aucun soin et qui se consomme sur place; c'est aussi là ce qui distingue l'herbe indigène, pourvu que les gelées ne l’atteignent pas. En général, les bestiaux se nourrissent de ce foin durant l'hiver, car le vent ne le fait pas d’ordinaire disparaitre sous la neigz. Mais, dans le cas contraire, et lorsque la neige se durcit au point de résister à l’action du vent, les animaux courrent le risque de périr de faim, et voilà pourquoi, un approvisionnement de fourrage est s1 nécessaire et si avantageux. L'exploitation de la laiterie, en rapport plus ou moins direct avec celle des ranches, surgira probablement à Alberta, qui, on l’assure et non sans raison je crois, possède les qualités naturelles essentielles à cette industrie. Un jeune anglais qui se livre deprus deux ans à l'élevage des animaux m'a déclaré qu’il songeait à former un troupeau de vaches laitières pour le louer à un laitier qui lui donnerait la moitié du profit des vaches. Cela, toutefois, demande que l'on clôture les terres, que l’on érige des hâtiments, que l’on so fasse une provision de fourrage, eë& l'exploitation ne pourra devewir
géndrals d'ici à longtemps. IL est remarquable, en tous ças, que paretlle dée ait pu déjà germer dans le voisinage des Montagnes Rocheuses, et le fait démontre combien les événements vont vite dans cette contrée depuis la construction dn chemin de fer.
Nous savons que de vastes gisements de charbon se trouvent à certains endroits du Nord-Ouest, et il y a tout lieu de supposer que l'on en découvrira en maints autres lieux. Sur quelques unes des rives de la rivière, la houille apparait à Ja surface, en veines de plusieurs pieds d'épaisseur, et nous avons apporté avec nous des spécimens de charbon qui nous parut excellent, tiré des mines de la région de Medecine Hat. Nous avons vu, à Langevin, situé à 30 milles à l’ouest de Medecine Hat, et à 695 milles à l’ouest de Winnipeg, un puits de pétrole qui faisait alors mouvoir un engin de la force de dix chevaux: on avait frappé la veine du gaz à 80 pieds de profondeur, en creusant un puits, et l'on utilise maintenant ce gaz pour creuser un autre puits. Il est impossible de dire ce que recèle cette terre des merveilles.
Nous nous sommes arrêtés quelques heures à Indian Head, situé dans la province d’Assiniboïa, à 312 milles à l’ouest de Winnipeg, pour y voir la fameuse ‘ Ferme Bell ” qui porte le nom du Major Bell, son gérant. Cette immense exploitation se relie au système d'opérations de la “* Qu’Appelle Farming Co.” et a été établie pour démontrer ce que peut produire cette partie du grend Nord Ouest. La ferme couvre une étendue de quinze milles carrés, soit 57,600 âcres, en chiffres ronds, et d’après le Major Bell, 58,000 âcres. Nous étions là le 14 septembre, au milieu de la récolte qui s’est faite, cette année, beaucoup plus tard que d'habitude; car elle se fait généralement à la mi-août. Malheureusement, c'était un dimanche, ce qui ne nous a pas permis de voir les travailleurs à l’œuvre ; mais le Major Bell nous attendait à la station avec une file de voitures pour nous mener sur la gigantesque ferme. Cette procession d’une vingtaine de véhicules à travers de vastes champs de grain ondulant sous la brise, produisait un intéressant spectacle. TL y avait sur la ferme quarante-cinq moissonneuses et lieuses pouvant passer au besoin sur 800 âcres par jour, et une grande partie du grain était déjà coupée. Bien que les opérations ne fussent commencées qu'au printemps de 1882, l’on avait mis en culture, cette année, à peu près 7,000 âcres semés en blé, avoine,etlin. L'an prochain, l’on cultivera 14,000 âcres, et lors de notre visite, une bonne partie des travaux de labourage étaient déjà faits. La ferme toute entière sera ainsi exploitée. Nous v avons compté de 190 à 200 chevaux qui étaient alors employés à la récolte et qui feront les labours des 14,000 âcres pour la saison de 1885. Aussitôt que le grain est coupé, les machines à battre, mues par des engins brulant de la paille, sont mises en mouvement. D.s hangars en bois sont érigés ci et là, et deux machines à battre fonctionnent à chacun d'eux, jusqu’à ce qu'ils soient pleius de grain. Nous en avons vu huit de ces machines, de sorte que quatre hangars étaient remplis simultanément; elles vont d'un hangar à un autre, jusqu’à ce que le battage soit fini,
Le cultivateur anglais pourra trouver étrange que le grain soit battu sur le champ, en gerbes, et emmagasiné de suite: mais le blé du Nord- Ouest est si dur e. si sec, que l’opération ne présente aucun danger: de fait, il est assez sec pour être alors moulu. Comme il s’agit de battre le grain le plus tôt possible, et que la paille n'a aucune valeur, on comprend * l'utulité de ces hangars où Le grain est en sureté jusqu'à ce qu'il soit mis à bord des chars durant l'hiver,
Le grain est semé par des puissantes machines à raison de 14 mimets le blé, et de 24 minots d'avoine, par âcre. Outre le personnel permanent, l'on y emploie des surnuméraires du printemps à l'automne. De soixante à soixante-dix hommes y travaillent toute l’année, et ce nombre est donblé durant la saison des travaux. Les journaliers gagnent $30 par mois, et les surveillants 840, soit, £6 et £8 respectivement. Le principal surveillant reçoit $50 par mois, avec le logement et la pension en pius. D'abord Le blé est semé sur le sol labouré une seule fois seulement et non “ retourné, comme ce:a se pratiquait autrefois dans la prairie. Le déchaunage suffit donc pour la première récolte: le rendement est ass*z fort pour ne pas exiger, en effet, un second labour. Autant que possible ce premier labour se fait en automne, et tout le grain est semé au printemps ; car dans la prairie, il n’est pas à propos de semer du blé à l'automne. Après que le grain a été jeté en terre, l’on se sert d'une herse à mouvement circulaire pour briser les mottes, puis l’on fait ensuite passer deux fois la herse ordinaire sur le terrain. La herse à mouvement circulaire dont je parle icrest un excellent briseur de mottes, et l’on commence à l'utiliser dans l’agriculture anglaise. Le blé rouge Fife est la seule variété qui soit cultivée, et l'on sème du grain recueilli sur la ferme. On a évalué le rendement à 20 et 25 minots par âcre : l’an dernier, le rendement fut de 20 minotset le coût de production s’est élevé, en tout, à 37 cents le minot. Cette année, l’on ne croit pas que le coût excède 32 ou 33 cents le minot.
Le Major Bell nous a fait l'étonnante déclaration qui suit: je puis livrer du blé à Liverpool, après avoir payé huit pour cent sur le capital, et au taux actuel de transport à raison de 20 s. Le quart. Cela représente 2 s. 6 d le minot, et s’il est vrai que le coût de production n’est que de 3? cents, soit 1. s. 4. d. le minot, il resterait encore 1 s. ? d. pour payer le fret et les autres charges, de sorte qu’il semble possible de livrer du blé en Angleterre, pour 20 s. le quart. Je donne ce renseignement pour ce qu’il vaut, sans en prendre la responsabilité.
La condition des champs, telle que nous l'avons vue, promettait eertainement de fournir le rendement de 20 à 25 minots de blé par âcre, suivant les calculs du Major Bell, et à certains endroits ce rendement devait donner, selon moi, 40 minots. Les tiges rejetonnent comme nulle part ailleurs, et j'ai ici, une racine arrachée par moi et d'où s’échappent 31 rejetons. J'aurais pu sans doute en trouver de plus prolifiques encore, si j'en eusse cherché.
On a essayé cette année, la culture du lin sur une terre labourés trop tard pour le blé ou l’avoine, et les 400 âcres de lin que nous avons vus, murissaient fort bien et promettaient un très bon rendement.
Cette vaste ferme est subdivisée en terres de 200 âcres, chacune d'elles ayant ses bâtiments pour les surveillants, les journaliers et les chevaux, ainsi que ses jardins et autres dépendances. Les ordres leur sont communiqués par le téléphone de la maison du Major Bell, ce qui épargne du temps. Les t2rres sont ainsi divisées pour la convenance des acheteurs, et il est probable que ceux qur ont des capitaux préfèreront les placer sur un sol cultivé que sur la prairie inculte. Voilà ee à q oi aboutira vraisembla. blement l’entreprise du Major Bell.
Le Major Bell m'a assuré que les profits étaient de 20 à 30 pour cent sur le capital versé ; mais c’est là une question sur laquelle je ne puis évidemment exprimer une opinion personnelle. La ferme est exploitée le plus activement possible, et rien n’est négligé pour faire rapporter le plus à la terre et au travail. Si l’on se rappelle qu'il s’agit d’un sol vierge. il sera intéressant d'apprendre que le Major Bell à institué un système de
déchaumage durant l'été sur Les parties qui sont en culture depuis le plus long temps. Il entend déchaumer un tiers du terrain chique année, et il prétend qu’il retirera par là autant de bénéfices des deux autres tiers que e lui en rapporterait le tout autrement. De la sagesse de cette pratique, je n'ai aucun doute, surtout dans un pays où il ne saurait être question de fumure, ou à peu près.
Le Major Bell possède évidemment le talent nécessaire pour diriger
cette grande exploitation avec énergie. Il élabore aussi ses plans d’après les principes de l’économie, ses employés ne perdent guère de temps en courses sur la ferme, et il vise au profit et à l'efficacité du service D’un autre côté, il s'occupe de l’ornementation de la ferme sur laquelle il a planté des arbres sur une étendue de vingt cinq milles, à vingt pieds de distance les uns des autres, et au coût de $26 par mille. Ce sont des peupliers hauts de huit ou dix pieds, et qui ne coûtent que dix cents’chaque. Sur ce point, le Major Bell ionne un exemple qu’on ne saurait trop louer ou imiter. Que la Ferme Bell soit en somme ce que devraient être les meilleures exploitations rura'es au Nord Ouest, c'est ce que le temps seul nous dira et ce sur quoi je ne veux pas me prononcer. J’avoue cependant, que c’est une entreprise agricole härdie, bien propre à nous fourmr de fort importantes données sur la grande culture dans les prairies. Comme les prix du blé resteront probablement peu élevés d'ici à quelque temps, il est possible que ce genre de culture se developpe au Nord-Ouest. En tous cas, c’est à la Ferme Bell que doit son existence la ville de Indian Head, qui compte une église et une école, des hotels, des écuries de louage, etc. t- Je suis d'avis que le Nord-Ouest du Canada offre de l’avenir aux jeunes gens de bonne conduite, sains, sobres, et industrieux. Il n’est pas nécessaire que le colon connaisse à fonds les procédés de la culture anglaise dans le Nord Ouest. où les travaux sout du caractère le plus simple possible. Les capitaux sont très utiles dans l’agriculture canadienne et rapportent plus qu’en Angleterre, lorsqu'ils sont aux mains de gens qui savent s’en servir. Ceux-là même cependant qui ont du capital et de l’expérience dans la culture anglaïse feront bien de ne pas se livrer de suite à l’agriculture, à leur propre compte, mais de se mettre au service de quelque culti. vateur pour s'instruire et se gagner de l'argent au préalable. Il est un vieil adage qui dit qu’un homme doit payer pour ce qu'il apprend : mais il s'applique pas au Canada où l’on pair un homme à qui l’on enseigne, loin de payer lui-même. On ferait bien également de visiter le pays dans toutes les direchons avant de planter sa tente. Là où le territoire est si vaste, rien n’oblige à prendre le premier lot que l’on rencontre. Le colon qui débute au Nord-Ouest doit se résigner d'avance à ce qui pourrait lui manquer de coufort, pendant un certain temps, Jusqu'à ce que ses arrangements domestiques, par exemple, soient terminees, ce qui devrait être l'œuvre de la femme. Il doit aussi être prêt à travailler fort, à vivre sobrement et à ne voir relativement que peu de monde. Les famnéants n'ont que faire d’aller dans ce pays là. .
Au dépañt, nous nous étions confiés aux soins et à la direction de sir Richard Temple, qui sut gagner nos sympathies par son amabulité et son obligeance, et dont nous nous sommes séparés qu'avec regret. Le plus remarquable peut-être des membres du part d’excursionmistes, était le Dr. W.-B. Cheadle, M. D., qui, il y a vingt ans, voyageait en compagnie du Vicomte Milton, M. P., à travers les territoires du Nord Ouest, et pénétrait dans la Colombie Britannique par la voie des Montagnes Rocheuses. Tout le monde a lu ou devrait lire l'ouvrage inutulé: “ The North West Passage py lana” Ce livre, qui contient le récit des aventures de ces deux khardis
voyageurs, est l'un des plus intéressants qui soit écrit en langue anglaise. J'ai eu la bonne fortune de me trouver dans le même wagon que le Dr Cheadle durant le trajet et ce monsieur nous a donné beaucoup de renseignements intéres-ants sur le prys situé au nord. La contrée de la Saskat+ chewan du Nord, est, de l'avis du Dr Cheadle, le grenier du Nord-Ouest, au point de vue de la beauté naturelle et de l'excellence du sol. Là, se trouve un immens* pays, bien boisé, bien arrosé, onduleux, semé de collines ici el là, fertile et possédant de r ches paturages niturels. Bien protégé par les accidents du terrain et les arbres, il devrait être l’un des plus propres à l'élevage des animaux, et attirer une grande partie de l’émigraton qui se dirige et qui continuera de se déverser au Nord Ouest. Le Dr Chsadle m'a informé que lorsqu'il passa l'hiver dans la vallée de la Saska'ch-wan, avec Lord Milton, iéurs chevaux fatigués engraissèrent durant la froide saison, bien qu'ils dûssent se nourrir de ce qu’ils pouvaient trouver ; au printernps. ils étaient même dans une excellente condition. Les réflexions et les réminiscences du Dr Cheadle devaient être bien intéres sant: s alors qu’il franchissait avec nous, dans un convoi de chemin de fer, ces prairies et ces moutagnes qu'il avait eu jadis tant de peine à traverser. Il fant attribuer dans une grande mesure aux révélations de l'ouvrage du Dr Cheadle et de Lord Milton sur les territoires du Nord Onest l’action du gouvernement du Canada qui, après avoir ouvert les réserves de la compagnie de La Baie d'Hudson, réunit le pays à la conf dérauon politique et commerciale des autres provinces du Canada.
Nous devons attribuer une grande parlie du succès et du plaisir de notre voyage à la présence du Professeur Macoun, attaché au bureau Géologique canadien, et qui ñe laissa pas de nous renseigner. Ce monsieur est botaniste d: profession, mais personne probablement ne connait mieux que lui le climat, le sol, la faune et la flore des territoires du Nord-Ouest. Dans son intéressant livre intitulé : ‘ Manitoba et le Grand Nord-Ouest ” je trouve quantité de renseignements précis sur l'élevage des animaux. Ïl dit entre autres choses : * Les naturalistes savent que les animaux engraissent plus dans les régions froides que dans les pays chauds. De fait, l’état normal des animaux du mord est d’être gras, lorsqu'ils sont en bonne santé. J'ai déjà prouvé qué le climat contribuait non seulement à épaissir la robe de l’animal, mais à lengraisser, et c’est ce qu’a démontré l’importation du bétail du Texas dans le Montana, lequel engraissait plus sur les plaines de ce territoire, durant l’hiver, que dans son propre pays, en été.” Cela est vrai sans doute, mais c’est un principe don l'application est limitée.
.… Voici ce que nous lisons à la page 167-8 de la sixième édition du livre ci-haut cité du Dr Cheadle, au sujet des chevaux: * Nous nous préparâmes alors à quitter nos quartiers d'hiver. Il s'agissait tout d'abord de trouver nos chevaux que nous avions lâchés au début de l'hiver. Nous les avions vus, ou nous avions signalé leur passage de temps à autre, et nous savions dans quelle direction ils étaient allés. La Ronde les suivil à la piste sans difficulté et les aperçut à huit ou dix milles de distance. Nous fûmes fort surpris de les trouver en si bonne condition, en les ramenant à La Belle Prairie. Bien qu'ils eussent été fort maiyres quand la neige avait commencé à tomber, ils étaient devenus de vraies boule de graisse, et aussi alertes que s'ils eussent été nourris de maïs; Ce qui estexhaorainaire pour des chevaux sauvages, La pâture est si nournisante, que même en hiver, où ils ont à chercher leur nourriture sous la neige, les animaux eng'aissent rapidement, pourvu qu'ils trouvent des bois où s’abriter contre les rigueurs de la température. À n'est pas de chevaux plus durs au travail ot plus
résistants que soux de ce pays, bien qu'ils n'aient pour toute nourriture, que l’herbe des prairies et les vesces des taillis. Les vaches laitières et les bœufs de trait, près de la rivière Rouge, sont dans une condition presque aussi belle que celle du bétail nourri dans les étables et amené à l’exposition de Baker Street” La région située entre la rivière Bataille et la Saskatchewan ; lat. 53, long. 112 et 113, est désignée sur la carte du Dr Cheaûle, comme possédant * un sol riche et de beaux paturages”
Plusieurs villes prospères surgissent sur la ligne du Pocfique. Ainsi, ‘ par exemple, je signalerai Portage la Prairie, localité importante située au centre de la région qui produit le plus de grain à Manitoba, et qui possède des élévateurs, des moulins à farines, des fabriques de papier, de biscuits, des hôtels, et d’autres édifices bien construits, avec une population d'environ 4,000 âmes. La ville de Brandon, située à 133 milles à l'ouest de Winnipeg est aussi florissante : elle a son maire, sa municipalité et une population de plus de 3,000 âmes, bien que son existence ne date que de trois ou quatre ans. Elle occupe un beau site dans la vallée de l’Assiniboine et compte quatre grands élévateurs à grain. A ces deux endroits, nous avons reçu des adresses et l'hospitalité des citoyens: nous sommes arrivés au premier au milieu de la nuit, et au dernier, de bonne heure le matin. Les villes de Virden, Moosomin, Broadview, Indian Head, Qu’Appelle, Regina, Moose Jaw, Medecine Hat et Calgary, en sont à leur début, et représentent déjà des centres de commerce importants.
Toutefois, Winnipeg, est la capitale politique et commerciale de Manitoba, le grand centre de distribution pour tout le pays qui se développe entre la Rivière Rouge et les Montagnes Rocheuses. En 1870, ce n'était qu'un hameau, ayant une population de 250 âmes ; en 1874, eut lieu son organi-ation en mumicipalité, avec un rôle d'évaluation de $2.,076,018 ; en 1882, on lui attribuait une population de 25,000 habitants, avec un rôle d'évaluation de $30,432,270, et aujourd’hui, la population est d'environ 30,000 âmes. Les rues de Winnipeg sont larges, bien tracées, garnies de beaux magasins, de jolies résidences et édifices publics. La ville est aussi éclairée au gaz et var l’électricité : de fait, ses habitants y jouiss! nt de tous les avantages et de tout le confort des vieilles cités. Les bureaux et entre-
Ôts de la division occidentale de la compagnie du chemin de fer du acifique Canadien sont également à Winnipeg où une belle station a été
eonstruite.
SYSTÉME P'ARPENTASE
Le Nord-Ouest Canadien est divisé en cantons ou townships mesurant six milles carrés chacun, contenant trente six sections de 640 acres, chacune, lesquelles sont subdivisées en quarts d2 sections de 160 acres. Ïl est fait une réserve pour les chemins de la largeur d’une chaine, sur chaque ligne de section allant au nord et au sud, et sur chaque deuxième ligne de section allant à l’est et à l’ouest. Le diagramme suivant indique la division des : townships avec le numéro des sections,
Les sestions sont réparties comme suit:
Pour Howesreans E7 Pré-zmprions—Nos. ?, 4, 6, 10, 12, 14, 16, 18, 20, 22, 24, 28, 30, 32, 34, 36.
Secrion ou CHEMIN ve Fer pu Pacirique Canaprenx—Nos. 1,3,5,7,9,18, 15,17, 19, 21, 23. 25, 27, 31, 33, 35.
Les Nos. 1, 9, 13, 21, 25, 33, qui se trouvent le long de la ligne prineipales entre Winnipeg et Moose Jaw, ont été vendus à la compagnie des
erres du Nord Ouest du Canada, laquelle possède aussi des terres au Sud
de Manitoba.
SECTIONS scOLAIRES— Nos. 11 et 29, réservés par le gouvernement pour les fins de l'éducation.
SECTIONS DE LA Ba4ïE n’Hupson-—Nos, 8 et 26,