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nobles de declarer la couronne hereditaire ; lesop-
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presseurs effrayes delierent le monarque des enga-
gements pris dans la capitulation royale et renon-
cerent a defendrelWec#y#e'deIacouronne,principe
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qui avait ete si favorable aux progres de leurs usurpations. Ces hommes iacheset pusillanimes, se
jugeant trop faibles pour resister au peuple, vinrent
aussitot apres se courber devantle souverain dans
Tespoir de conserver par la bassesse une partie
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des privileges qu'ils avaient dus si longtemps a la
force.
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QUELQDES PAGES D'HISTOIRE 79
Frederik HI devenu brusquement le maitre absolu de la nation danoise, accorda a la noblesse une eharte constitutive, maintint les bourgeois dans la plupart de leurs prerogatives, proclama son autorite sur les ecclesiastiques, et ne songea point a ameliorer le sort des paysans. II s'engagea a suivre la religion protestante, a resider dans son royaume et a respecter l'integrite du Danemark. Aide du comte de Griffenfeld, il redigea la Loi royale {Lex regia), dont nous citerons les dispositions principales :
« Les rois hereditaires de Danemark et de Norvege seront et devront etre regardes par tous leurs sujets comme les seuls chefs supremes qu'ils aient sur la terre. lis seront au-dessus de toutes les lois humaines, et ne reconnaitront, dans les affaires ecclesiastiques et civiles, d'autre juge ou superieur que Dieu seul. — II n'y aura done que le roi qui jouira du droit supreme de faire et d'interpreler les lois, de les abroger, d'y ajouter ou d'y deroger. Ilpourra aussi abolir les lois que lui-meme ou ses predecesseurs auront prescrites (la loi royale excepted), et
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gO EN DANEMARK
accorder des exemptions a tous eeux qu'il jugera a
propos de dispenser de l'obligation d'obeir auxlois.
Dememe,il n'y aura que le roi qui aurale pou-
voir supreme de donner et d'oter les emplois, selon
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son bon plaisir, de nommer les ministres et officiers
grands et petits, sous quelque nom ou litre qu'ils
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soient employes au service de l'Etat, de sorte que
toutes les dignites et tous les offices, de quelque
ordre qu'ils soient, tireront leur origine du pouvoir
supreme du prince comme de leur source. — C'est
au roi seul qu'appartient le droit de disposer des
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forces et des places du royaume. 11 aura seul le
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droit de faire la guerre avec qui et quand il trouvera bon, de faire des trades, d'imposer des tributs
et de lever des contributions de toute espece. —
Le roi aura la juridiction supreme sur tous les ecele-
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siastiquesde sesEtats,de quelque rang qu'ils soient.
C'est a lui de determiner et de regier les rites et les ceremonies du service divin , de convoqucr les
conciies et les synodes, assembles pour regier les
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affaires de religion, et d'en terminer les sessions;
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Ics droits eminents royaux et de la souverainete, quelque nom qu'ils puissent avoir, etilles exercera en vertu de sa propre autorite, etc. etc. »
Ce monument de despotisme, complete en 1665 et depose parmi les joyaux de la couroane, fut rendu public lors du couronnement de Christian V (1670-1699). Celui-ci seconda les efforts de son ministre Griffenfeld, reforma l'administration civile et militaire, crea l'ordre de chevalerie du Danebrog, institua une nouvelle noblesse titree et me bourgeoisie privilegiee. II fit la guerre a la Suede, conquit la Skanie, remporta des succes sur mer, mais fut oblige par Louis XIV , allie de ses adversaires, a restituer sa eonquete. Frederik IV (1699- 1730), force d'abord par Charles XII de signer la paix de Travendal, renouvela la lutte contre la Suede en 1709, et obtint enfin par la paix de Frederiksborg de serieux avantages, tels que la reunion du duche de Gottorp a la partie royale du Scales-wig. L'instruction fut reorganisee et l'industrie prit un grand essor sous Christian VI, et sous Frederik V Tinfluence de la Fraace commenca a
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reagir contre la preponderance de l'element germa-
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nique.
Christian VII, monte sur le trone en 1766, donna
toute sa confiance au medecin Struensee, materia-
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liste convaincu, disciple des philosophes frangais et novateur absolutiste. Les reformes liberates de ce
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ministre, qui avait renverse Bernstorff et supprime
le Conseil d'Etat pour gouverner seul, meconten-
terent les grands et la reine douairiere : Struensee
fut decapite, bien qu'il n'eut commis, a proprement parler , aucun des crimes dont on faccusa (1772).
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Aprcs son supplice, Guldberg, qui gouverna jusqu'en
1784, se montra ennemi declare de toute reforme;
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sous son administration le Danemark fut garanti
dans la possession du Holstein en cedant alaRus-
sie les comtes d'Oldenbourg et de Delmenhorst et il
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entra dans la ligae de neutrality armee. Des 1784,
le prince royal declare majeur ' congedia Guldberg
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et appela Bernstorff le jeune; a la suite d'une courte
guerre contre la Suede, il main tint la neutrality du
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* Christian VII eHait devenu fou a la suite da la conspiration qui amena la chute de Struensee : il laissa lepouvoir a sa mere.
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QUELQUES PAGES D'HISTOIRC 83
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Danemark pendant les guerres de la Revolution,
aussi put-il accomplir de sages reformes. II eman-
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cipa les paysans, il abclit le servage, il modifia la
corvee et la dime, il autorisa l'importation des bles,
il permit aux israelites d'entrer dans les corpora-
tions, il defendit la traite des negres. Apres la rnort
de Bernstorff, il entra dans une nouvelle ligue des
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neutres, ce dont les Anglais le firent repentir en
venant attaquer Copenhague (1802). Plus tard une
nouvelle flottebritanniquevintbombarderetpresque
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reduire en cendres la capitale d'un Etat dont le seul
crime etait d'entretenir de bons rapports avec la
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France (1807). Frederik VI, prince regent, succeda
comme roi a son pere l'annee suivante, et, devenu
l'alli6 intime de Napoleon I", eut a combattre 1'An-
gleterre et la Suede, qui convoitait la Norvege. Le
czar avait declare qu'il ne reroettrait pas l'epee au
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fourreau avant d'avoir puni les destructeurs de
Copenhague ; mais, en 1812, il promit la Norvege
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au prince royal de Suede Charles-Jean (Bernadotte),
pour obtenir son alliance contre I'empire frangais,
et, acres la bataille de Leipsick, Charles-Jean, pe-
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netrant en Holstein a la tete d'uno armee, obligea Frederik VI a accepter la paix de Kiel : la Norvege dcvint suedoise (1814) et le Danemark ne regut en compensation que le duche de Lauenbourg.
VI . — La situation du Danemark etait done fort compromise au commencement du xix e siecle. L'Etat avait fait banqueroute en 1813 ; la flotte n'existait pour ainsi dire plus ; Fagriculture, l'industrie et le commerce etaient mines. Le roi eut du moins le merite de faire les efforts les plus louables pour ameliorer le sort de sa patrie. II developpa l'enseignement primaire, il rendit la Banque nationale, il favorisa les classes populaires, il etablit des Elats provinciaux destines a donner leur avis sur les questions d'interet civil et financier. II mouruten 1839, et son fils Christian VIII (1839-1848) accomplit de sages reformes .
Frederik VII , en presence du conire-coup des journees de fevrier, annonga son intention d'octroyer aux Danois une constitution *, applicable a
'La Charle promulsu^e le 3 juin 1849 donna au Daneiaark una conslilution parlemeniaire.
toute ia monarchie, y comprisles duches deHolstein et de Lauenbourg, par lesquels leDanemark faisait partie de la Confederation germanique et dont la population etait en majorite allemande. Les Holsteinois soutenus par la Prusse, se souleverent en 1848. Apres quelques hostilites, un armistice fut conclu a Malmd. La guerre recommenga le 3 avril 1849 : les Prussiens et les troupes ducales ayant du lever le siege de Fredericia, un nouvel armistice intervint, et le roi de Prusse se declara neutre, pour ne pas mecontenter le czar, parent du monarque danois; la soumission des duches ne se lit plus , des lors , longtemps attendre. Le 8 mai 1852, la France, FAngleterre, la Russie, l'Autriche, la Prusse, la Suede etle Danemark signerent le trade de Londres : Christian de Schleswig-Holstein-Gliicksbourg fut appele a succeder a Frederik VII, qui n'avait pas d'enfants, a l'exclusion du due d'Augustenbourg, lequel renonga a ses pretentions moyennant une compensation peeuniaire ; le Holstein et le Lauenbourg devaient faire partie a la fois de la monarchie daLoisc et de la Confederation germanique.
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En 1863, FrSderik VII ayant annonce l'intention de donner a toutes les provinces danoises une constitution uniforme, la Diete de Francfort protesta et menaca de faire oceuper les duches par une armee allemande. Le roi mourut la meme annee , et son suecesseur Christian IX, qui regne encore publia le 18 novembre une loi qui incorporait sans reserve le Schleswig auDanemark, et qui, tout en laissani. au Holstein son administration particuliere, le plaeait sous la haute direction du ministere danois. La Diete de Francfort se tut en ce qui concernait le Schleswig, dont la population etait en majorite danoise et qui ne faisait point partie de la Confederation ; mais elle protesta en faveur du Holstein et du Lauenbourg, qu'elle fit oceuper par des troupes saxonnes et hanovriennes, des que Christian IXeut declare qu'il maintiendrait a tout prix la loi du 18 novembre. Comptant sur l'appui des puissances signataires du traite de Londres, celui-ci defendit a I'armee ^execution de franchir la frontiere du Schleswig. C'estalorsquela Prusse intervint seconds par l'Autriche, qui esperait, en pretant son
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concours au roi Guillaume, l'empecher de s'approprier les duches et conserver a la guerre un caracterepurementfederal.Sommed'evacuerleSchleswig, le general Meza, qui coramandait les Danois, repondit par un refus (31 Janvier 1864), et, desle lendemain, les arme'es alliees prirent l'offensive. Les rapides succes de la Prusse et de l'Autriche effrayerent l'Angleterre, qui proposaa la France une intervention commune en faveur du Danemark. Malheureusement une partie de nos troupes etait occupee a la maladroite expedition du Mexique : on se contenta de negocier et de faire signer un armistice aux belligerants. Dans la conference qui s'ouvrit alors a Londres, la Prusse re" clama la cession pure et simple du Holstein, du Lauenbourg et du Schieswig ; comme en 1871, M. de Bismark abusait de ses avantages ! L'armistice l'ut denonce, les hostilites recommencereni, et les Danois n'abandonnerent lours positions que pied a pied. Enfin, le nombre l'emporta: le trait6 de Vienne (30 octobre 1864) trancha la question dcs duches au profit du plus forr.. Mais aids les. cabinets de Vienne ct de Berlin, ligues
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88 EN DANEJIAUK
pour l'oppression, se trouverent desunis lorsqu'il
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fallut partager les depouilles. Le Danemark avait tenu six mois : 1'Autriche lint juste quelques se-
maines et subit a son tour les conditions que son
ancienne alliee se plut a lui imposer. Grace au ple-
nipotentiaire de la France, on inscrivit dans la paix
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de Prague (24 aout 1866) un article en vertu duquel
lesdistrictsseptentrionauxduSchleswigseraientren-
dus a leur premiere nationalite s'ils le declaraient
par la voix du suffrage universel. Est-il besoin de dire que cette clause n'a jamais ete observee par
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la Prusse, bien que les interesses. par l'oigane de
leur representantalaDieteallemande, aient appele
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aplusieurs reprises l'attention du gouvernement sur
ses engagements d'autrefois? Deux centmille Danois supportenta contre-cceurle despotisme germanique,
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parce que la rive orientale du Petit-Belt renferme
d'ireportantes positions strategiques. Or chacun sait
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que M. de Lismark est avant tout un admiratcjur
passionne de la guerre et de ses barbares conse-
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quences, a unc 6poque ou tout le monde commence
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a comprendre les avaiuages de la paix.