CHAPITRE VIII
i/ARMEE. — SYSTEME DEFENSIF DU DANEMARK
Loidu 6 juillet 1867. — Recrulement du contingent. — Effectif de l'armee de terre. — Armee navale. — Projet de reorganisation defensive presente au Rigsdag en 1882.
Conformement aux dispositions de la loidu 6 juillet 1867, l'armee danoise se compose de tous les homines valides ages de vingt-deux ans revolus. Ceux-ci doivent le service pendant seize ans, dont quatre dans l'armee active, quatre dans la reserve de l'armee active, et luiit dans la landwehr.
Le pays est divise en cinq cercles, qui recrutent cliacun une brigade d'infanterie et un regiment de cavalerie. Le contingent de l'artillcric est fourni moitie par les deux- premiers cercles, moi[j£ n ar
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les trois autres. Le contingent du genie est fourni
par tous les cercles. Les forces du royaume comprennent vingt-un bataillons d'infanterie de ligne,
avec dix bataillons de reserve et onze de landwehr ; cinq regiments de cavalerie, ayant chacun trois es-
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cadrons actifs etun depot ; deux regiments d'artil-
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lerie a douze batteries, dont deux de ligne et une de reserve ; deux bataillons de genie. Au commen-
cement de septembre 1877, l'armee reguliere com-
prenait trente-cinq mille six cent cinquante-sept
hommes, l'armee de reserve treize mille deux cent
soixante dix-neuf soldats,
Les habitants des cotes sont recrutes pour le
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service sur mer La marine de l'Etat se composait,
a la fin de 1877, de trente-trois batiments a va-
pe-ur, dont sept cuirasses, et de trente-deux na-
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vires a voiles. Ces vaisseaux etaient armes de trois
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cent dix canons, et les equipages delaflotte, formes
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de deux mille huit cent trente-deux hommes, obeis-
saient a un amiral, a neuf commandants, a vingt-
deux capitaines et a cent deux lieutenants.
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Depuis que l'annexion des duches a reduit d'un
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tiers le territoire du Danemark, la politique de cet Etat doit etre celle de la neutrality , son attitude celle de la defensive. Dans ce but, un projet de reorganisation a ete presente, en 1882, a l'examen du Landsthing, et, comme tout porte a croire que ce projet obtiendra a bref delai l'assentiment du Rigsdag, en voici I'economie d'apres le lieutenantcolonel Hennebert :
« Au nord deCopenhague, — a la hauteur du point ou le Sund ne mesure que 4 kilometres de large, — s'eleve, en avant d'Helsingor, la forteresse de Kronborg. Cet ouvrage ne defendait autrefois le passage du Sund que d'une maniere tres imparfaite : a fepoque ou la portee des bouches a feu etait peu considerable, la flotte anglaise pouvait franchir cet etranglement, forcer 1'entree du Sund, et cela sans coup ferir ni recevoir (expeditions de 1801 et de 1807) ; aussi, doit-on Tappuyer de batteries de cotes armees de pieces de gros calibre, lesquelles sont, comme onsait, dotees d'une portee bien superieure a la faible largeur du detroit.
« Pourproteaer lcs communications do Sjalland
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avec Fyen. on se propose de relever les rcmparts
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de Korsor et de Nyborg, qui se font vis-a-vis de
part et d'autre du Grand-Belt ; de fortifier I'ilot de Sprojot ; d'organiser, au nord, le fjord de Kalund-
borg ; au sud, le S,und d'Agerso. Decette.fac.on, le Belt sera coupe en son milieu, et il offrira, par eha-
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cune de ses extremites, un point d'appui aux ilottes
nationales. La flotte allemande de Kiel aura, des lors, devant elle, un obstacle serieux, dont lefran-
cliissement lui couterait cher.
« Pour defendre Fyen et se menager un debouche
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sur le continent, on a dessein de relever Frederi-
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cia ; de restituer aux fortifications de cetie place, — en partie rasee par les Autrichiens (1864), — tine
valeur en harmonic avec l'importance du site qu"clle
occupe. Le littoral du Petit- Belt se lierissera do
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batteries de cotes ; enfin, a l'interieur de l'ile, on
organisera quelque grande position, capable de proteger une retraite provisoire et de permettre aux
defenseurs de reprendre ulterieurement l'offetisive.
« La frontiere actuelle du Jylland ne coniporte au-
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cune ligne d'obstacles naturels. Elle tic suit ia
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Rouge-Aa que sur une longueur de 25 kilometres, et ce cours d'eau n'est nulle part difficile a franchir. L'armee nationale qui aurait a operer une retraite dans le nord du Jylland trouverait diverses posit ; ons faciles a defendre de front, mais egalement faciles a tourner. On se propose de fortifier, a Test d'Aarhus, la presqu'ile d'Helgenoes. laquelle est reliee au continent par un defile tellementetrangle, qu'unecompagnie d'infanteriepourraity tenir contre une armee entiere Cette presqu'ile, ou le general Rye a trouve refuge en 1849, deviendra, moyennant la construction des ouvrages projetes, wn excellent reduit general. A 1'extremite nord de la Chersonese Cimbrique, 1'ile de Vendsyssel, separee ducontinent par le Lim-fjord, forme un dernier reduit « en cas de malheur », comme disent les Danois. On y trouve Frederikshavn, port que protegent le fort de 1'ile Deget et la citadelle de Fladstrand. Ces deux ouvrages, actuellement en mauvais etat, doivent etre reorganises.
« Quant a la cote occidentale duJylland, elle peut etre dite invulnerable, defendue qu'elle est par les
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fureurs a peu pres constantes de la mer du Nord.
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A cbeval sur le bras de mer interjete entre les iles
de Sjalland et d'Amager, Copenhague (Kjobenhavn) occupe une situation merveilleuse, a Intersection
de deux grandes voies du commerce europeen. Noeud naturel des communications de terre et d'eau, elle
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est dite la « Byzance du Nord » ; c'est a la fois le
centre et le reduit de la puissance danoise. Arsenal
maritime et port militaire de premier ordre, Copen-
hague n'est plus fortifiee en terre ferme de Sjalland.
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Sur la mer, l'entree du port est defendue par la ci-
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tadelle de Frederikshavn et deux batteries de gros
calibre. En Amager, le grand faubourg de Chris-
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tianshavn est muni d'une double enceinte bastion-
nee. Assis sur des ilots artificiels etablis en pleine
mer, s'elevent le fort de Tre Kroner, la batterie de
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Lynetten et le fort de Provestenen. Ces defenses
etant jugees insuffisantes, on doit jeter denouveaux ouvrages en avant sur le haut fond de Stubben et
a lapointe de Middelgrunden.
« Pourdefendre l*arcbipel Cimbrique, pour faire
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avorler toulc tentative de debarqticment sur les
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c6tes, notamment sur celles du Sjalland, la flotte
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nationale doit, pour ainsi dire, etre tenue constam-
merit sous vapeur. Cette flotte ne compte actuelle-
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ment que deux fregates et cinq batteries flottantes
cuirassees ; trois fregates, trois corvettes, six avi-
sos, douze chaloupes canonnieres, trois vapeurs a
aubes et huit torpilleurs. Elle a done besoin de
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s'accroitre dans des proportions assez larges. Jl
faut aussi que le Danemark songe a l'organisation
serieuse de ses defenses sous-aquatiques. Chaque
passe maritime, chaque sund, chaque fjord doit avoir
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son reseau de torpilles. La precaution est bonne a
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prendre. LesAUemands n'ontpas oublie que, lors-
qu'ils tentaient d'operer leur debarquement dans
l'ile d'Alsen, plusieurs de leurs embarcations ont
ete frappees par des appareils torpediques, proje-
tees en l'air et brisees en mille pieces K »
La reorganisation projetee est indispensable. Le
Sund n'appartient au Danemark que par une de ses
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rives ; la Prusse est maitresse du Petit-Belt, a son
' L'Europe sous les armes, par le lieulenaiil-colonel Hennebert (Jouvet, 1884).
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entire me>idionale ; le Grand-Belt, enfin, peut 6tre
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tourne par les armees belligerantes. Le Danemark
n'estdojicpluslegardiendesportesdelaBallique,depuis que la Prusse l'a odieusement demembre , sans
que Napoleon III fit quoi que ce fiit pour entraver les projets du cabinet de Berlin.
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