CO — ,— I
La Greenland. — Glaciers et icebergs. — Le parloment groen-
landais. — Les Antilles daaoises.
= CM = i— 1
Le Danemark posse cle en Europe les lies Fa-roer ;
en Amerique, l'lslande, le Groenland et trois An-
tilles. L'Islande est bien, an point de vue geogra-
phique, une terre americaine, et, si on la rattache
CTi
ordinairement a l'Europe, e'est quelle fut civilisee
par des Norvegiens.
= — CO
Les iles Fa-roer, situecs dans la mer du Nord,
sont an nombre de vingt-e'mq, dont dix-sept seule-
. mcnt sontliabitees, et dont les deux principles sont
^— LT
— — ^p = — co
= — CM
jm
"--r i^.a.Mi"'
Cn^^
126 EN DANEMABK
Stromo et Sydero. Le ciel des Fa-roer est gris,
CT-, —
sombre, mais le climat n'en est pas rigoureux. Les
habitants tirent de la peche et de la laine de leurs nombreux moutons Iesressources necessaires aleur
CO —
subsistance.
Torshaven, lacapitale,s'61eve au fond d'une baie
KD — =
en fer a cheval. Lorsqu'on y arrive par mer, on aper-
goit a droite des falaises percees a jour par les
CD zz
vagues, et, sur un tertre, le pavilion danois hisse
au haut d'un mat. A gauche, se dressent les bali-
timents de la mission catholique, et au fond, trois
ro =
cents chaumiei-eSjSurlesquellesplanent des milliers
h- > = CO =
d'oiseaux. Du haut de la montagne qui domine la ville, on voit des espaces considerables couverts de
morues qu'on amiseslapourlesfairesecher.L'orge
murit une fois sur trois dans les lies de l'archipel.
Cn =
Les habitants des Fa-roer sont de taille moyenne ;
leur nez est court, leurs sourcils chatains, leur teint hale" ; leur barbe, qu'ils portent en collier, se ter-
mine sous le menton en pointe de patin. lis sont
vetus d'une casaque courte a collet droit, d'un gi-
CO
H > = ID
ro = o =
NJ = M =
co = to =
let montant, d'une culotte se boutonnantau-dessus
cm '..
du genou, d'un bonnet en cotonnade brune a raies rouges. Leur chaussure est formee d'une peau cousue sur le pied etderriere le talon; elleestretenue par des lanieres. Lesfemmeslaissentleurs cheveux Hotter au gre du vent. Elles portent un pantalon de tricot, unejupe de laine, une large ceinture, iin corsage sans manches, un fichu de couleur voyante, qui se croise devant la poitrine.
Les Fa-roer sont bordees de falaises abruptes de plus de 4 a 500 metres, que decoupent des baies profondes. Laterre arable y est rare, le sol rude et sans arbres, bien qu' elles contiennent de bons paturages ou paissentles troupeauxqui ont donne leur nom a l'archipel : Fa-roer veut dire lies des brebis. On y cultive l'orge, les pommes de terre, les navets ; mais les habitants s'occupent surtout de la chasse des oiseaux de mer et de la peche des dauphins, dont ils recueillent l'huile. lis sontau nombre de 11,000, et la superflcie totale de l'archipel est de 1,332 kilometres carres '.
1 V. pour les Fa-roer !e Voyage dans Vinteriaur de I'lslande, par M. Noel Nouoari^.- (18CC), dans le Tour du nxonde.
128 EN DANEXfAHK
L'Islande ou Iceland (terre de glace) est plus rapprochee du Greenland que de l'Ecosse. Elle est situee entre 63°25' et 66°32' lat. Nord. Sa superficie est de 102,500 kilometres carres, et sa population se compose de soixante-douzemille habitants. Son origine est toute volcanique. Ses cotes sont escarpees, denteleesde fjords nombreux, qui rappellent ceux du littoral norvegien et auxquels aboutissent des vallees assez riches en paturages. Ces paturages sont etendus, puisqivils nourrissent quarante raille betes a cornes, soixante-dix mille moutons, soixante mille chevaux. Les plus connues de ces baies sont le Bograr, le Faxa, le Breidi, l'Arnar, i'Lsa, le Hima, le Skaga, l'Eyja, l'Axar, le Thistil, le Vopna, le Seydis, le Bevdar ; en general, elles sontparsemees d'ilots basaltiques qui servent de repaire aux eiders, aux aigles et aux faucons ; chacune d'elles possede un petit chef-lieu, ou les steamers font escale cinq ou six foispar annee,et ou resident des marchands qui troquent contre les marchandises du Danemark les produits de l'lslande: mineraux divers, poissons seches, fourrures d'ours et de re-
cm
cm
LES POSSESSIONS DANOvISES 131
nards,plumesd'aiglesoudecygnes.edredons,peaux dephoques, huile de baleir.e ou de foie de requin.
Rien de plus triste que I'interieur de l'lslande. Pas un arbrisseau, pas un coin de verdure ; partout des laves refroidies et des cimes volcaniques. Le sifflemenl du vent et leg cris de l'oiseau de proie viennent seuls rompre par instants le silence de ces solitudes desolees, glaciates, accidentees de monticules aux flancs desquels pendent quelques hutt.es miserables. Les rivieres sont, pour la plupart, genees dansleur cours, torrentueuses,rap:des, difficiles a francnir, excepte pour les rennes. Au nord du lac Myvatn il existe un grand nomore de crateres reduits depuis longtemps a des degageraents de gaz sulf ureux, qui s'ecliappent des fissures du sol. Les sulfatares islandaises sont si abondantes que l'ile pourrait a elle seule fournir de soufrelemondeentier 1 .
L'lslande est un centre continu d'action volcanique dont l'ile tout entiere est le resultat et dont
1 Beudant, Mineralogie, p. 75 (Gamier freres). Le soufre d'Islande est en grains peu adherents entre eux et qu'on peut exploiter a la pelle comme du sable.
BttflH
co — =
Ji. — =
Cn^^
CT-, —
l'Hekla est la principale bouche. Les volcans, en faisanL fondre d'enormes amas de neige, produisent
parfois de terribles inondations. L'Hekla, haut de 1,635 metres, est moins eleve que l'Oracfa, que le
CO —
Smaefell, que l'Eyafjalla et que le Herdubreid.
co — =
L'lslande est surtout connue par ses geysers, sources jaillissantes d'eau en ebullition, les unes
constantes, les autres intermittentes. Les geysers
les plus remarquables sontle Grand-Geyser, le Petit-
Geyser et le geyser de Strokkr. Le tube de ce der-
nier mesure trois metres de diametre, ses Darois
sont verticales, saprofondeur est de treize metres,
h- > = CO =
ct ses eaux bouillonnent avec un grand fracas. Lors-
que Ton jette dans la source quelques moltes de
hfe. EE
gazon, le Strokkr cesse brusquement son agitation,
mais au bout d'une demi-beure. il ecume, il de-
Cn =
borde, il vomit cn sifflant la. tcrre qu'on y avait pre-
cipitee. Le voyagcur pcut done provoqucr une erup -
tion arfifieiclle de ce singulicr craterc.
M. Jules Leelercq a tout recemment visite l'ls-
CO
lande. Plutot que de resumer sa relation, nous ci-
CD
ro = o =
nj = i— ' =
NJ =
W = CO
terons ici lexlucllcment icsprincipaux: passages de
= CM
= cn
= CM
= CM
= CM
= CM
sa description des geysers, description faite avec
un soin minutieux :
« Je ne saurais exprimer la joie qu'eprouve le
EE i— i
voyageur fatigue quand, apres une grande journee
de marche, il apcrgoit des centaines de nuages qui
jaillissent a l'horizon du sein de la terre, et s'ele-
vent majestueusement versle ciel ; ces nuages, qui
de loin ressemblent a une armee de grands fan-
ffjfl
tomes, lui annoncent qu'il approche de la celebre
vallee des Geysers, terme de sa longue etape. On
les apergoit a une lieue de distance, et telle est l'in-
= CO
tensite des blanches vapeurs fusant comme des
= CM
gerties aqueuses, qu'on s'imagine voir les geysers
en pleine eruption... Courons au Grand-Geyser. On
le i-pconnait facilementde loin, grace a l'abondance
des vapeurs blanches qui s'echappent de son vaste
cratere, sithe au sommet d'une eminence de forme
a peu pres circulaire, dominant de 4 metres le ni-
veau general de la plaine. Gette eminence a ete creee
= — CO
par le geyser meme, qui depose journellement sur
ses bords les substances que ses eaux tiennent en
EE — r-
dissolution ; elle est formee de tufs siliceux dispo-
= — CD
EE— to = — t = — co EE — cm EE — i— i
err
It
n = 3 JE
B^HR^HHHOHnH^HHm^^Bm^gl
JM
co — =
tn^^
s6s en plaques minces ; pres du bassin, ces plaques
CT-, —
sont si dures, qu'on peut a peine les briser a. coups
de marteau, tandis qu'au pied du cone eiles s'emiettent et craquentsous lespieds, etonles detache ai-
CO —
sement. Dans tous les creux sejournent des mares d'eau tiede deposees par la derniere eruption. Une
KD — =
infinite de petits canaux sillonnent la roche, et par
ces canaux se deverse le trop-plein du reservoir...
Des petrifications siliceuses de toute beaute font
au bassin une ravissante ceinture ; Henderson a
prosaiquement compare ces merveilleuses efflores-
ro =
cences, connues sous lenomdegeyserites, a de vul-
co =
gaires choux-fleurs ; j'aime mieuxles comparer aux fines dentelures dont les Arabes ont recouvert les
murs de l'Alhambra. Eiles sont d'une structure si
delicate, qu'il est difficile d'en emporter des speci-
Cn =
mens. Le bassin a la forme d'une gigantesque sou-
coupe de quinze a dix-sept metres de diametre. Ses parois interieures sont polies par les eaux. Le
conduit central a 3 metres de diametre a son ori-
fice ; on a pu le sonder jusqu'a 24 metres de pro-
CO
ID
ro = o =
to = co =
fondeur ; il est probable qu'en cet endroit il fait un
cm
^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^BW
= CO = CM
= CM = CM
LES POSSESSIONS IHNOISES 135
= CM
coiide qui empeche la sonde de penetrer plus avant.
On ne peut se defendre d'un sentiment de crainte
en songeant que la temperature de' l'eau, dans ce
— CO
puits, depasse de beaucoup le point d'ebullition,
comme l'ont montre les observations i .
« On rencontre des geysers 2 dans maintes par-
= CD
ties del'ile, dans les vallees, surles montagnes, et
= LT
meme au sein des neiges perpetnelles ; mais la plu-
part se trouvent dans des r6gions ou Taction des
feux souterrains semble en voie d'extinction : ils
sont la derniere manifestation de I'energie volca-
= CO
nique a laveille d'expirer. Les plus beaux sont ceux
= CM
de la vallee de Haukadalr ; nulle part on ne les
trouve aussi nombreux : en 1881 , on en comptait envi-
ron cent trente en activite. Leurnombre varie, car
tandisqueles unss'eteignent,ilennait de nouveaux.
L'aspectdeslieuxse modifiesans cesse. Lesgeysers
— — (Ti
n'ont pas tous la meme energie ; leur puissance
1 Lorsqu'une eruption va se produire, on entend des bruits souterrains et des sourdes detonations ; le sol tremble ; l'eau s'agite -violemment et deborde avec une abondante emission de vapours.
- Geyser (en anglais gusher) est un vieux mot islandais qui sigiiifie Jaillir.
— — CO
= — CD
^— LC)
— — ^r 1 = — co
= — CM
err
n = 3 JE
w^^mHmmsamBE®m^^m^m^m^^g^
co — =
Cn^^
136 EN DANISM ARK
depend de leur age. Burton divise leur vie en sept
periodes. Dans la periode. de 1'enfance, le geyser
dort encore danslesein maternel de la terre, et du
sol boueux et ehaud s'echappent de legeres vapeurs;
CO —
bientot l'enfant commence a respirer fortement et il lui arrive parfois de vomir dans le giron de sa
nourrice ; puis, voici qu'il bout, impatient de mon-
trer ce qu'il sait faire ; vient ensuite la periode de la jeunesse, pendant laquelleil deborde. Le Grand-
Geyser offre le type du geyser arrive a 1'age mur.
dans toute la plenitude de ses forces.
ro =
« Lorsqu'on explore cette vallee des Geysers,
deux phenomenes curieux s'offrent immediatement " a l'attention : la difference de niveau des sources
chaudes, etl'aspect different des subtances qu'elles
H> EE
deposent. Le dernier phenomene est d'autant plus
Cn =
remarquable, que les sources sonttresrapprochees
les unes desautres ; les eauxtraversent sans doute
des couches de diverses substances et laissent un
depot quivarie suivant la nature desrocbes qu'elles
dissolvent, graca a leur enorme temperature. Mal-
CO
M = ID
ro = o =
[\0 = NJ =
co = [\J =
gre leur difference de niveau, les geysers semblent
cn
' LES POSSESSIONS DAKOISES 13?
ne pas etre independents les uns des autres, car lorsque Fun d'eux montre des signes d'agilation, les autres emettent une plus grande abondance de vapeurs, ce qui prouve qu'il existe entre eux unc certaine sympalhie. On trouve des sources aussi bien sur les pentes de la colline situee a l'ouest du Grand-Geyser que dans le fond de la vallee.
« Toutes ces sources travaillent a leur proprc aneuntissement, car a la longue les depots qu'elles accumulent a leur orifice doiventfinir par les etouf fer. Le Petit-Geyser, ou nous cuisons nos aliments., s'engorge rapidement par suite des depots de fiorite qui s'attachent aux parois superieures, a l'endroit oil l'eau se refroidit au contact de l'air. C'est un des plus beaux bassins qui soient au monde ; il seoible avoir ete taille dans le lapis-lazuli, et Ton peut regretter qu'il soit appele a disparaitre. De tous les geysers d'Islande, mil n'a plus excite l'admiration desvoyageurs. 11 se compose en rcalite de deux chaudicres qui s'ouvrent au niveau du sol, et dontlaplus grande mesure 12 metres de circonference ; bien qu'elles communiquent sous terre, elles
n = 3 iE
co — =
tn^^
l3S KN DANEMAHK
sont separees par uue mince cloison, qui n'a guere
ch — =
plus de 30 centimetres d'epaisseur. Les eaux qui
bouillent dans ces chaudieres sont d'une limpidite
merveilleuse ; telle est leur purete, qu'elles sem-
CO —
blcnt plus transparentes encore que 1'air ambiant,