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ter quelques artistes de talent, qui, pour laplupart,
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allerent chercher la gloire en dehors de leur patrie.
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Tels sont Israaei Mengs, eleve de Cooper, directeur
de l'Academie de Dresde, renomme pour ses pastels
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ct ses peintures en 6mail ; — Henri Krock, auteur
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d'uhc Rencontre de Jacob et de Rachel, qui est ac-
tuellement au musee de Copenhague; — Pierre An-
dersen, peintre de la cour ; — Jens Juel (1745-1802),
paysagiste et portraitiste ; — Nicolas Abildgaard
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(1744-1809). peintre d'histoire, auteur de Philoc-
tete, d'Ossian, de nombreuses Allegories, de Scenes
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tireesd'Apulee, etc. ; — 0. -A. Lorenzen, peintre d'his-
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toire ; — Adam Gielshup, paysagiste ; — la famille
Lund, qui eompta plusieurs peintres estimes, soit
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dans le genre historique, soit dans le genre mytho-
logique, soit dans le paysage, soit meme dans l'or-
nementation. Le gout des beaux-arts avait 6te fa-
vorise et encourage par la fondation de l'Academie
Kationale en 1754.
Au commencement du xrx c siecle, Chrislophe-
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William Eckersberg, eleve de David de 1810 a 1813,
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fut nomme' a son retour professeur a l'Academie
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de Copenhague. II exerca sur ses compatriotcs duo influence salutaire, et leur enseigna les principes du maitre sous lequel il avait lui-meme travaille. Ses legons ne furent point perdues. II existe au~ jourd'hui une ecole danoise, et le gouvernement lui-meme se plait a prodiguer aux artistes ses deniers et ses encouragements. Presque tous les peintres sont eleves de 1'Aeademie, qui est sub- \*f. ntionnee par l'ELat, et qui delivre, apres un examen severe, un certificat donnant droit a concourir pour la petite ou la grande medaille d'or.
Marstrand ', mort en 1873, oceupe sans contredit la premiere place dans la peinture d'histoire et de genre ; apres lui, viennent Charles Bloch 2 , Exner 3 , Otto Bache, Kroyer et Vernehren. Les meilleures compositions de 1'ecole danoise reproduisent des scenes de mceurs locales et des sujets familiers. Elles sont traitees avec une naivete charmante ; les sujets en sont simples, cc qui ne veutpas dire qu'ils
4 Auteur du Festin du roi, Ae la Reunion politique, etc. * Auteur du Roi caplif, du Maine plumant ses poules, etc. * Auteur du Dejeuner, et de la Petite Convalescsnte.
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182 EN DAHEMABK
soient insignifiants ; elles exprimentdes sentiments
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purs, eleves, et ne pechent jamais par la coquetterie, la mignardise, ou 1' elegance appretee ; et l'on
ne saurait nier que cette peinture pleine de con-
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science, de franchise, de bonhomie, ait une originate touchante. Le plus grand des paysagistes
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danois, mort en 1876, est Skoogaard, dont lesmeil-
leures toiles sont : le Vieux chine au nid de vigo-
gne, et Avant I'orage, qui appartiennent tousdeux
a la galerie royale de Christiansborg.
Le plus celebre des sculpteurs danois est Albert
Thorvaldsen, ne a Copenhague, le 19 novembre
1770. Son pere, pauvre artisan, taillait dans les
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chantiers de la capitale sjallandaise de grossieres
figures destinees a orner la proue des navires, et
de bonne heure l'enfant, qui se faisait remarquer
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par son assiduite a l'ecolc gratuite de l'Academie
des Beaux-Arts, mit son talent naissant a la dispo-
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sition de l'ouvrier, dont les ouvragcs gagnerent en
correction et en delicatesse. Les recompenses ne
i se firent pas attendre. A dix-sept ans, l'Academie
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lui decerna un prix, et en 1789, un bas-relief.
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XAmmir au repos, lui valut la grande medaillo d'argent. Son pere, satisfait de ce succes et convaincu qu'Albert en savait assez pour lui preter un concours efficace, resolut de retirer le jeune homme de l'Academie pour le faire travailler avec lui dans son atelier.
Thorvaldsen, fils respectueux, aurait obei sans recriminer, mais le peintre Abilgaarde, qui l'avait dirige dans ses etudes, alia trouver l'artisan, et parvint a modifier sa determination. II fut decide que le jeune homme consacrerait une partie de son temps a 1'etude, l'autre partie an travail qui fait vivre. Bientot Albert monte en loge pour executer le sujet d'un concours; Heliodore chasse du temple ; il est a peine installe que, doutant de ses forces, il s'esquive par un escalier derobe., ou, fort heureusement, unprofesseur le rencontre, 1' encourage et le ramene Quand les laureats furent proclames, il apprit avec quelque etonnement que la petite medaille d'or lui etait acquise. Le vrai merite est toujours modeste ! seuls, les incapables au cerveau creux se croient surs d'eux-memes comme si
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l'aplomb pouvaitremplacerles aptitudes naturellcs
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ou le fruit d'un opiniatre labeur !
C'est en 1793 qu'il concourut pour la grande
medaille d'or. Gette haute distinction, s'il l'obte-
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nait, lui donneraitle droit de v oyager pendant trois ans aux frais de i'Academie, et il so prepara a la
lutte avec une ardeur iiieroyabie ; it produisit meme
des cette epoque des bas-reliefs deja remarquables
par la simplicity et le naturel. 11 remporta la me-
daille tant desiree; mais, par maiheur. le tresor etait vido : il fallut trois ans pour reunir les fonds
necessaires au voyage de Thorvaldsen, qui dut
donner en attendant des legons de dessin, fabri-
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quer des statuettes, dessinerdes vignettes pour les
editeurs. Eiitin, le 20 mai 1796. il s'embarqua sur
la Thetis, en partance pour Naples, ou 11 arriva
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le 1" fevrier 1797. U n'y sejourna qu'un mois,
preferant passer a Rome les tvois ans qu'il lui etait loisible d'employer a courir le monde artis-
tique.
Diverses circonstanees, entrc autres les demotes
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duDirectoireavecle Saint-Siege, empecherentThor T
valdsen d'augmenter par quelques menus travaux d'art ses faibles ressources. II tomba a la longue dans le decouragement. et il allait retourner a Copenhague, lorsqu'un riclie banquier anglais, Thomas Hope, venu dans son atelier, et frappe de l'imposante tournure du Jason, lui commanda un marbre de cette belle statue. A partir de ce moment, 1'artiste n'eut plus besoin de lutter pour l'existence. Son genie put arriver a son complet epanouissement, et la gloire arriva en meme temps que la richesse. L'aristocratie romaine accueillit a bras ouverts le sculpteur, dont la physionomie calme et energique rappelait ces rois de mer scandinaves chantes dans les Sagas.
Le premier bas-relief reellement beau qu'il ait compose date du printemps de 1805: ilrepresente Y Enlevement de Briseis. Cette oeuvre et le groupe de V Amour et Psyche « marquaient le moment ou Thorvaldsen parvint au plein developpement de son talent. II travailla des lors avec ardeur. avec entrain, avec foi, et Ton vit sortir de ses ateliers ce grand nombre d'ceuvres severes qui l'ont mis au
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186 Efl DANEMAKK
rang des premiers artistes denotre Steele (1). » Ces
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ceuvres s'appelaient : Y Adonis, les Deux Hebe, le
Triomphe d Alexandre, YAurore et la Nuit, la Venus, YEsperancc, le Mercure, les Jrozs Graces;
Priam demandant a Achille le cadavre d 'Hector etc. etc.
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An milieu de ses succesde tout genre, Thorvald-
sen n'oubliait pas sa patrie. Son pips grand desir
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£tait de revoir la ville ou il avait vu le jour, d'ou il
ctait parti presque ignore, et ou son nom mainte-
nant courait sur toutes les levres. 11 s'embarqua
done pour le Danemark en 1819, et pendant un an,
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ilrecut partout l'accueil le plus enthousiaste. Les gazettes feterent son arrivee, l'Academie lui fitune
reception solennelle, et la cour lui reserva Tac-
cueil le plus distingue : on le nomma consciller
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d'Etat pour qu'il put s'asseoir a la table du sou-
verain sans porter atteinte a l'etiquette. « Le fils
(1) Eugene Plon, Thorvaldsen, sa vie et son ceuvre, p. 59 — Les quelques pages que nous avons consacrees a Thorvaldsen ont eta
ecrites d'apres le beau trava.l de M. Plon sur le mailre, travail dont
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plusieurs traductions en langues etrangeres ont consacre la valeur.
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M. Plon esUigaleraent l'autour d'une elude surV. Bissen.
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de l'humble ouvrier rentrait a Cop enh ague comme un prince dans sa capitale, apres la conquete d'une province. C'est la que son co3url : auraitretenu, s'il n'avait pas voue sa vie a l'art qu'il avait illustre et enrichi. Mais son ceuvre inaeheve 1'appelait a Rome, et il y retourna, sacrifiant noblement son bonheur a son devoir. Ses affections cependant resterent a Copenhague. II avait compris que s'il etait admire ailleurs, c'est la qu'il etait aime, et ii y envoyait les plus purs des chefs-d'oeuvre qu'il enfantait chaque annee. C'est de cette periode, qui dura dix-huit ans, que datent les statues colossales du Christ et des douse apotres, qui ornent l'eglise de Notre-Dame, et qui n'ont d'egales dans la statuaire moderne que le Mo'ise de Michel-Ange et le Milan de Crotone de Puget, jp
A son retour a Rome, le cardinal Consalvi le chargea d'executer le tombeau de Pie VII, qui, commence en 1824, ne fut acheve que sept ans plus tard. Le pape est revetude ses insignes sacerdotauxet assis sur son siege pontifical; son bras gauche disparait sous la chape; sa main droite
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18S EN DANEMAUK
donne la benediction. Deux statues, la Force et la
Sagesse accompagnent la figure principale, et deux anges sont places a la droite et a la gauche du
pontife. — Dans l'intervalle, Thorvaldsen, quoique
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protestant, avait ete elu president de l'Academie
de Saint-Luc. Le nouveaupape, a qui Ton avait sou-
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mis l'affaire, expriraa tres nettement son opinion :
— Est-il douteux qu'il soit le plus grand sculp-
teurque nous ayoas aujourd'hui a Rome?
— Le fait est incontestable, lui repondit-on.
— Le choix ne peut done etre incertain , et il doit
fitre nomme president. Seulement, il y aura tels
moments ou il verra qu'il doit etre indispose.
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Ges derniers mots faisaient allusion a 1'obliga-
tion ou se trouvait le president de l'Academie d'assister officiellement, en cerlaines circonstances so-
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lennelles, aux ceremonies du culte cathohque.
Puisque nous en sommes au chapitre des anec-
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dotes, n'oublions pas la suivante, rappelee par
M.E. Plon. Lorsque Thorvaldsen produisaitunenou-
velle osuvre, ses ennemis la critiquaient de parti
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pris; mais ses admirateurs le felicitaient de vive
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voix s'ils le connaissaientpersonneilement, parecrit s'ils ne se trouvaient pas enrelations avec le mailre. Parmi les temoignages de sympathie qu'il recut lors de l'inauguration du monument d'Appiani, a Milan, en 1826, il se montra particulierement sensible a celui du bottier Anselme Ronghetti, qui excellait dans son 6 tat, et qui etait fort epris de la sculpture. Ronghetti lui en voyait de temps en temps quejque chef-d'oeuvre de cordonnerie, etil ne manqua pas de le faire a l'occasion du monument d'Appiani : cettc fois, il accompagna sa lettre d'une paire de bottes dites ronghettines, dont Thorvaldsen fut si enchante qu'il en accusa reception au donaleur dans les termes les plus chaleureux. Aussi la reponse du maitre ne tarda-t-elle pas a figurer, bien encadree, dans la boutique du bottier, en compaguie d'un buste de lord Byron que le Danois lui avait offert.
Ce Ronghetti etait un homme d'esprit. Un gentilhomme parisien lui ayant commande une paire de chaussures, et ayant manifesto tout haut son regret de ne s'etrc pas precautionne, le Milaoais se
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