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« Victor Fo~,te Danemark contemporain, Etudes et some-
nirs d'un voy ageur, p. 94. ,
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precier exactement leur moralite. Or. dans Ie Jyl-
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land et dans les iles danoises, on n'aime que les
joies saines et douces, la vie s'ecoule calme et
simple au sein de la famille ; l'inconduite et le vice
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se caehenthonteusement. Les amusements honnetes suffisent aux exigences du public, qui eprouve ra-
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rement quelque sympathie pour les joies douteuses
ou bruyantes. Peu leur importe qu'on les trade de
na'ifs dans dcs pays plus puissants et plusvastes!
En hiver, le bourgeois de Copenhague mene sa
femme et ses enfants au spectacle ou dans quelque
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maison amie; l'ete, il les conduit a Tivoli, cet im-
mense casino dont nous avons parle dans un pre-
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cedent chapitre, et ou des milliersde personnes se
distrayent avec la moderation qui earacterise le peuple danois tout entier. La par lie la plus jeune,
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ou du moins la plus gaie de la population, celle qui
frequente les bals publics observe meme dans ces etablissements, une reserve qui n'est pas encore de
mode a Paris ou a Londres. D'ailleurs, il y a tres
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peu de bals publics a Copenbague, et l'on prefere a toutesles distractions 1' audition d'un opera, d'une
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LES DANOIS 5JH
coraSdie ou d'un drame, bien que les auteurs indi-
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genes n'oublient jamais d'instruire et de moraliser
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en amusan t.La profession d'acteur est tenue pour
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tout aussi honorable qu'une autre, etun artiste qui
vit sans desordres est accueilli- partout avec les
plus grands egards. Plusieurs celebritesde la scene
ont occupe de notables positions dans 1'armee, la
magistrature, le barreau, le gouvernement, les pro-
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fessions liberates et les sciences, avant de se faire
au theatre les interpretes des oeuvres d« genie.
Au printemps, on se sauve a la campagne, an
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milieu des bois ou les oiseaux gazouillent par mil-
liers, car, la-bas, on ne les tue point pour le plai-
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sir de les tuer : les paysans vont jusqu'a leur 6par-
gner au temps des neiges les horreurs de la faim, et
attache) it aux branches denudees des arbres des
bouquets de millet. « De pareils traits, dit M. Co-
mettant, peuvent paraitre puerils a certaines per-
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sonnes; aux yeux du moraliste et du philosophe,
ils sont toute une revelation. Pour ma part, j'aiete"
bien agreablement emu en parcourant l'ile d'Alsen,
qui n'etait alors qu'un immense tapis de neige, de
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voir des bandes de petits oiseaux voltiger en gazouillant de joie autour des bouquets de millet qu'une main providentielle avait apportes le matin. Quand des hommes de cette douceur deploient devan t l'ennemi le courage que je leur ai vu deployer, il faut leur rendre hommage. Ce sont des hommes, comme dit Shakespeare *. »
11 existe dans les campagnes une fete qui se celebre le l er mai, etqui portele nom de Ride sommer i By, ce qui signifle litteralement : « Introduire le printemps dans le village. » Les gargons et les lilies de chaquebourg se parent de leurs plus beaux habits : celles-ci attachent a leurs corsages les premieres fleurs des champs, ceux-la garnissent leurs chapeauxde rubans multicolorcs. Desdeleguesvont dans les fermes pour recolter des, 03ufs, du jambon, desvolailles,desgalettes, et rapportent toutes ces victuailles pour en composer un immense banquet. Le jourde la ceremonie venu, on se rassemble sur la place et Ton se rend, musique en tete, au lieu designe. Les chants, les danses et les jeux
i Oscar Cometiant, le Danemark til qu'%1 est, p. 288.
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commencent sous lesyeuxdes vieillards, quiregar-
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clent en souriant et en hochant la tete ces amuse-
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ments, auxquels ils ont pris part quand ils etaient
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jeunes. Puis, un roi duprintemps, elu a la majo-
rity des suffrages, choisit une reine, qui, pour dia-
deme, ceint une couronne de coquelicots et de
bluets. Rien de plus charmant a voir que cette pe-
tite fete annuelle, qui se celebre sur tout le terri-
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toire sans couter un denier a l'Etat.
Les femmes danoises sont generalement belles.
Elles ont une tournure a elles, « determinee parun
certain petit mouvement d'ondulation . qui n'est ni
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le mouvement ondulatoire des Franchises, ni celui
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des Anglaises, etqui se rapproclie plutot de celui
des Americaines du Nord. » Elles sont tres simple-
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ment vetues ; mais la simplicity de leur mise fait
ressortir davantage leur fin sourire, leurs dents
blanches, leurs yeux azures, leur chevelure soyeuse
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et abondante ; le faux chignon n'est pas a l'ordre
du jour, bien qu'il remporte, helas ! depuis quel-
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ques annees des succes significatifs. Quant aux
manages, voici comment ils se font en Danemark,
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d'apres M. Comettant, qui visita le pays il y a une vingtaine d'annees *.
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« En Dane.iiark. ou les hommes n'ont pas encore songe a vendre leur nom pour une dot, tous
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les manages sont ce que la nature et la morale voudraient qu'ils fussent partout, des manages d'in -
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clination. Le jeune homme dont la position n'est
pas encore faite, ne renonce pas pour cela a s'unir a la jeune fdle dont l'innocence et les atlraits sont
l'unique capital. Apress'etre fait, — presquetoujours
j devant les parents de la jeune fdle, — le doux aveu
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de leurs sentiments respectifs le jeune homme
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annonce ses intentions matrimoniales et sollicite la faveur d'etre fiance. Les parents acceptent, et a par-
tirde ce moment, laplusgrandeliberteestaccordee
au couple. lis vontseulsau spectacle ou a la prome-
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nade etsontconstamment ensemble aussirapproches
l'un de l'autre que possible, trouvant long le temps ou le pasteur benira leur union dont les fiangailles
ne sont que le chaste denier a Dieu. Un homme
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passe, ajustetitre, pour indelicat lorsqu'apres avoir
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' L'extrait interessant qu'oa va lire n'a rien perdu de sa verile.
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veeu dans l'intimite d'une fille lionnete, sa fiancee,
il convole a « d'autres flirtations », comme disent
les Americains. Pourtant, il faut en convenir, il est
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des liommes assez peu soucieux de . I'opinion pu-
blique et assez volages pour s'etre fait un jeu de
ces preludes de mariage, dont ils ontose dire qu'ils
les preferaient au mariage meme. On m'a cite, a
Copenhague, un vieux celibataire qui n'a pas ete
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fiance moins de treize fois, — un chiffre cabalistique.
— J'ai aussi oui" parler avec indignation d'une tourte-
relle sur le retour en rupture de banc de fiancailles,
apres dix-huit ans de bonnes promesses. Au mo-
ment de s'unir defmitivement a son fiance, frais et
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blond autrefois, mais dont les annees avaient jete
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de la cendre sur l'ondoyante chevelure et de la
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brique pilee sur le nez, devenu plantureux, elleeut
l'audace de demauder encore du temps pourrefle-
chir. Puis elle epousa un tout jeune homme, sans
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parents, sans conseils et sans experience, qu'elle
surprit dans ses affections naissantes comme on
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prend la pie au nid. Quand elle croyait meriter la
colere et les ressentiments de son ancien flanc6 p
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elle ne fut pas peu surprise de le voir au temple le
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jour ou le pasteur allait benir cetle eclatante inde-
licatesse. 11 lui serra la main avec plus de plaisir que jamais en lui disant a la derobee ces mots, qui pei-
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gnent toute la situation :
— Ah ! madame, quel service vous me rendez!
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A quoi la tendre mariee repondit avec effusion :
— Ah I Henrick, j'aime ce gargon parce qu'il me
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rappelle ce que vous etiez il y a vingt ans.
La confirmation eh Danemark est la ceremonie
religieuse qui fait d'une petite fdle sans importance
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une jeune personne bonne a marier. Avant la con-
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firmation, la Danoise est vetue de robes courtes, et
on la voit se rendre a l'ecole le sac sur le dos comme
un soldat de la ligne. Dans ce sac de cuir de bceuf
retenu sur le devant de la poitrine par des brides,
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l'ecoliere non encore confirmee renferme tous ses
livres de classe et ses cahiers de devoirs. Apres la confirmation, le sac d'ecole disparait, une crinoline
donne a la jeune nubile l'ampleur qui manquait a
sesajustements, etsaphysionomie clle-memc prend
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un air plus serieux. Desormais, e'est une demo -
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