‹ A travers le DanemarkChapitre 6 sur 59 · Dargaud, Voyttge en Danemark (1860) (Hashette · texte numérisé non relu

Dargaud, Voyttge en Danemark (1860) (Hashette

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l'Europe centrale et l'Europe du nord, entre l'Europe

oeeidentale et la Bussie : pour aller de Berlin a Stockholm, de Londres a Petersbourg, on passe par la

capitale danoise. Le Sand, sur lequel est b'atie Copenhague, est plus commode pour la navigation que

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le Petit-Belt et que le Grand-Belt, remplis d'ecueils

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et de bancs de sable; il fait communiquer endroite ligne le Kattegat avec la Baltique, et les navires qui

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ontle ventarrierepeuvent passer d'unemer a l'autre

sans avoir besoin de louvoyer. De plus, la rive orien-

tate du Sjalland, abritee contre les vents d'ouest,

est plus profonde et plus sure que la rive opposee.

11 etait naturel que les navires faisant le commerce

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entre les deux mers s'arretassent dans la rade oii

s'eleva plus tard la Constantinople du nord. Au mi-

lieuduxu e siecle,remplacementous'eleveaujourd'hui

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Copenhague, etait occupe par quelques cabanes de

pecheurs. L'eveque de Boskildel'ayant achete du roi

WademarP r , l'entoura de murs et y construisit un

chateau fort, a l'abri duquel des marchands, de plus

en plus nombreux, vinrcnt etablir leurs comptoirs.

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Le hameau prit une telle importance, que Christophe

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de Baviere ayant rachete du chapitre de Roskilue scs droits seigneuriaux sur Copenhague, y etablit sa residence (1443). La cour l'y suivit et depuis ce jour Roskilde perdit son influence au profit de Copenhague, qui devint capitale du royaume. Des Ie milieu du xu e siecle, le village primitif etait designe dans les chroniques sous le nom de Portus Mercatorum. Cette designation est restee : Kjobenhavn veut dire Port des marchands.

Copenhague se compose de trois parties distinctes: la vieille ville, a l'ouest, reconstitute apres l'incendie de 1794; la nouvelle ville, a Test, qui comprend les plus beaux quartiers ; enfin, Christianshavn, situee dans l'ile d'Amager, veritable jardin potager de la capitale, dont elle est separee par un canal tres etroit, sur lequel on a jete deux ponts. Les rues, dont la plus animee est celle d'Ostergarde (rue de Test), sont en general regulieres, decorees de beaux jardins et de vastes places : la plus spacieuse est la nouvelle place royale (Kongens-Nye-Torv). Les maisons sont le plus souvent construites en briques : plusieurs se font remarquer par la beaute et l'am-

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pleur de leur proportion. Le Langelinie, belle allee

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au bord de la mer, est la promenade favorite des

citadins, qui peuvent d'ailleurs trouver dans les en-

virons de magnifiques nuts cl'excursions : aunord,

Gharlottenlund, avec ses chenes gigantesques ; le

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village de Bellevue ; le pare royal de Dyrhaven, qui

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a sept lieues de tour ; les bains de Klampenborg : le chateau de l'Ermitage, rendez-vous de chasse du

roi : le palais de Skodsborg, dans une charmante

petite baie, oil viennent aborder les yachts deplai-

sance; — au sud, la petite ville de Frederiksborg,

avec ses pares antiques et la statue de Frederik VI. La ceinture de murailles qui entourait naguere la

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ville est en partie detruite, car les maisons trop a

1'etroit ont franchi l'enceinte et se sont eparpillees,

dans lacampagne. Copenhague est aujourd'hui pro-

tegee par la citadelle de Frederikshavn, par des forts

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quiisolentla cite proprement elite de la mer, etpar

des fortifications qui s'elevent au milieu des vagues

surdesilotsartificiels. « Elleestd'originenaissante.

dependant, comme son plus grand developpement

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s'est opere au xvi e siecle, epoque admirable pour

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VILLES BEMARQUABLES 29

Farchitecture, elle n'aurait pas cette plate uniformite, cette reguliere et monotone beaute qui fait le desespoir des touristes, sans les incendies, qui dans les deuxderniers siecles, l'ont periodiquement devastee. Elegante etpropre, elle n'a pas la majeste de Paris, de Londres, de Petersbourg. Les sous-sols y sonten usage autantqu'a Hambourg. Lestavernes n'ont de l'attrait pour les buveurs qu'a la condition d'etre souterraines. G'est aussi dans les caves que se refugient les fruitiers, les epiciers et tous les marchands un peu subalternes. Les grands magasins, destines a l'orfeverie, aux nouveautes, aux objets de luxe, ne sont pas non plus de 'plain-pied avec la rue et n'y on.t point d'ouverture. La porte d'entree, ou Ton n'arrive qu'apres avoir gravi quelques marches d'escalier, donne presque toujours dans un couloir qui clivise la maison. Cet arrangement antique, pratique dureste en France au siecle dernier, nuit beaucoup a la beaute d'une ville *) » Bien que Copenhague ne soit pas une ville essentiellementmanufacturiere,lesprincipauxmetierset

i.Du Banemark, par A. de Flahx, p. 106 (Firmin-Didot).

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les principals industries s'y trouvent rcpnSsentes comme dans les autres capitales europeennes. Copenhague doit son imporlance commerciale a son port, profond de trait metres et accessible aux plus grands navires, qui peuvent jeter l'ancre au bord meme des quais. Des canaux reliant la mer au centre de la ville, permcltentaux embarcationspluslegeres d'apporter au coeur meme de la cite les divers objets de consommalion. Plus de la moitie du commerce du royaume a pour marehe la capitale, et le mouvement du port, non compris le cabotage avec les ports danois, a donne, en 1876, les resultats suivants :

Entrees devoilicrs: 4 300 jaugeant 211 800 tonnes Sorties — — 4 963 — 300 5-27

Entreesdevapeurs: 1222 jaugeant 149 066 tonnes. S titles — — 1 653 — , 93 949

~ Wd 243 008

Total de la navigation: 12228 navires jaugeantToa 335 tonnes.

Enfin, Copenhague est le siege de la Compagnie des Telegraphes dunord, qui possede environ

VILLES UEMARQUABLES 31

8,000 kilometres de fits, allant do l'Angleterre et

de la France au Japon, a travers la Russie et la

Siberie.

Malgre son admirable situation, Copenhague n'e-

tait pas destinee a devenirle centre d'un grand empire : il manque, en cfFet, au Danemark la cohesion geographique, et une constitution geologique de nature a permettre l'agglomeration des terres conquises autour de la mere patrie. Aussi, malgre la valeur dont ils ont donne plus d'une preuve, les descendants des Northmen sont-ils reduits a rimpuissance. Menace par l'Allemagne et la Russie le Danemark ne conservera son independance que si la federation des troisEtats scandinaves passe dans larealite des faits. Mais si le panscandinavisme vient un jour a triompher, Copenhague sera la capitale necessaire , cede qui soudera le mieux les trois Etats. \! International peace and arbitration association, reunie a Berne, au mois d'aout 1884, s'est occupee deja de la question de neutralisation, sur l'invitation de M. Bajer, representant du Danemark. (Celui-ci, apres avoir elabli rimporlancepourl'Alle-

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magne et pour laRussie du Sund, du Grand-Belt

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etdu Petit-Belt, a demontre qu'en cas de guerre entreles deux empires interests, l'un d'entre eux

serait forcement amene a s'en emparer, ainsi que

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des cotes qui Iesbordent, etpeut-etreensuitea conserver, apres la fin de hostility, les positions occu-

pies. Pour lui, le seul moyen d'empecher un sem-

blable fait dese produire, consisterait clans la con-

clusion dun traitequideclareraitles troispays

scandinaves neutres, comme le sont deja la Belgi-

que et la Suisse. iNe serait-ce pas la un achemine-

ment vers la federation des trois Etats?

Les monuments de Copenhague sont presque tous

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remarquables.

Lepalais d'Amalienborg, residence dusouverain

est ball dans le style francais du xvn° siecle. Gelui

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deRosenborgfutbati,parordredeChristianIV,sous

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la direction d'Inigo-Jones, en 1604. La facade tres

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etroite, ne contient que trois croisees, tandis que les

ailessont flanquees chacune de trois tours ; dispo-

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sition bizarre, qui donne au chateau la forme d'une

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croixgrecque. Rosenberg renfermellesreliques des

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