‹ A travers le GrönlandChapitre 15 sur 100 · Fromage de chèvre. (Noie du traducteur · texte numérisé non relu

Fromage de chèvre. (Noie du traducteur

2° Un sextant avec un horizon artificiel. Jamais la température ne s'abaissa, à midi, jusqu'au point de congélation «Ut mercure.

5° Un azimut avec trois boussoles pour la mesure de la déclinaison et les observations Irigonométriques, cinq boussoles de poche, trois baromètres anéroïdes, un hypsomèlre, instrument particulièrement recommandable pour sa légèreté, six thermomètres fronde — en enroulant un morceau d'étoffe mouillé autour de la boule de ce thermomètre on peut mesurer le degré hygrométrique de l'air en le comparant à un thermomètre sec, — un thermomètre à minima et un thermomètre à alcool.

4° Quatre montres à ancre. Pour une expédition comme la nôtre, les chronomètres de poche, s'arrètant facilement dans certaines positions, ne sont pas pratiques. Nous ne fûmes pas précisément heureux avec nos montres. L'une s'arrêta à la suite d'un choc; une autre marcha irrégulièrement après un accident du même genre; la troisième, que je possédais depuis longtemps, s'arrêta également, probablement par suite de la présence dépoussière dans les rouages; la quatrième seule marcha bien tout le voyage et donna des résultats satisfaisants pour les observations. L'erreur dans la détermination de mes longitudes ne dépasse pas un demi-mille. L'expédition fut munie d'excellents instruments, grâce à l'obligeance du professeur Mohn, directeur de l'Observatoire météorologique de Kristiania, qui s'occupa avec le plus grand soin de cette partie de notre équipement.

A la demande du professeur Petterson, de Stockholm, j'emportai les instruments nécessaires pour recueillir au cours du voyage des échantillons d'air. C'étaient de petits tubes fermés à l'aide d'une soudure et dans lesquels le vide avait été fait. En les ouvrant, ils se remplissaient d'air, et pour les fermer, on ressoudait l'ouverture à l'aide d'un chalumeau et d'une lampe à alcool. Nous avons pu par ce procédé rapporter de l'air recueilli dans l'intérieur du Grônland.

Je me munis en outre d'un appareil photographique avec deux châssis renfermant des pellicules dites Eastman s American slripping films. Des glaces auraient été trop lourdes à transporter. Pour pouvoir changer les rouleaux de pellicules, je m'étais muni de deux lanternes rouges, l'une en verre, l'autre en papier. Cette dernière nous rendit

ÉQUIPEMENT. r,u

les plus grands services. Pour ces lanternes, j'avais cinq bougies.

J'emportais eu outre deux longues-vues en aluminium, deux podomètres, une hache, des couteaux, des pinces, des tournevis, des aiguilles, un gant de voilier, des clous, des balances pour peser les rations, des crampons tyroliens pour marcher sur la glace, des clous à glace pour nos chaussures, une corde en chanvre de Manille, des courroies de rechange pour haler les traîneaux, des haches à glace, des hâtons en bambou, une petite pelle pouvant se visser sur un de ces hâtons et destinée à creuser des grottes dans le glacier, au cas où notre tente serait déchirée, ou à aplanir la surface du glacier sur les points où nous camperions. Nous nous étions munis de plusieurs hâtons en bambou pour servir de mâts à nos embarcations et aux traîneaux et de gouvernails à ces véhicules lorsqu'ils marcheraient à la voile.

Nos bagages contenaient, de plus, des albums, des cahiers, des crayons, une table de logarithmes, la Connaissance des temps pour 1888 et 1889, un briquet, une provision d'allumettes renfermée dans de petites boîtes en métal, qui furent réparties entre les divers traîneaux, pour ne pas être exposés à en manquer si nous venions à perdre un véhicule; ajoutez à cela trois réservoirs à alcool de 10 litres, des bâches en toile à voile et en toile huilée pour les traîneaux, six sacs pour transporter les bagages dans les endroits où il serait difficile de faire passer les traîneaux, de longues gaffes en bambou, d'autres plus courtes, garnies à leur extrémité d'une sorte de palette, et qui nous rendirent de grands services dans les étroits canaux ouverts au milieu de la banquise, où l'emploi des rames était impossible, des avirons et une pompe à main pour pouvoir enlever l'eau de l'embarcation lorsqu'elle serait chargée. Nous emportions enfin une petite pharmacie de voyage, contenant, avec les bandages nécessaires pour les fractures, du chloroforme, de la cocaïne, de la vaseline, etc. Tout cela aussi léger que possible.

Au mois d'avril, pour expérimenter notre matériel, nous allâmes passer une nuit dans les bois aux environs de Kristiania. Dans sa relation de voyage, Balto raconte ainsi cette excursion : « Un soir nous allâmes hors de la ville nous installer dans un bois et essayer de dormir dans les sacs faits de peaux de renne. Arrivés dans la forêt,

nous dressons la tente. Puis nous nous occupons de préparer le café dans une machine chauffée avec de l'esprit-de-vin. Le réservoir fut rempli de neige et les mèches allumées. La lampe brûla plusieurs heures sans que l'eau vînt à bouillir. Nansen versa alors dans l'eau tiède de l'essence de café : celle hoisson presque froide n'avait aucun goût. Les quatre Norvégiens se glissèrent ensuite dans leurs sacs. Nansen nous engagea à suivre leur exemple; pensant qu'il ferait trop chaud là dedans, Ravna et moi préférâmes nous coucher dessus. Le lendemain, lorsque je me réveillai, vers six heures, les autres dormaient profondément dans leurs sacs, comme des ours. Je me recouchai donc et dormis de nouveau jusqu'à neuf heures. J'éveillai alors les camarades, les chevaux de poste étant commandés pour dix heures. »

Cette relation montre que plusieurs objets de notre équipement n'étaient pas parfaits. Nous eûmes le temps d'y apporter les perfectionnements nécessaires, et, dans les premiers jours de mai, au moment de noire départ, tout notre matériel répondait à nos désirs.

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