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L'origine de ce mot est assez difficile h débrouiller

2. Les chiffres entre parenthèses indiquent le rapport de la longueur à la largeur.

LE PATINAGE SLR LES SKI. - HISTORIQUE HE CE Sl'ORT. 63

et étroits, les autres courts et larges, certains présentent sur toute la longueur de la semelle une large convexité, d'autres deux ou dois rainures, d'autres enfin sont en dessous complètement plats. La convexité ménagée sur la surface de la semelle empêche le patin de dévier, lorsque la neige est durcie par la gelée. Dans quelques localités du Nordland seulement, on emploie les aandrer. Grâce à la peau lisse qui recouvre leurs semelles, ces patins glissent plus facilement que les ski sur la neige humide. Les poils empêchent la neige de s'amonceler sous le patin, comme cela arrive avec les ski ordinaires. Les aandrer ont par contre l'inconvénient de ne pas glisser facilement en arrière.

La description des différents types de ski en usage en Norvège serait très longue. Je me bornerai ici à exprimer le regret qu'un ethnographe ne l'ait pas encore entreprise, et qu'on n'en ait point réuni une collection, d'autant plus que les patins de forme ancienne deviennent rares.

La longueur des ski varie de 2 m. 20 à 5 m. 1. En règle générale le patineur doit pouvoir en toucher l'extrémité supérieure, lorsqu'ils sont debout. On ne peut guère recommander une forme de préférence à une autre. Suivant l'état de la neige et la nature du pays, chaque type a ses avantages et ses inconvénients. Dans les régions de plateaux où l'on peut marcher longtemps en ligne droite, les patins longs et étroits sont préférables; au contraire, dans les régions accidentées et couvertes de bois, des ski larges et courts, qui décrivent plus facilement que les autres des conversions, offrent un grand avantage. Sur la neige pulvérulente les patins longs et larges en bois léger sont excellents. Les ski sont généralement en bois de pin; on emploie également le sapin, le bouleau, le frêne, l'orme, le chêne, le sorbier, le peuplier et le saule. Aucune de ces essences ne peut être recommandée spécialement, toutes ont leurs avantages. Quelques-unes, l'orme notamment, fournissent des patins particulièrement lisses; les ski faits de ce dernier bois sont même pour cette raison considérés comme dangereux. D'après une superstition populaire, le diable se tiendrait assis sur les patins en orme.

La neige ne présente pas toujours une surface favorable au pati-

m A TRAVERS LE GRÔNUND.

nage. Est-elle molle et Inimitié, les ski dont la semelle n'est pas couverte de peau glissent difficilement; sous le patin la neige s'agglutine en paquets épais de plusieurs pouces, parfois même d'un pied; dans ces conditions la marche devient très fatigante. Pour remédier à cet inconvénient on enduit le bois d'huile de lin, de cire, de suif ou de stéarine. D'après mon expérience la stéarine est préférable; les autres substances ont l'inconvénient de disparaître rapidement : par suite on est obligé de recommencer fréquemment le badigeonnage. Je recommanderai de chauffer les ski, puis de les enduire lorsque le bois est tiède, ou encore de les frotter avec un sac de sel humide. Après cela les patins peuvent glisser facilement pendant quelque temps; puis il devient nécessaire de renouveler l'opération.

Sur la neige fraîche les ski glissent également avec difficulté; lorsqu'elle tombe par un temps très froid, elle forme parfois des paquets sous les patins. La neige fouettée par le vent et celle qui n'a pas été exposée à un commencement de dégel présentent le même inconvénient. L'inlandsis du Grônland était presque partout recouverte de névé pulvérulent. Lorsque la neige est résistante, et que les patins n'enfoncent pas, la marche devient aisée. La neige tombée par le dégel, puis verglassée, offre les conditions les plus favorables pour le patinage. Si par-dessus la couche de verglas se trouve une mince épaisseur de névé pulvérulent, les patins glissent avec une merveilleuse facilité; sur les pentes, on n'a qu'a se laisser entraîner. Si le verglas n'est pas recouvert de neige, les ski avancent de même aisément; la couche de neige est-elle au contraire épaisse, il devient difficile de se diriger, surtout dans une région accidentée.

Ce patinage présente quelques dangers. Lorsque la neige est verglassée et que le terrain offre des déclivités, le patineur doit être solde lui ; dans ces passages un maladroit peut se casser bras ou jambes. De pareils accidents sont heureusement très rares. En cas de culbute, généralement les ski se brisent : le patineur évite ainsi un accident beaucoup plus grave.

Les ski cassent assez rarement, surtout sous les pieds d'un patineur expérimenté. Pareil accident arrive-t-il loin de toute habitation, lorsque la couche de neige est épaisse, la situation du voyageur

LE PATINAGE Sri! LES SKI. — HISTORIQUE DE CE SPORT.

n'est pas précisément agréable; cependant elle n'est pas sans ressource. En pareil cas il adapte au pied le plus long fragment du ski el continue ainsi sa marche. Un patineur doil toujours avilir l'attention éveillée, et celle tension de l'espril est un excellent exercice pour développer les facultés intellectuelles de l'homme.

Dans ces dernières années, le patinage sur les ski a pris en Norvège un grand développement, à la suite de l'organisation de courses dans différentes localités du pays, surtout à Krisliania. Les gens du Telemaik venus pour prendre part au concours de la capitale ont étonné par leur habileté tous les jeunes gens de la ville; ceux-ci ont alors redoublé d'efforts et bientôt sont parvenus à surpasser leurs maîtres. Sur les collines voisines de Krisliania. il y a une douzaine d'années, on ne rencontrait pas un patineur ; aujourd'hui partout on en voit de nombreuses bandes, de vieux comme de jeunes, de femmes comme

d'hommes. Autrefois les patineurs étaient toujours munis d'un bâton, dont ils se servaient à la descente des collines ou lorsqu'ils voulaient éviter quelque obstacle. L'homme avait par suite le corps rejeté en arrière, et ne pouvait exercer aucune action avec les jambes sur les ski. Les gens du Tclemark ayant montré que, si on n'emploie pas le bâton à tout propos, il est possible de vaincre de plus grandes difficultés, cet usage s'est peu à peu perdu. En même temps qu'avait lieu cette innovation, se développait ce que l'on peut appeler la haute école du patinage. On apprenait à sauter en bailleur et en longueur. Ce tour de force ne sert guère dans la pratique. Jamais en voyage un patineur ne s'amuse à franchir d'un

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PATINEUSE KORVÉGIE.NNE. DESSIN H \. BLOCII.

150 A TRAVERS LE Glto.NLAND.

bond de grandes distances du haut de quelque escarpement: toujours il évite les accidents de terrain qui l'obligeraient à sauter. C'est simplement une gymnastique excellente à mon avis. On apprend ainsi à conserver son équilibre, à gouverner avec sûreté ses patins, et l'on acquiert une grande assurance.

Pour se livrera cet exercice, on choisit un escarpement du haut duquel on puisse sauter en longueur. Si l'on réussit à s'enlever en l'air au sommet de l'obstacle, on peut parcourir une distance très grande, par exemple 20 à 25 mètres. 11 y a même des -eus qui exécutent des bonds encore plus longs. In célèbre patineur du Telemark a, dit-on, saule un jour 50 mètres. La hauteur du saut varie de S à 12 mètres; cela correspond à peu près à la chute que

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l'on ferait du second étage d'une maison. Pendant la durée du bond certains patineurs restent droits, tandis (pie d'autres rassemblent les jambes sous eux. Au moment de loucher terre, on avance généralement la jambe droite en avant en pliant un instant le genou gauche : cela permet de repartir de suite à toute vitesse. C'est l'impulsion que l'on a en arrivant au sommet du monticule, qui permet d'exécuter de pareils bonds. Dans un tel exercice les chutes sont naturellement fréquentes. Vous voyez tour à tour les bras, les jambes et les ski s'agiter dans un nuage de neige, puis bientôt après l'homme se relever. Fort heureusement les accidents sont rares.

C'est un très curieux spectacle de voir sauter un habile patineur. Vous le voyez arriver à toute vitesse au sommet du monticule; quelques secondes avant d'atteindre l'escarpement, le coureur se ramasse sur lui-même, puis, arrivé devant le gouffre, saute en l'air, parcourt 20 à 25 mètres comme s'il volait, et aussitôt qu'il a

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deux bâtons, empruntée aux Lapons, s'est répandue dans

pays, surtout pour les courses rapides. Pend,,,,, , ,. ,av,.,,,v ,,„

uronland, chacun ,1e nous avail deux bâtons. La vilcsse du patineur dépend de l'étal de l„ „,.is,. ,,, de |„ ,,.„,„,.

du terrain. Lorsque la neige est bonne et le pays accidenté, il peut parcourir une centaine de kilomètres par jour. Dans un concours organisé à Krisliania. en lévrier 1888, la piste tracée à travers une région de colline- el de forêts accidentées avait une longueur de 50 kilomètres. Différents obstacles avaient été préparés en route, pour éprouver l'habileté des concurrents. Le vainqueur parcourut les 50 kilomètres en quatre heures vingt-six minutes.

La plu-» longue course fournie sur les ski est celle organisée par les soin-- de MM. Oscar Dickson et Nordenskiôld, à Jokkmokk (Suède septentrionale). Le premier prix fut remporté par le Lapon LarsTuorda, âgé de trente-sept ans, qui avait accompagné l'expédition de Nordenskiôld dans son exploration de l'inlandsis. D'après les arbitres, il aurait parcouru 220 kilomètres en vingt et une heure- vingt-deux minutes. Il fui suivi à cinq secondes d'intervalle par un second Lapon, âgé de quarante ans. Le dernier des six concurrents arriva quarante-six minutes après le vainqueur. La piste traversait une région plane et de grands lacs couverts de glace. Le terrain devait être facile el l'état de la neige excellent, pour que pareille distance ait pu être parcourue aussi rapidement.

Les expéditions arctiques précédentes n'ont guère fait usage des ski. Sur l'inlandsis du Grônland quelques voyageurs seulement les ont employés.

Je dois, à ce sujet, attirer l'attention sur un projet d'exploration au Grônland, publié en Danemark en 1728 : « Si l'on veut pénétrer dans l'intérieur de ce pays-, porte le document en question, il serait bon d'engager quelques jeunes et vigoureux Norvégiens habitués à parcourir l'hiver les montagnes sur les ski. Ils pourraient certainement explorer une bonne partie des glaciers. » Ce projet ne fut jamais mis à exécution par les Danois.

Dans les Nachrichten von Tsland, Grônland und Slrasse Davis, Johann Anderson (Hamburg, 1740) rapporte qu'un capitaine de navire essaya de s'avancer sur l'inlandsis du Grônland « à l'aide de ces patins dont font usage l'hiver les Lapons et autres populations du Nord. A peu de dislance de l'extrémité inférieure du glacier, il dut battre en retraite, un de ses compagnons étant tombé dans une crevasse d'où il fut impossible de le relever. 11

avait, du reste, perdu l'espoir d'avancer plus loin, après celle courte

excursion. »

L'expédition commandée par le capitaine .1 porla dos ski, mais ne s'en servi

ensen Elle !

bois de chauffage.

Los doux Lapons qui accompagnaient Nordenskiôld (1885), puis Peary et Maigaard employèrent ces patins sur l'inlandsis.

Je termine ce chapitre par la description des ski dont nous nous sommes servis. Ils ne se rapportent à aucun type en usage en Norvège et ont été construits d'après un modèle que je pensai devoir èlre excellent sur l'espèce de neige particulière à l'intérieur du Gronland.

Nous en emportâmes neuf paires : deux en chêne et les autres en bouleau. Les premières mesuraient une longueur de 2 m. 50 ; à

PATINEUR SAUTANT. [DESSIN D EIVIND N1ELSEN, d'après UNE PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE.)

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a conriiiiiv davanl, leur largeur était de 0 m. 092; au milieu, de 0 m. 08. La surface de ces patins présentait une arête de bois destinée à leur donner de la rigidité sans augmenter leur poids.

Leurs semelles étaient découpées par trois rainures parallèles. Nos ski, en bouleau, avaient à peu près la même forme et la même longueur. Par suite d'une malfaçon, ils avaient partout la même largeur. L'avant de pareils patins offre l'inconvénient de pénétrer

A TRAVERS LE GRÛNLAND.

dans la neige au lieu de glisser par-dessus; la marche est par suite plus pénible.

Les semelles des ski, en bouleau, étaient recouvertes de minces plaques d'acier, et, son- l'emplacement du pied, d'un morceau de fourrure d'élan. J'avais l'ait placer ces plaques dans la pensée que nous trouverions du névé détrempé, sur lequel les ski ordinaires en bois ne glissent pas. La peau d'élan était destinée à empêcher les

« SKI » DE L i\l'LIimn>.

patins de glisser en arrière. Xous ne rencontrâmes pas de neige de celle espèce, par suite toutes ces précautions furent inutiles.

Les deux paires de ski en chêne nous ayant rendu d'excellents services, je crois devoir recommander leur usage aux expéditions futures. Les patins étaient fixés au pied par une courroie épaisse cl une lanière de cuir circulaire attachée à celte courroie. D'après mon expérience, il n'est pas pratique, dans les longues courses sur de grands plateaux, d'avoir le pied solidement attaché et serré au ski par une courroie en osier comme les patineurs en emploient en Norvège lorsqu'ils doivent sauter. Pour être maître de ses patins, cette disposition n'esl pas du tout nécessaire : elle fatigue du reste beaucoup plus le pied qu'une courroie relativement souple.

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