‹ A travers le GrönlandChapitre 49 sur 100 · AU NOIU) LE LONG DK LA COTE ORIENTALE · texte numérisé non relu

AU NOIU) LE LONG DK LA COTE ORIENTALE

détachent sont relativement petits. D'autre part, on ne voit devant

le Puisortok aucun grand isberg; la mer est trop peu profonde |

que <les glaçons de celte taille [missent se rencontrer sur ce point. Enfin, ce glacier n'est pas assez puissant pour descendre sur tout le périmètre de son front jusqu'à la mer. En plusieurs endroits, le sous-sol sur lequel il repose est visible.

Graah et avant lui d'autres auteurs, Wallde, par exemple, signalent la crainte que le glacier de Puisortok inspire aux indigènes. A chaque instant, prétendent les naturels, il s'en détache des fragments qui culbutent les embarcations; de plus, au large, de grosses masses de glace montent des profondeurs à la surface de la mer et font chavirer les malheureux qui se hasardent dans ces parages. Le nom de Puisortok est d'ailleurs caractéristique ; il signifie un endroit où quelque chose émerge. Cette dénomination se retrouve sur plusieurs points de la côte orientale, et il n'est pas facile de savoir au juste son sens précis, llolm et Garde rapportent également que leurs équipages grônlandais manifestaient une crainte superstitieuse de ce glacier. Les Eskimos du district de Julianehaab, raconte Garde, croient que, pour passer le Puisortok, il est nécessaire de ramer au pied d'une muraille de glace branlante et au-dessus de glaçons immergés qui peuvent remonter à la surface de la mer et renverser les canots. Les habitants de la côte sud-ouest ont appris ces légendes des indigènes de la côte orientale. Ces derniers ont une série de règles dont l'observation est nécessaire pour éviter un accident devant le glacier. On ne doit ni parler, ni crier, ni manger, ni fumer, ni priser, quand on double le glacier; on ne doit pas non plus le regarder, ni le nommer; sinon il se met en colère, et mort d'homme s'ensuit.

En tout cas, la mauvaise réputation du Puisortok n'est pas justifiée. Il constitue, je crois, un glacier local situé sur une montagne séparée de l'inlandsis par une vallée couverte de neige. C'est là la raison de son faible mouvement1.

(le glacier est large de 5 kilomètres, d'après le calcul du lieute-

1. Le mouvement d'écoulement de ce glacier, mesuré par le lieutenant Garde, est de 00 centimètres par vingt-quatre heures. Sa forme et sa tuile pente sont îles preuves que ee glacier est distinct de l'inlandsis.

liant Gardé. Cette évaluation m'a paru exacte. Comme le pense cet explorateur danois, les craintes des Eskimos proviennent vraisemblablement de l'absence dans ces parages d'un archipel coder protecteur et de ce que les indigènes doivent passer au pied du mur de lilace terminal. En général, les Eskimos ne se hasardent pas volontiers devant les glaciers; et, après tout, ils n'ont pas tort. Si une embarcation se trouve devant un glacier au moment où le vêlage se produit, elle échappe difficilement au naufrage. Si elle n'est pas écrasée par la pluie de blocs de glace, elle est coulée par les énormes vagues soulevées par la chute des glaçons et les chocs des drifis les uns contre les autres.

Presque tous les grands glaciers sont situés à l'extrémité supérieure de fjords étroits que la masse de glace en mouvement a en partie creusés dans le cours du temps. Les Eskimos s'aventurent rarement au fond de ces haies; ils ne sont donc pas obligés de passer devant ces grands courants de glace, dont ils connaissent les dangers. Il ne faut pas, par suite, s'étonner qu'ils craignent de doubler un glacier comme le Puisortok.

NOOS FRAYONS DS PASSAGE AUX EMBARCATIONS. (DESSIX b'e. MELSE.V, D'APRÈS OE PHOTOGRAPHIE.)

INTÉRIEUR D UNE TENTE. CAMPEMENT DES ESKIMOS DU CAP DILLE. (DESSIN d'e. NIELSEN, D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.)

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