‹ A travers le GrönlandChapitre 53 sur 100 · TOIT A COUP LE MAKI SORT · texte numérisé non relu

TOIT A COUP LE MAKI SORT

DE IV ÏEXTË.

u'aFIIÈS IVK TOGRAPIIIE

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A TRAVERS LE GRÛNLAÏSP

Leoles. Dans l'une, deux jeunes lilles élaient en Irain de déchiqueter à belles dents une mouette qu'elles avaient l'ait cuire. Chacune avait attaqué le morceau par une extrémité et paraissait s'en délecter. L'oiseau était encore couvert de ses plumes, mais elles ne paraissaient pas s'en préoccuper. Quelques femmes ayant remarqué que les Lapons mettent de l'herbe dans leurs chaussures, elles allèrent aussitôt en faire une abondante récolte, qu'elles nous àpporlèrenl en souriant. Nous les remerciâmes de leur amabilité, en leur adressant nos plus gracieux sourires. Elles nous demandèrent alors, par signes, de leur donner des aiguilles, .l'axais pris soin d'emporter toute une pacotille d'objets île ce genre, destinée aux Eskimos de la

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i MM'I.lll M' l-MMn DU CAP 1:1111. DESSIN d'e. KIELSEN, D AI'IIKS UNE I'IIUTOUILW'IIIF.. j

ci'ile orientale: mais, craignant d'être obligé d'hiverner, je ne voulus pas me dessaisir de ces objets de prix. En place, je donnai aux Grônlandaises une boîte de conserves vide. Ce cadeau les ravit, et toutes s'empressèrent d'aller le faire admirer à leurs compagnes. Celle provision d'herbe arrivait juste à point pour les Lapons; ils n'en avaient plus qu'une petite quantité, et, sans un paquet de foin dans leurs chaussures, ils ne marchent pas volontiers. Néanmoins Balto et liavna se répandirent en plaintes amères sur la qualité du cadeau : l'herbe n'avait pas été récoltée, disaient-ils, à l'époque convenable; elle avait été pendant l'hiver exposée à la gelée, et n'avait point été séchée. Impossible de leur l'aire comprendre que les Eskimos n'ont pas, comme les Lapons, l'habitude de faire de grandes provisions de ces carex.

Maintenant il est temps de nous mettre en route, et nous commençons nos préparatifs de départ. Un Eskimo nous demande alors,

UN CAMPEMENT ESKIMO.

toujours par signes, bien entendu, si nous nous dirigeons vers le nord. Sur noire réponse affirmative, la figure de noire homme rayonne de joie, lui et les siens vont nous accompagner.

Les indigènes que nous avions vos la veille devaient au con- Iraire faire mole vers le sud. Avant de mois séparer, e'est pour nous un devoir de leur donner quelque chose, en échange des cadeaux que nous avons reçus.

J'entre dans la lente de nos amis et remets l\ chacun d'eux une belle boîte de conserves vide.

Tons sont enchantés de ce beau présent, et quelques-uns s'empressent de me montrer qu'ils s'en serviront comme de verres. Dehors, je retrouve l'homme au fusil ; il me renouvelle sa

demande de poudre; lui ayant donné une grande boite en ferblanc, je le laisse très satisfait de nous.

Les tentes en peau sont bientôt abattues et empaquetées dans les oumiaks. En peu de temps les Eskimos peuvent embarquer tout leur mobilier. Deux oumiaks liront roule au sud à travers un chenal ouvert, pendant que deux autres embarcations disparaissaient bientôt derrière un promontoire situé au nord. Les kayaks étaient restés en arrière; avant de se séparer, peut-être pour plusieurs années, les hommes voulurent s'adresser un adieu particulièrement cordial. Il y avait là une douzaine de ces canots, tous rangés en ligne. Je ne lardai pas à comprendre la raison de celle manœuvre, en voyant les tabatières circuler. Chaque homme se bourre les narines ;m moins deux fois. Quelques-uns éternuenl sans interruption, et c'est véritablement extraordinaire qu'ils puissent garder

depart des kayaks, [dessin d'à. clucii, d'après une photographie/

leur équilibre. Je voulus photographier celte scène comique, mais, lorsque mon appareil fut prêt, les priseurs s'élaient dispersés, et l'un après l'autre les kayaks filaient vers le sud. Pour se faire leurs adieux, les Eskimos du Grônland oriental ont l'habitude de s'offrir une prise, comme les paysans norvégiens, un petit verre d'eau-devie. Les gens venant du sud pouvaient seuls faire cette politesse à leurs camarades : ils arrivaient probablement des établissements danois, alors que les autres se dirigeaient vers ces colonies. Les Eskimos de la côte orientale entreprennent souvent ces voyages; à ceux qui habitent le plus au nord, pas moins de deux ans sont nécessaires pour atteindre la côte sud-ouest. L'expédition aller et retour peut durer quatre ans. Ces indigènes font ce long trajet, non pas pour se procurer des objets de première nécessité, comme on pourrait le croire, mais simplement pour acheter du tabac. Ils ne fument ni ne chiquent, mais ce sont des priseurs endurcis. Les Eskimos achètent dans les établissements danois des feuilles de tabac roulées ; après les avoir découpées, ils les font sécher audessus des lampes, puis les râpent sur des pierres plates, et ajoutent ensuite au tabac en poudre de menus fragments de calcaire ou de quartz, pour augmenter sa force slernutatoire.

ESK1JIO DU CAP 1S1LLK. (d'aFRÈS l NE PllOTOGIUMlE.)

SOIS NOS EFFORTS REUNIS LA GLACE S ÉCARTAIT. [DESSIN d'e. NIELSEX, D APRÈS OE ESQUISSE DE L AUTEUR. j

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