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A travers le Maroc; notes et croquis d'un artiste

En lravor«;anl les iinmonsos soliliiJos du .Maf.'liri'l). ses plairn's iiinriK's, sc^ |ilalr;iii\ (l/'iiiidés; en passani dans ses villes niorlcs, où glissenl sans Itruil, rcs ^pcclrcs velus de IiIhik . iIimiI {,■-. jx^tcs con- (|iiircnl IKspajînc ; en r(iiilrni|ilanl ci's iiinminicnls ir/ardrs, nn'ivciili-< (rar(!iili'(hii'<'. t|ni s't''nii('ll(iil Irnli-nienl, sous lour linceul de mousses el (le liclien ; eu Inulaul le vdl dévaslt'' de cel <'m|iin' (|ui s'écroule, sans (|ue ses liahilanls. |ilein> d'une indiilV'reuee ninrliide pour le iin'M'iil. <an^ un rogrel |miui' le pa^sé, un espoir pour l'avenir, lassenl un ellml pour l'eiardersa rlinle; devanl eel all'aissemenl absolu, celle iiiine couiplide. on e.-[ roilcuu'ul inipr<'s>innué, eonime par la viu' d'un uiuiiliotid.

Un s'énieiil i|e\;iiil |;i 1 1 i-p;i liljon de Celle persisiaide cl sinijulière originalili' de ci' monde de rUhini. cel idernel • râlé ■■ de joules les ci\ilisalions, >e dé'sa};ré},'eaut jeulenn'ul, i-eveuanl in^limliveunnl à la vie nouiade, aux monirs priniilives de ses |ières, el ou se veul pii> de pijié- eu l'aci- de lajiiuiie in<'onscieule de ce peuple de raulonie^, dédiris d'uni' race de l'eilics, aidieloi^ loid-pui»auls. auj(Mird"liui annihili's, >'éleii;u;inl Irancpulleiuenl. avec la |irid'(Uide rt'sinnalion, euipreinie d'une undancidic >i doine, de ceux doul les niomenlssonl cuniph'^ el lu uiorl iuevilalde.

IleiniiT r(d'ui;e de l'I-lani uioinaid. le Maj^lindi, Iraipu- de

toutes parts, s'effondre devant l'Europe attentive, surveillant jalousement ses derniers spasmes, escomptant sa succession.

C'est le creuset où sont venus se fondre la bestialité du nègre, la férocité de l'Arabe, l'astuce du Maure, la violence du Bei'bère, la fourberie du Juif el la bassesse d'une poignée de renégats, l'écume de la population de l'Europe, donnant, comme résultante, le .Marocain, un composé de tous ces vices, une espèce inutile et nuisible, qui disparaît, comme le dronte, devant l'invasion des Occidentaux, comme disparaîtront fatalement le nègre et le jaune, pour faire place à la race blanche, conquérante et brutale.

Barbare inconscient et cupide, fruit sec des savantes écoles de la Grèce, réfraclaire à une civilisation qui n'a jamais eu qu'une prise incomplète et momentanée sur son esprit étroit, indiscipliné, rebelle à tonte culture, pris de la nostalgie de ses déserts, l'Arabe fataliste, sous la rude poussée aryenne, s'en va, emporté par le remous des activités fiévreuses de l'Occident, retournant passivement à ses lieux d'origine.

Là, comme autrefois ses ancêtres, comme aujourd'hui ses pareils, il reprendra, après des milliers de siècles, sa vie aventureuse et vagabonde : il recommencera ses querelles sanglantes, ses luttes acharnées el incessantes, pour la possession d'une source, d'un puits, d'un pâturage, perdus au milieu de sables calcinés par le soleil, et il guettera les caravanes pour les piller.

Par les belles nuits étoilées^ quand les troupeaux seront rentrés dans le cercle sombre des tentes en poil de chèvre et que de tièdes eftluves s'exhaleront de leurs corps en sueur; quand le mince filet de fumée bleuâtre, d'un maigre feu de fiente de cliameau, montera tout droit dans le ciel calme; quand les jeunes hommes de la tribu, après un coup de main hardi, seront revenus au « douar » au galop furieux de leurs cavales blanches d'écume, maintenant rudement en travers de leurs selles les filles ou les femmes affolées de ceux d'une tribu voisine qu'ils auront surpris et massacrés par une nuit noii-e ; quand ils auront mis en lieu sûr leur butin de chair humaine, enfermé les captives, attaché les esclaves et réuni les troupeaux razziés; quand ils auront déposé dans des coffres peints d'ocre.

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(le nili;;c' ri de lllm, \r< CciHicrS CmIcVi'îS iIiI CUII (]>•< t'i'l||II|r< Mliillr», |i'> |K'li(|;i|ll> il nirilli'-, aVi'C (ll'S Itnill- (|i' cll.iil' f|i''rlli|-(''('S CflIll'CS

après, les l)af;ii('S riilrvi'i's, diiiis lu li;ilr du di-pail, avi-c raniiiilaiii- (|ii'i Iles itriiairnl ; quaiid, a|)rt''si-cl(t' lu';caloiiil)i' liTocf, ils so seronl, au (•n''|uiscul(', |>riisl«*riirssiirl(' lapis di' prirrc ciifoii' liiiiriidi- du sanj,' i\f Irur piopi-irlaiii- d'Iiici-, il piuir la rincpiii-uir luis, pi'iidaul la it)iiiiii'r, auiuiil rcltiiii' hi ;;lniiT d "Allah cl les iiii'riii's di' Maliitinrl... alid's, un airnl. un \iiii\ màlr H'-rofc, aii\ allures liil)li(pii's, au\ ^l'sjcs iiir-niiN cl iVniils, à la déniartdir liaulaim', pji'iii d un ni-ucil saiixa^r, d'iiur >uprr'ini' présumpliuii, fera dr sa \ni\ ;,'rrli', dans sa lau^Mi- à|iri'. ,::ulliiralr ri paiiMr, le driumilii'i'Uiriil ih' --I-. auriMiTs.

Il ii'iili'iii lu li>lc dr SCS t^r-iu-alii^ics iidrrniiiialdcs. Il raconlcra dans une rclliori(iU(' verijcusc, oxagcrcc cl lli iiiic, les dclaih saiifîlauls de ses haines de clan, de ses (pieidlis de Irihus. Il «'Mtcpicra le MiiiNcnir de iaMcuue> lipinlaiue>, de \ciidella< si'cidaircs. Dans sa pui-sif vide, pimipcuM', iniai;ée cl lascive, il l'iiumcrera ses vi)U à luaiti anni'-c, (•(■Ichrcra ses rapis. dii'a les outrages lails an\ ninil-, ciinipleia |c^ lèlcs ciiupi'e^. Il l'cia inniiln; dosa dédaigneuse liospilalilé, clianjcra les piniies-e-. <\i- siui l»i-as, la Itiinli' de -cv airuo, le- louanges de ses rapides coursiers, du cliauieau son lidcle c(iiiipii::iinii. du ilic\,i!, -un ami iiiM'paralde. Nalure maladive cl ner\cusc, ami du merveilleux cl du >urualin'e|. il narrera d'clraugcs lii-lnircs cid'aulines de - djiuus ■■ malfaisanls, eliassi'- par la \eilii des mnidellr-. d d;ni- ilc> ennles alisni'des, il fera, ii inul piupio, inleiMnir Allali. le l'inpliclc mi l'angi* liahricl cl cela, toujours pnur leur l'aire indi(pu'i- la |)lacc des trésors caidii's. Milaneipliipir d Iii-|i\ il décrira les lerreiir> du désori, ses misère- pniriiiides.

Kl les jeunes homme- rariiuchc-, au\ loiir- de tigres, ('dégants el heanx, ses tils. écouleroul avec respect ses pai'ole-, r| Ir \i(u\ cl M'UiMalde liaudil. ilriipi' dan- -es hadv- de laine Miuiclie, iM;iiesliicu\ cl -iipiTlie. -e Icxcra. l'^l, ap|iu\i'' >ur les rohusies épaules di- ses pclils-enranis, il rcgagueia >a couclie. jelanl. en passant, -ur la Icnic des captives uu regard haineux.

Et demain sera la repétition de la veille : le vieux shcik ressassera les mêmes choses; ses petits coureronl le désert; et aussi continueront les tueries monotones, les vols journaliers, la vie d'éternels brigandages.

Monothéiste sans comprendre, fétichiste supportant la fatalité, fanatique hypnotisé par les visions d'un au-delà voluptueux et sensuel, il récitera machinalement, chaque jour, h\ f;ice tournée vers La Mecque, les prières obligatoires de l'Islam; bigot abruti, comme il est criminel endurci et voleur invétéré.

Jamais l'Arabe ne fui nuire chose qu'un aljominablc pillard, insatiable, turbulent et vicieux. Incapable de prendre conscience de lui-même, de s'élever à l'élal de nation, il est resté el resicra toujours l'homme des tribus, le barbare irréductible, l'iiomnîe de proie campé parmi les peuples, le Sémite! un être personnel et égoïste, au système cérébral incomplet, sans idée de justice ou de morale, sans notions bien claires du tien el du mien, un lansquenet de l'Orient pillant et saquant, sans scrupules, amis et ennemis inditréremment.

A une époque reculée, poussé par son esprit de rapine, enviant le luxe de ses voisins travailleurs, il était déjà sorti de ses déserts, se cantonnait sur les côtes de l'Asie Mineure, à Sidon et à Tyr, couvi'ait de ses corsaires les ilôts bleus de la Méditerranée, écumant les mers comme il razziait les plaines.

Brocantant, volant, pillant, assouvissant sa soif d'or, de voluptés, il enlevait les blondes filles de la Grèce, pour en peupler ses gynécées, surprenail. par trahison, le long des côtes, les Celtes roux, les sombres Ibères, les Lybiens de l'Atlas, et les vendait sur les marchés d'esclaves.

Réduit en servitude par les Assyriens, il improvisait la banque, pratiquait l'usure, accaparait leurs richesses. Proxénète éliontc, il conduisait savamment leurs débauches, graduait leurs excès ; espion vil, il calculait le degré de leur faiblesse, et, à diverses reprises, ses hordes indisciplinées prenaient et saccageaient Babylonc el Ninive leurs capitales.

Se coulant humblement dans le Delta, suivis de leurs dangereux

IMIKI \(.K IX

liairm^, (r;il)uii| [nir iiii'' x'rir il'iiiviisions |tarili(|iics. |(;nlit'llos, l'iiitivr-, il- ;i|i|»orl;iiftil Iciii' ilt''[)i-iivaliiiii sa\iiiilr, |H't\ciii->iiiiiil les iiiu'iii-, l';iM>-airiil l;i iiii)|-;i|i'.

Scrvili's, palii'iils ri iii-is. iU st; raiililaii'iil soiirnoisompnl, s'insimiiiiiiil iiiapcn-iis dans les masse-;, pt'-ni'li-aionl los castes •'•Ifvrcs, arcaparairiil li's liaiils <'in|<lnis et dVsclavrs ahjrrls doveiiaii'iil |()iil-|iiiissaiils.

I III' fnis niailri's di- la |darc, Imaiif |r~ cd-iio ri la Imiirsi' d<' leurs linii'- iiail's, iU a|i|M|airiil à la iiinc jr- 1 1 \(dvS()S, leurs IVtTCS raparos de-~ plaiin'- i|e ri'ài|ilirale, elia»aii'iil leurs dupes bonasses, coillaieiil le ■• psclieiil >■ des IMiaraoïls, l'Xereaieiil je pimvnir el >e faisaient eM'-ei-er des Kf,'yplieiis ((iii. |dii< lard, les cliassaieiil i^noiniuiensemeiit.

l'eiidanl que les pères piliaienl, les Mlles corrompaieul. Sans resse loiirinenlées p;ir les iiiipérieuses e\if;ences de leurs sauvaj;es appel ils, elles s'abaiulonnaieid à la futigue de leurs iiidoinpiables passions.

Aplaties au soleil sur les niarl)ie> de leurs (errasses, elles allongeai<'iil siii- les dalles hrùlaules leurs éeliines souples eerelécs de ceintures d'or, soulevaieid leurs poitrines grêles et la lioin lie entrouverte, soiiiiaiil dan- les i)lanelieurs nacrées de icurs belles deiilxie fauves, (dles liuinaienl les brises marines.

(Juaiid sur le< tlnls bleus glissaient les barcpii's noires des pirates, à la proue oinée d'une tète <le clu'val. eonduites par de robustes l,\ biens, d'eli'iraiils Ioniens, de beaux (iaiiloi-, de tiers Latins, les esclaves de leurs pères, des lueurs lland);iient dans leurs prunelles sfunbres, et leur regard s'arrêtait longuement di^vanl les poses Mipeilie-, le- iiiiiie- altières, les deilaigneuses indilVérenccs des liommes du Nord.

I'er\erses créatures au \ i-ils noircis, aux veux liiiil-, aux joues peinturées de \eriiiilloii. velues de pourpre, pla(|Mi''es d Ornements de mi'lal el de pieiierie- l'I iiicellanle-, di'-pouilles des nations di'-valisées, elles s'inliltraieut clie/. les nations de rOccidenI, opposant les recberelies l'Iiidii'-e-; de leurs pernicieux artitices aux cliasles vertus des femmes arvcnues. amollissant les muscles redoutables

X A THAVERS I.E MAHOC

de l'Aryen, paralysant ses nerfs, brisant ses qualités viriles, détruisant la famille.

Garthagc, ensuite, continuait les traditions de Tyr et de Sidon. Le Sémite, campé au pied de l'Atlas, faisait de la Méditerranée un lac arabe, assujettissait les riverains à ses lois et leur imposait le tribut. Asservissant les peuples de l'Afrique sous son joug de fer, il rompait les os aux rois vaincus, écartelait ses esclaves, cruciliait ses propres généraux battus.

Enfoncé dans la tourbe de sa bcstialiié etîrénée, il payait pour défendre Garthage et ses trésors, des mercenaires grecs, ibères, gaulois, lybiens, et rendait célèbre la foi punique.

Rome, un jour, écrasa le nid de brigands, nivela leur infâme rep;iii'e et les refoula dans leurs déserts.

Plus tard, à la voix d'un illuminé, ils s'éliin(;aient encore une fois de leurs solitudes, leurs bordes se précipitaient à la conquête du monde, et, il s'en fallut de peu que toutes les nations de l'Europe ne perdissent leurs prépuces.

La Grèce moqueuse et sceptique fournissait à ces parvenus de la victoire ses arcliitcctes, ses malliématicicns, ses penseurs, ses savants. Elle essayai! d'afliner un Ijrin les rudesses de ces coureurs de grands chemins et d'éduquer quelque peu ces cervelles primitives et bornées, leur ébauchant de toutes pièces un semblant de civilisation^ d'un syncrétisme assez original, composé de toute espèce d'éléments, qui s'arrêtait à Heur de peau, brillait un moment et s'éteignait.

Ces coupe-jarrets invétérés, incapables de continuer cette civilisation d'emprunt, contraire aux aspirations de la race, à ses instincts de déprédations cl de sauvage indépendance, se querellaient entre eux, écumaieni les mers, ravageaient les côtes, lâchant la bride à leur irrépressible dévergondage, laissant s'écrouler, avec la plus parfaite inditférence, leurs villes, leurs monuments, leurs habitations; pleins d'une antipathie instinctive pour une civilisation incompréhensible pour eux, aspirant à se retrouver sous leurs lentes, à reprendre leur vie de nomades, à retourner à leurs déserts.

l' m: l'A CE

Kl (Icnii'ic iii\. il no nslora rion, rion (ju'nii |)iiys ('piiist' et rii\ii^(''. l'I le -nii\rnir ili' li'iir iiic|i(i' cl IV-rucc (Iniiiiiialinn : <los oiiccinlfs (II- \illis r'ciuuli'is, laissiuit ;i|)|i;ir;iiln' (l;iiis leurs lianes ('ïvonlrrs Ips s(|iiiI<I(i'^ de mallii-iirciix miiiY-s dans leur épaisseur, |i;n- iiidir ilr -;iiit;iiiniiiii'> siiilaiis ; des n'-fiioris riilit'ros sliipideiiH'iil iirTcinniiiin'i'-; du jn\aii dr lriii~ iii,i:;iii(ii|iii'< l'urrds cl n'-duiles à I fiai de slc|)|H'>: dcN xaili'c^ iinM^c-. par le- caii\. cii\aliic>. pai' ridinidiiiicnl dc~ Ici rcs arracliées dc~ liauN pla|caii\ rasi'-s. cl charriées par les pluies de l'Iiixcr; dc^ l'Icndiic-. iidiiiics et nioi'iic^ de palmiers nains, ce suaii'c iinnicii-e el soniluc ipii. peu à peu. reeou- \li' Inlll le \lai:Ill'i'l(.

i;. MONTBAUU

TatiBtT.

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