‹ A travers le Turkestan russe (volume 2)Chapitre 73 sur 104 · UN TADJIK DE LA PROVIN'CE DE SAMARKAND · texte numérisé non relu

UN TADJIK DE LA PROVIN'CE DE SAMARKAND

mieux dire, des indigènes qui, sous le nom de Sartes, représentent les éléments domiciliés de la population du Turkestan.

Certains auteurs disent que les Sartes sont un peuple spécial et homogène, résultant d'une fusion intime entre éléments iraniens et turks.

Il est cependant fort difficile de vérifier à quelle époque exacte ce terme

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TYPES ET COSTUMES

de Sarte a pris naissance et il faut, sans doute, le considérer comme une simple « appellation » puisque, de nos jours encore, tel citadin ou tel campagnard du Turkestan qui s'intitule Sarte se réclame tantôt de sa descendance Tadjik, tantôt de sa descendance Ouzbeg.

Il semble donc bien que le mot Sarte ne puisse désigner une race à part, et qu'il s'applique à tous ceux des habitants du Turkestan qui, d'origine iranienne, c'est-à-dire Tadjik, ou d'origine turke, c'est-à-dire Ouzbeg, ou qui encore, — produits de croisements turko-iraniens, — ont d'une manière générale, « des domiciles fixes et des occupations sédentaires ».

Parmi eux, les Tadjik sont plus spécialement citadins, tandis que les Ouzbeg forment en majorité les populations rurales des campagnes. Les Tarantchi sont aussi considérés comme Sartes.

En ce qui touche l'état social des populations du Turkestan, il est intéressant de noter que (sauf chez les Kirghiz qui ont une sorte de noblesse patriarcale), il n'existe pas d'aristocratie dans le sens propre du mot. Même les propriétés ou les domaines, que possèdent les plus riches d'entre les Sartes, ne confèrent aucun titre ni aucune hiérarchie nobiliaires.

Les seuls titres en cours sont imaginaires et ne rapportent, à ceux qui en jouissent, que des privilèges moraux, à commencer par la vénération

UN OUZBEG DE KOKAN-

UN OUZBEG DU DISTRICT DE DJIZAK.

générale de leurs coreligionnaires. Tels les Hadji, pèlerins retour de La Mecque, les Khodja, lettrés supérieurs, les Ichan (é6) conseillers religieux ou « révérends », etc..

La religion musulmane étant la base de la vie publique comme de la vie privée, c'est le Chariat, ou « commentaire du Coran », qui fait office de

TYPES ET COSTUMES

loi civile. 11 est souvent difficile de le faire accorder avec les exigences des lois russes, auxquelles obéissent tous les immigrés : Juifs, Tatars, Arméniens, Persans, etc., déjà cités.

La question des langues, en usage chez les indigènes sédentaires, se divise comme celle des races en deux fractions principales : le farsi (6ï) , qui est un dialecte persan, parlé par les Tadjik ; le turk-djaghataï ou tourki, parlé par les Ouzbeg. La langue turque des Ottomans modernes dérive du vieux tourki.

Là où les Tadjik et les Ouzbeg restent encore cantonnés par groupes distincts, ils ne parlent sans doute que leurs dialectes respectifs ; mais dans les

endroits où ils vivent mélangés, comme dans les villes, Tadjik et Ouzbeg manient indifféremment les deux langues, car ils les savent dès leur enfance. Cependant l'idiome élégant est toujours le persan, et ce serait une offense que de s'adresser en tourki à un lettré quelconque.

Quant aux caractères, dont les Sartes se servent pour écrire et pour imprimer les rares livres qu'ils lisent, ce sont les caractères arabes.

Au point de vue du

type, les Sartesprésentent

un petit garçon ouzbeg de Samarkand. un mélange assez diffi-

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