UN TADJIK DES ENVIRONS DE BOUKHARA
cile à définir, surtout si Ion s'attache à l'observation spéciale des éléments qui sont sédentaires depuis des siècles, et chez lesquels les croisements de races ont dû être particulièrement fréquents, par suite delà polygamie en usage. Il est donc sage de s'en rapporter aux renseignements qu'ils donnent euxmêmes sur leur origine, et de les accepter comme exacts.
Dune façon générale, le Tadjik a la finesse et la régularité caractéris-
TYPES ET COSTUMES
tiques du type iranien.
L' Ouzbeg est, par contre, de type turk pur ou de type turk mélangé de sang mongol. Il accuse, dans ce dernier cas, les traits principaux de la race jaune : yeux légèrement bridés, pommettes saillantes, barbe peu fournie, etc.
11 est certainement bien plus difficile d'établir des spécifications dans les grands centres, où tant de mélanges ont eu lieu, qu'en Boukharie et dans toute la partie orientale du Turkestan, voisine du Turk esta n chinois, où les deux éléments opposés se distinguent de façon plus nette et plus précise.
Les Tadjik, qui sont les habitants autochtones du pays, amollis et corrompus par une civilisation très ancienne, asservis aux caprices de tous leurs envahisseurs, ont certainement le caractère moins impulsif et moins franc que les Ouzbeg. Ceux-ci, rejetons dune race active et remuante, Musulmans d'occasion et peu fanatiques, ont des allures plus spontanées, plus aimables et plus gaies, tout en possédant comme les Tadjik, la gravité habituelle du Mahométan.
En tout cas, qu'ils s'intitulent Tadjik ou Ouzbeg, les Sartes sont intelligents ; ils aiment la nature, les enfants, les fleurs et les animaux ; ils ado-
UN CULTIVATEUR OUZBEG DE MARGHELAN.
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UN OUZBEG DU DISTRICT DE MARGHELAN.
rent les longues causeries et la vie contemplative. Tolérants d'apparence, ils sont, en principe, plus accueillants que la plupart des Musulmans d'autres contrées.
Ceux qui les connaissent de près assurent que les Tadjik, en particulier, sont très intéressés, très calculateurs, et que le sens du commerce et du gain est extrêmement développé en eux. On le leur reproche au point de
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TYPES ET COSTUMES
prétendre que l'argent a sur leur âme une puissance si irrésistible, que son attrait pourrait les décider aux actions les moins délicates.
Mais les Sartes dépensent cet argent aussi facilement qu'ils le gagnent, et ils sont non seulement très hospitaliers, mais surtout très portés au plaisir. La moindre occasion, à plus forte raison une occasion importante, devient pour eux prétexte à tamacha (divertissement quelconque) et à folles prodigalités.
Quoi qu'il en soit de leurs défauts ou de leurs qualités, les Sartes sont de rapports agréables, à ne voir que leurs manières si polies et si déférentes , manières auxquelles ils attachent entre eux la plus grande valeur.
Dès le bas âge, elles sont enseignées aux enfants, et font partie d'un véritable cours d'éducation qui leur est donné par leurs parents, et par les maîtres des tnaktab, ou écoles élémentaires indigènes. Elles ont presque plus d'importance que leur instruction proprement dite, qui se résume à peu de chose, et qui n'est nullement obligatoire. A leur sortie des maktab, les jeunes gens, après avoir répété pendant des années des formules inutiles, savent à peine lire et écrire.
UN JEUNE NEGOCIANT OUZBEG DE TACHKENT.