LE FILS DU STARCHII-AKSAKAL DE SAMARKAND EN COSTUME DE FETE
teurs saluent le succès de telle ou telle délégation. L'allégresse est inimaginable et d'autant plus intéressante qu'elle contraste vivement avec l'impassibilité ordinaire de cette population.
Vers huit heures du soir, tous les Musulmans rentrent chez eux, en attendant de revenir le lendemain.
GRANDES FÊTES MUSULMANES
Le plus beau jour des fêtes du Sâli-Naou est celui que le Gouverneur militaire choisit pour assister à ce qu'on appelle « la grande course ».
Pour cette circonstance on construit une vaste tente aux vives couleurs sur le point le plus élevé d'Afrâsiâb, celui qui domine à pic le fond du ravin, et d'où la vue s'étend directement sur Samarkand et les belles montagnes
de l'horizon. Dans cette tente, le chef de la police indigène et les autorités musulmanes reçoivent le Gouverneur, le Vice-Gouverneur et les principales personnalités russes de Samarkand. Une longue table est dressée dans le fond de la tente pour un « lunch » mi-russe et mioriental.
Comment dépeindre maintenant l'aspect d'Afrâsiâb en cette journée étonnante, où vingt à trente mille Sartes, entassés sur les sommets des pentes, circulant sur le haut plateau ou dans le creux du ravin, forment comme une fourmilière humaine, teintée de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel ? Chacun a endossé ses habits de gala ; les cavaliers ont mis sur leurs chevaux leurs plus belles draperies brodées; et jusque dans les endroits les plus inaccessibles des escarpements, des indigènes de tout âge sont accrochés en grappes jaunes, roses et rouges, dans l'attente du passionnant spectacle qui va avoir lieu.
Arrivé de bonne heure au sommet de la hauteur, je n'y trouvai encore que les dignitaires musulmans vêtus de khalat de brocart, chamarrés de décorations, et les batcha assis auprès d'eux avant de prendre une part active à la fête.
Le Starchii-Aksakal avait un costume merveilleux : ample khalat de