DIGNITAIRES MUSULMANS EN GRAND COSTUME
fices » ou « grande fête », évoque l'idée des Pâques bibliques, car les Musulmans, se souvenant d'Abraham et d'Isaac, sacrifient à ce moment des moutons et organisent des festins après les prières spéciales, dont la plus imposante se fait dans le beau jardin de Namaz-Ga.
Pendant plusieurs jours, les Sartes se convient à tour de rôle et ils ont
GRANDES FETES MUSULMANES
fort à faire pour se rendre à toutes les invitations qu'ils ont reçues, comme pour recevoir chez eux tous les hôtes qu'ils ont invités. L'amphitryon qui offre le repas à ses voisins et connaissances prévient le pialidéciatnik, c'est-à-dire le chef de son quartier, et celui-ci transmet les invitations par l'office du mue-mn. Quelquefois aussi il invite directement ses amis, ce qui l'oblige
à faire de nombreuses visites.
Un festin ou, pour mieux dire, un kourban-lik bien ordonné revient encore assez cher, car il s'agit d'offrir un repas complet et non pas seulement le mouton qui a été égorgé en cérémonie, suivant les rites (78>. Il faut donc au moins un poud (soit seize kilos) de galettes de farine, quatre poud de riz, un poud et demi de thé vert, des quantités de friandises et de bonbons.
Pendant la réception, le maître de la maison se tient debout à l'entrée de sa cour, ayant à ses côtés le Chef et l'Imam de son quartier. Sans participer lui-même au festin, il répond aux saluts des arrivants et des partants, leur souhaite la bienvenue, ou les remercie de l'avoir honoré de leur visite. Les serviteurs, avec l'aide du muezzin, s'acquittent du service.
Dans les appartements des femmes, il y a des réceptions analogues. Au parc de Namaz-Ga (ce mot signifie « lieu de prière»), ordinairement si calme et abandonné, l'animation commence dès le lever du soleil. Mais elle ne dure qu'une partie de la journée, les Sartes étant tous trop occupés chez eux ou chez les autres pour festoyer en plein air, comme pendant les fêtes du Sâli-Naou.
A Namaz-Ga, de même qu'à Afrâsiàb, on installe une foire dans l'avenue