‹ A travers le Turkestan russeChapitre 10 sur 92 · VUE GÉNÉRALE D'UNE VILLE INDIGÈNE OURCOUT · texte numérisé non relu

VUE GÉNÉRALE D'UNE VILLE INDIGÈNE OURCOUT

Vieilles Villes Indigènes

es villes indigènes les plus peuplées du Turkestan sont Tachkent et Kokan (l'ancienne capitale du Ferghana). La première compte environ 150000 habitants, la seconde près de 80 000. Viennent ensuite Samarkand, Andijan, Marghélan, Khodjent, avec des populations variant entre 50000 et joooo habitants.

Ces chiffres, recueillis dans le plus récent tableau de recensement, sont donnés ici en nombres arrondis. Ils ont certainement varié depuis cette époque, puisqu'ils comprennent également les populations russes et les autres.

Les tableaux de recensement n'ayant pas été établis de façon à donner

VIEILLES VILLES INDIGÈNES

une repartition exacte des différents éléments de la population, il suffira de dire que, dans les chiffres énoncés ci-dessus, les Musulmans représentent à peu près les neuf dixièmes de chaque totalisation, et que le dernier dixième s'applique au nombre des habitants russes et des représentants de nationalités diverses.

En Orient les statistiques deviennent facilement un sujet d'étonnement, parce que les espaces, occupés par les villes musulmanes, laissent supposer une population bien plus dense qu'elle ne l'est en réalité. De plus, les éléments de passage sont toujours extrêmement nombreux.

Au point de vue de leur aspect panoramique, les cités indigènes ont une grande analogie entre elles et ressemblent assez aux villes musulmanes d'autres contrées. Mais en raison du ton brunâtre de leurs maisons en terre battue, l'impression d'ensemble qu'elles dégagent n'a rien de l'effet lumineusement blanc que présentent, par exemple, les villes de la côte d'Afrique. Dans les cités du Turkestan on voit aussi une bien plus grande quantité d'arbres, dont la verdure épanouie, mélangée aux dômes et aux minarets de briques claires, tranche agréablement sur les tonalités neutres des constructions.

Naguère encore, ces villes avaient des enceintes de pourtour considérable, faites de terre comme les murs des maisons, couronnées de créneaux arrondis, et percées de portes que flanquaient des tours massives. Ces enceintes ont disparu partout, excepté à Boukhara et à Khodjent, où elles ont toutes chances de subsister jusqu'au jour où elles tomberont d'elles-mêmes.

LA POKTE PRINCIPALE DE IOUKHUA.

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LES MURAILLES D*ESCEI\TE DE KHODJENT.

A Khodjent, les murailles et leurs tours, d'une forme conique très particulière, sont visibles déjà de loin, et se détachent sur un fond de montagnes arides, au pied desquelles coule le Syr-Daria. Elles dessinent une ceinture pittoresque autour de la vieille cité, et, dans les profonds ravins creusés à la base de ces remparts, des Kirghiz ont coutume de s'établir pour des haltes prolongées, avant de continuer leur route avec les innombrables chameaux de leurs caravanes.

A Boukhara, par contre, les murailles d'enceinte passent pour ainsi dire inaperçues à cause du site généralement plat, et aussi parce qu'elles sont elles-mêmes entourées de faubourgs et de quartiers suburbains, qui s'étendent sur une grande partie de la région irriguée environnante. Mais, au centre de la ville, existent de hauts remblais artificiels qui portent les

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