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L EGLISE RUSSE DE SAMARKAND

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NOUVELLES VILLES RUSSES

santé, dont les émanations ne contribuent pas à l'assainir. Le quartier des magasins y est plus important , plus riche qu'ailleurs au Turkestan, et certaines de ses constructions administratives se distinguent par une véritable ampleur architecturale.

Leur luxe n'est égalé

, .LA RL5IDENCE DU GOUVERNEUR DU FEHCHAXA A MARGflÈLAN.

ou dépassé que par celui

de quelques édifices du Nouveau-Marghélan, tels que la cathédrale, placée au milieu d'un très beau parc, et le palais du Gouverneur de la province du Fcrghana. un des rares bâtiments de ce pays qui possède deux étages superposés.

Le site de Marghélan, très distant de la ville indigène, est d'ailleurs un des plus attrayants qu'on puisse imaginer, car il confine à la base des monts Alaï, dont les pics, hardiment découpés et étincelants de neiges, pointent dans l'azur du ciel.

A Kokan et à Khodjent, cependant, les quartiers russes sont comme englobés dans les quartiers indigènes, puisque, pour diverses raisons, il n'a pas été possible d'y créer des villes neuves et distinctes. On a lieu de le regretter actuellement, surtout à Khodjent où l'espace occupé par les Russes est si restreint que leurs maisons, accolées les unes aux autres, possèdent à peine des jardinets.

Quant au Samarkand moderne, c'est peut-être le plus séduisant de tous ces nouveaux centres. Son climat est le plus sain, sa situation la mieux aérée ; ses plantations sont les plus denses et les plus robustes. Parmi les avenues qui traversent la ville en berceaux verdoyants, citons le boulevard Abramoff, composé de trois larges allées parallèles, bordées d'acacias et de peupliers, sous lesquels courent des haies de rosiers. Parmi les jardins et

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les parcs, très nombreux, signalons avant tout le superbe et spacieux domaine qui dépend de la résidence du Gouverneur militaire. 11 contient plusieurs lacs et des ombrages d'essences si variées, des recoins si agrestes, que l'on oublie, en s'y promenant, qu'on se trouve loin des parcs européens sur lesquels il a été copié.

L'animation qui règne dans les voies principales est aussi plus considérable et plus divertissante qu'ailleurs, car les indigènes des kichlak (villages) environnants passent ordinairement par les quartiers russes pour se rendre à la ville musulmane. Les jours de bazar surtout on y voit un mélange extraordinaire de moujiks, de soldats, de cavaliers enturbannés, d'arba (î) (charrettes indigènes), d'ânes et de chameaux chargés. C'est alors un défilé multicolore et presque sans fin de gens à cheval ou à pied.

Ici enfin, circonstance appréciable entre toutes, le centre moderne est peu éloigné du centre indigène, cet ancien Samarkand aux monuments merveilleux, qu'on ne se lasse jamais de contempler et d'admirer.

Aussi le voyageur, désireux de séjourner et de rayonner quelque peu au Turkcstan, ne saurait-il mieux faire que de se créer à Samarkand une sorte de quartier général et de point de repos. 11 y jouira de l'agrément des relations amicales que, grâce à l'hospitalité russe, il sera à même de nouer et de cultiver entre les diverses étapes de ses pérégrinations à travers les centres indigènes, et les régions qui en dépendent.

VIEILLES VILLES INDIGÈNES

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