‹ A travers le Turkestan russeChapitre 19 sur 92 · MARCHANDS DF. TOURTEAUX DES BAZARS DU KHODJEST · texte numérisé non relu

MARCHANDS DF. TOURTEAUX DES BAZARS DU KHODJEST

nadcs venant de Russie, et fabriquées spécialement selon le- goût asiatique, ne voit-on guère d'articles d'importation étrangère dans les boutiques des marchands indigènes.

Sombres ou claires, ces boutiques se ressemblent partout. Elles sont généralement faites en bois et surélevées de cinquante à soixante centimètres au-dessus du sol, de façon à permettre au client de s'asseoir sur le bord même de la devanture, toute grande ouverte, et de converser commodément avec le marchand accroupi à l'intérieur. D'autres boutiques, plus neuves, ont souvent des murs de briques ou de pisé et, dans les rues principales, elles possèdent même quelquefois un étage supérieur.

Toutes se ferment par des planches garnies de chaînes et de cadenas, et, sitôt la nuit venue, le long de ces devantures de bois, la solitude et le silence remplacent l'animation et le bruit de la journée.

VIEILLES VILLES INDIGÈNES

Les bazars sont alors si tristes et si vides que l'on dirait d'une cité morte ou subitement dépeuplée.

Les magasins les plus pittoresques sont ceux des marchands de kkalatW avec leurs étalages de robes brillantes, pliées en piles ou accrochées aux parois. Le satin, la soie et le velours s'y marient en gammes multicolores et forment de vrais bouquets de nuances chatoyantes.

Chez ces marchands on trouve quelquefois de ces grandes broderies de couleur sur fond de toile, appelées sou^ouni, et dont le décor est la joie des yeux. Mais les beaux souzouni sont devenus fort rares et coûtent des prix exorbitants quand ils sont anciens, car les Sartes négligent maintenant cette fabrication. Leurs broderies modernes sont d'un travail très inférieur et le choix des couleurs est peu varié.

L'industrie des cuivres ciselés souffre d'une décadence analogue à celle de la broderie, et il est extrêmement difficile de rencontrer, même chez les marchands de Boukhara, de bons spécimens de ces aiguières qu'on appelle koumgan, et dont la forme ainsi que le décor sont directement inspirés de l'art persan. Les koumgan que les quincailliers ont dans leurs étalages à côté d'objets ordinaires tels que plateaux, bassins, chaudrons, etc.. sont grossièrement restaurés au moyen de soudures malencontreuses et n'offrent

qu'un travail d'ornementation tout à fait rudimentaire.

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